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Mondiaux 2022 : La double quête de Julien Sale

En pole position parmi les meilleurs amateurs français pour disputer les championnats du monde par équipes à la fin de l'été, Julien Sale a fait de ces Mondiaux en France l'un des deux objectifs principaux de son année. L'autre ? Préparer au mieux son passage chez les professionnels.

Julien Sale
Le Réunionnais évoluera cette année sur l'Alps Tour, en tant qu'amateur. Alexis Orloff / ffgolf

« Le couronnement », « le point d'orgue », « l'aboutissement » : lorsqu'il s'agit d'évoquer l'importance des championnats du monde amateur dans une carrière de golfeur, les mêmes termes reviennent toujours dans la bouche des champions qui les ont disputés. Lorsqu'on interroge Julien Sale, le discours ne varie pas : « Porter le polo bleu veut dire que tu fais partie des meilleurs de ton sport dans tout le pays, donc c'est avant tout une grande source de fierté. Et cette année, ça va se jouer à la maison, donc c'est une motivation supplémentaire pour les gagner : ce serait génial de pouvoir l'emporter devant les fans français ! », indique l'actuel numéro 1 français au WAGR, le classement mondial des amateurs (99e).

Un mois avant son 25e anniversaire, qu'il fêtera le 26 septembre, Julien Sale rêve donc d'enfiler une fois de plus la tenue de l'équipe de France afin d'aller conquérir cet Eisenhower Trophy, graal du monde amateur que les Bleus n'ont conquis qu'en 2010, lorsque Romain Wattel, Alexander Levy et Johann Lopez-Lazaro s'étaient imposés en Argentine. Un défi de taille, pour lequel la fréquentation régulière des deux premiers cités décuple son envie : « J'en ai discuté à plusieurs reprises avec Romain et Alex, et ils disent toujours que ce qu'ils ont fait sur le Tour, même les victoires, n'était pas aussi fort en termes d'émotion que leur succès aux Mondiaux avec la France. Donc j'ai hâte d'avoir l'opportunité de faire comme eux ! », souffle le joueur entraîné, comme ses aînés, par Alain Alberti. « Je sais bien que l'équipe n'est pas encore faite et que personne n'a sa place garantie, mais je sais aussi que je suis le premier Français au WAGR à l'heure actuelle. Donc, à moins d'avoir un gros problème, si je continue ma progression sur les bases des dernières années, je devrais pouvoir me qualifier. C'est évidemment un objectif, l'un des deux principaux pour moi cette saison. »

L'Alps Tour au menu

L'un des deux, effectivement, puisque comme tant d'autres avant lui Julien Sale a prévu de faire ses adieux au monde amateur à l'occasion de cette épreuve, qui se jouera du 31 août au 3 septembre au Golf National et à Saint-Nom-la-Bretèche. Au lendemain de ces Mondiaux, il se lancera corps et âme dans une carrière de joueur professionnel, un nouveau chapitre de son histoire personnelle qu'il lui tarde d'ouvrir. « J'ai 24 ans et mon passage pro aurait plutôt dû se faire il y a deux ans, mais la pandémie a un peu tout foutu en l'air », explique-t-il. « Mi-2020, je ne savais pas trop quoi faire, mais heureusement ma fac (l'université d'État de l'Arkansas, ndlr) m'a proposé de faire une année supplémentaire. À l'été dernier, ça n'avait pas beaucoup plus avancé, et comme les cartes européennes ont à nouveau été annulées ça ne servait pas à grand chose que je passe pro pour ne jouer nulle part ensuite. C'est là qu'on a discuté avec la fédération : ils m'ont dit que si je restais amateur jusqu'aux Mondiaux, il m'aideraient à préparer au mieux ma transition vers le monde pro, avec des invitations sur des tournois pros jusqu'à ce que j'aie une carte. »

Je préfère être occupé par le golf que de devoir m'occuper en dehors du golf !

Dont acte : au cours du deuxième semestre 2021, Julien Sale effectue ses premières apparitions sur l'Alps Tour (deux fois) et sur le Challenge Tour (trois fois). Si les résultats sont anecdotiques, l'objectif initial est quant à lui largement rempli : mi-novembre, il décroche haut la main son droit de jeu sur la troisième division européenne, en terminant deuxième de la finale des cartes, juste derrière son compère de l'équipe de France, Martin Couvra. « J'ai la chance de pouvoir jouer principalement sur l'Alps Tour en 2022, afin de préparer au mieux mon passage pro. Finir la saison dans le top 5, ce qui m'assurerait une catégorie sur le Challenge Tour en 2023, est l'autre grand objectif de ma saison », indique-t-il.

Globe-trotter

À quelques jours d'entamer cette quête – le premier tournoi du circuit satellite débutera le 22 février en Égypte – le Réunionnais n'a qu'une hâte : jouer ! « Ces dernières années, quand j'étais à la fac, j'avais un bon rythme de compétition, mais depuis la fin de mes études en mai 2021 le rythme a baissé, en grande partie à cause du covid. Faire seulement un tournoi par mois, ce n'est pas beaucoup et ça n'aide pas à être dans le tempo, mais cette année ça a l'air de repartir normalement et je suis content d'avoir un calendrier aussi étoffé », se réjouit-il. « C'est ce que j'ai envie de faire : je préfère être occupé par le golf que de devoir m'occuper en dehors du golf ! » Installé sur l'île d'Oléron depuis un an, résidant cet hiver à Terre Blanche où il trouve des conditions d'entraînement parmi les meilleures de tout l'Hexagone, celui qui a passé presque toute son existence aux quatre coins du monde – Réunion, Martinique, Nouvelle-Calédonie, Afrique du Sud, Québec et États-Unis ! – va aussi pouvoir renouer avec son autre passion : voyager. Loin, et surtout très haut.

Julien Sale

Par Alexandre MAZAS
9 février 2022