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Pour Lionel Weber, à l’Est, il y a du nouveau

Membre de l’Asian Tour après avoir brillamment décroché un droit de jeu aux Cartes en février… 2020, Lionel Weber s’élance cette semaine en Thaïlande pour la reprise officielle du circuit stoppé il y a plus de dix-huit mois maintenant en raison du Covid-19.

Lionel Weber au Vaudreuil en juillet dernier sur le Challenge Tour... Aurélien Meunier / Getty Images Europe - AFP
25-28
novembre
BLUE CANYON CHAMPIONSHIP
LIEU : Blue Canyon Country Club (Canyon), Thaïlande
CIRCUIT : Asian Tour

Lionel Weber est en Thaïlande depuis le dimanche 7 novembre dernier. Afin de préparer au mieux la reprise de l’Asian Tour, brutalement stoppé il y a dix-huit mois en raison de la pandémie liée au Covid-19. Une véritable « renaissance » pour le Français qui a attendu ce moment avec beaucoup d’impatience. Et ce n’est pas peu de le dire…

« Je me suis envolé le samedi 6 novembre vers la Thaïlande afin d’être prêt le jour j, explique-t-il. Comme d’habitude, je suis basé à Hua Hin, là où j’ai vécu pendant six ans durant ma première période sur l’Asian Tour. Je suis toujours ambassadeur du Banyan Golf Club. C’est un peu ma famille là-bas… »

L’Asian Tour relance cette semaine en Thaïlande sa saison 2020-21-22 (!) interrompue le 7 mars… 2020 en Malaisie. Une éternité ! Deux tournois de reprise sont au programme, tous deux organisés dans la très touristique ville de Phuket. Le Blue Canyon Phuket Championship (25-28 novembre) suivi par le Laguna Phuket Championship (2-5 décembre). Des rendez-vous à un million de dollars chacun regroupant un champ de 124 joueurs…

Lionel Weber, 31 ans depuis le 5 septembre dernier, avait brillamment passé les Cartes asiatiques disputées du 19 au 23 février 2020 du côté de Cha Am, toujours en Thaïlande. C’était la dernière fois qu’il foulait un parcours sur le circuit asiatique…  

« Cela va faire quasiment deux ans, souffle-t-il doucement. L’attente a été très longue. Mais j’ai toujours été confiant. Je connais le potentiel qui existe en Asie. Le Directeur du Tour nous a toujours répété que financièrement, ça allait bien. Je savais que ça allait reprendre, mais je ne savais pas que ça allait prendre autant de temps. Tout est décalé ici au niveau du virus, et des vaccins. On a dix mois de retard… C’est compliqué. Sur l’Asian Tour, il doit y avoir une quinzaine de nationalités différentes mais on doit aussi jouer dans une quinzaine de pays différents. On ne pouvait pas faire comme ce fut le cas aux Etats-Unis où l’on reste dans le même pays, ou en Europe avec des bulles sanitaires mieux organisées. »

Greg Norman et les nouvelles alliances

A l’image du Tour européen (rebaptisé DP World Tour), l’Asian Tour entend se « réinventer » en nouant de nouvelles alliances. Le 31 octobre, il a ainsi signé un accord avec la Société LIV golf Investments dont le PDG n’est autre que l’Australien Greg Norman, l’ancien mythique n°1 mondial. Cette joint-venture stipule la création sur dix ans de dix tournois (d’une dotation de deux millions de dollars chacun) et d’un investissement de 200 millions de dollars. Ces nouvelles dates seront d’ailleurs au calendrier de l’Asian Tour 2022 (qui devrait être officialisé dans les premiers jours de décembre).

« Cela va assurer une certaine pérennité pendant au moins dix ans, commente Lionel Weber. Il y aura de nouvelles opportunités, avec de nouveaux tournois (une trentaine environ) et des dotations plus importantes. Economiquement parlant, il y a un potentiel énorme en Asie. Pour les joueurs qui possèdent comme moi une catégorie hors top 40, ça va me permettre surtout d’avoir de meilleures opportunités de jeu. Il y aura plus de tournois avec un full field (tous les joueurs de l’Asian Tour), dont ces fameux dix nouveaux tournois. Il y aura aussi quelques tournois co-sanctionnés avec les Tours sud-coréens et japonais. Le Covid a fait beaucoup de mal au golf durant deux ans mais je pense qu’on va sortir de cette crise plus fort encore. Il n’y a jamais eu autant d’argent sur l’Asian Tour qu’en ce moment. La période qui arrive est peut-être propice aux joueurs de golf professionnels. »

Dernière sortie au Hopps Open de Provence

Comment appréhende-t-il cette reprise au plus haut niveau, lui qui, depuis l’interruption du jeu sur l’Asian Tour, n’a finalement disputé que quelques tournois professionnels, dont les trois programmés en 2021 en France sur le Challenge Tour ?

« La dernière fois, c’était au Hopps Open de Provence (16-19 septembre) à Pont Royal (13). C’est tout. C’est très difficile d’être performant quand on n’enchaîne pas les tournois. Mais c’est vrai aussi pour tous les joueurs… J’ai revu Nicolas Subrin, mon coach de toujours, qui n’habite pas loin de chez moi en Alsace. Il m’a recalé techniquement avant que je reparte en Thaïlande. J’ai toujours à Hua Hin mon coach écossais (John Wither) qui m’aide surtout au putting. Je travaille aussi avec un psychologue du sport (Julien Southon), qui a longtemps collaboré avec Julien Quesne. A part ma motivation, qui est à 100 %, je ne suis pas allé au bout de mon raisonnement vis-à-vis de mon golf. Je peux encore faire de belles choses, garder du plaisir, qui s’était quelque peu estompé à une époque. Mais là, j’ai vraiment envie. Je m’entraîne tous les jours. Je me prépare mentalement et physiquement. J’ai hâte que ça reprenne… »

Passer le BP au Golf National

En aucun cas il n’envisage cependant de se réinstaller à plein temps en Thaïlande, comme cela avait été le cas entre 2013 et 2018. Revenu vivre à l’année chez lui en Alsace, près de sa famille, Lionel Weber attend toutefois de voir « comment le circuit va évoluer ». « On verra ce qui se passe en 2022, conclut-il. Après, je sais que si j’ai une semaine de libre entre deux tournois, je ne rentrerai pas en Europe. Financièrement, et même physiquement, ce n’est pas raisonnable. Là, je vais jouer les deux tournois à Phuket (deux autres sont en prévision à Singapour à partir du 14 janvier 2022) et je rentrerai en France pour les fêtes. Je me suis aussi inscrit à la formation du 1er niveau enseignant du Brevet professionnel, au Golf National. C’est une roue de secours au cas où. Cela fait aussi du bien dans la tête d’avoir cette alternative si jamais ça ne se passe pas comme on veut sur l’Asian Tour. »


Par Lionel VELLA
23 novembre 2021