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Mon jour de gloire #5 : Alexander Levy

Dans quelques mois, les meilleurs amateurs du monde se retrouveront au Golf National et à Saint-Nom-la-Bretèche pour les championnats du monde amateur par équipe. Avec ce podcast, la Fédération française de golf vous plonge dans les coulisses de l'épreuve. Dans ce cinquième épisode, Alexandre Mazas accueille Alexander Levy, membre de l'équipe de France championne du monde en 2010.

Écoutez l'épisode 5 de « Mon jour de gloire » sur la plateforme de votre choix.

Depuis la création du championnat du monde amateur masculin en 1958, la France n'a remporté qu'une seule fois le titre suprême. C'était le 31 octobre 2010, lors de la 27e édition disputée en Argentine, et Alexander Levy était l'un des trois Tricolores à avoir eu le bonheur de soulever l'imposant Eisenhower Trophy. Cette semaine-là, l'équipe de France se présentait au Buenos Aires Golf Club comme l'une des nations dangereuses de ces Mondiaux, avec ses trois joueurs figurant alors dans le top 50 du classement mondial amateur. « On était armés pour décrocher un bon résultat si chacun apportait sa pierre à l'édifice. On savait qu'on était des gros joueurs », indique le Varois aujourd'hui âgé de 31 ans. Sur la lancée d'une préparation réussie la semaine précédente (« On a joué en match amical contre l'Argentine, qui avait une grosse équipe, et on les a atomisés ») Levy et ses compères Romain Wattel et Johann Lopez-Lazaro entament l'épreuve tambour battant : le premier jour, un score de 137 les place déjà en tête, à égalité avec le Canada. La machine est lancée !

Levy 2010 Argentine
Alexander Levy lors des Mondiaux 2010 (John Mummert / USGA)

Et même les intempéries du vendredi, qui obligent les organisateurs à réduire le tournoi à trois tours et les Français à boucler leur deuxième le samedi en fin d'après-midi, ne perturbent pas la machine bleu-blanc-rouge : « Toute la semaine, on a eu un pressentiment... Tout se passait bien, c'était cool. C'était comme dans un film : on passait de super moments, comme si on allait arriver à une fin positive. On se faisait plaisir, on kiffait, et c'est ça qui a fait notre force. » Le samedi soir, après 36 trous, la France est toujours première, une unité devant les Danois et six devant les Américains. C'est avec les représentants de ces deux nations que les Bleus jouent leur dernière ronde le dimanche, et Levy retrouve dans sa partie Lucas Bjerregaard (aujourd'hui double vainqueur sur le circuit européen) et Peter Uihlein, le n° 1 mondial amateur de l'époque. « Au début, chacun jouait sa partie, mais à la fin c'est devenu serré, et là on avait tous le couteau entre les dents. Les cinq derniers trous, c'était coup de marteau sur coup de marteau ! » se souvient « El Toro ».

Shane Lowry, la défaite en Ryder Cup au-dessus de la victoire à The Open

Au 15, Levy concède un bogey, mais son rival danois prend quatre putts pour un double bogey presque fatal, puisque la France reprend seule les commandes. Le reste appartient à l'histoire : « Au 17, on est à peu près à la même distance avec Uihlein, on doit avoir 12 mètres pour birdie. Il putt et reste 2,50 m court, et à ce moment-là on a toujours un coup d'avance. Et là, je m'en rappellerai toute ma vie, en lisant le green je vois trois petits points blancs sur la ligne entre ma balle et le trou. Je tape mon putt, et je le vois toucher le premier point, le deuxième, le troisième, et prendre le trou ! Et je me mets à sauter dans tous les sens car on prend trois coups d'avance... » Quelques minutes plus tard, le Varois voit Lopez-Lazaro faire birdie au 18, et en posant sa balle en deux sur le dernier green il s scelle définitivement le succès des siens. « Là, on sait qu'on a gagné. On attendait Romain sur le green du 18 en se sautant dessus avec Jojo, et quand il a fini on a célébré tous les trois ! »

Passé pro à l'été 2011 après un nouveau sacre remporté pour la France aux championnats d'Europe, Alexander Levy a donc vécu plus que sa part de succès dans ces compétitions par équipes propres au golf amateur. « Le seul regret que j'ai dans ce sport, c'est que chez les pros il y a très peu de tournois en équipe. Gagner avec les copains, ça n'a rien à voir avec une victoire individuelle », explique-t-il. « Une anecdote : j'ai croisé Shane Lowry dans le vestiaire au Dunhill Links Championship début octobre, la semaine après la Ryder Cup. Il m'a dit que le plus grand moment qu'il avait vécu était cette Ryder Cup, où les Européens se sont pris une branlée, plus que sa victoire au British Open en Irlande, devant son public. Les moments en équipes procurent des sensations qui n'existent pas lorsqu'on joue pour soi-même... »


Par Alexandre MAZAS
23 février 2022