Après un début de saison solide mais sans résultat majeur, Frédéric Lacroix a enchaîné deux top 10, dont une belle 2e place en Afrique du Sud synonyme de qualification pour The Open. La preuve d'un bon rebond après une saison moins éclatante.
Comment analysez-vous ces deux très belles semaines en Afrique ?
F.L : « Les dernières semaines ont été très bonnes. Mais je suis aussi très content de mon début de saison dans son ensemble. Depuis janvier, c’est solide : j’ai passé tous les cuts. Les résultats ne sont pas forcément spectaculaires mais les semaines sont bonnes et ça me conforte dans tout ce que je fais depuis un an. Ce qui est important pour moi, c’est surtout le ressenti. Même quand je fais une 25e place, comme au Qatar par exemple, je sens que mon golf est solide. Alors ce genre de résultat n’a rien d’extraordinaire mais je suis de plus en plus à l’aise sur le parcours et je sens que mon jeu se stabilise.
On entend souvent les joueurs parler de l’importance d’augmenter leur niveau moyen de jeu. Est-ce que c’est un travail qui vous concerne ?
Alors… (il réfléchit) Plus on se met régulièrement en position de gagner, plus on augmente ses chances de gagner et donc plus on gagne. D’une certaine manière on peut dire que ça consiste à augmenter le niveau de jeu minimum mais je préfère quand même construire mon travail en définissant ce que je dois améliorer. Cibler les forces sur lesquelles je peux m’appuyer et les bases qui doivent être absolument parfaites pour être dans les bonnes conditions pour jouer au golf. C’est donc ça que je travaille depuis bientôt un an maintenant. Je fais en sorte que les bases - techniques, physiques et le mentales - soient bonnes pour performer au plus haut niveau.
C’est une manière de dire « apprendre à marcher avant de courir » ?
On ne peut pas maîtriser un lob shot avant de maîtriser un chip basique. On ne peut pas travailler des choses très pointues si les bases ne sont pas parfaitement acquises. Et pour le niveau où je veux performer, c’est indispensable. C’est un travail minutieux, qui demande énormément de discipline. Je pense que c’est peut-être ce qui m’a manqué l’an passé et qui fait que l’année a été moins bonne. Parce que quand on regarde les McIlroy, les Scheffler ou les Fleetwood au practice, ce sont toujours les mêmes fondamentaux qui reviennent dans leur entraînement. Ça ne change pas trop. Ce sont ces petits détails qui font la différence. Alors ce n’est pas toujours ce qu’on a envie de travailler dans le sens où c’est répétitif, c’est parfois ingrat même. Mais sur la durée, ça paye et ça donne des bonnes performances.
Le scénario du dernier tour du SA Open Championship avait quelques similitudes avec celui de votre victoire au Danemark en 2024. Vous étiez en chasse, dans le top 10, à quatre coups des leaders contre six cette fois, et le début de partie vous a vite fait jouer la gagne… Vous y avez repensé à un moment ?
Pas vraiment parce que j’étais quand même assez loin des leaders. J’étais plus dans l’optique de bien jouer et de bien finir mon tournoi. Alors même si le scénario était un peu similaire, ce n’était pas du tout le même tournoi ; et puis on est près de deux ans plus tard… Chaque tournoi est différent et la seule chose qui ne change pas pour moi, c’est que j’essaie de jouer le mieux possible et tirer le moins possible. Donc je n’y ai pas repensé non. Même ma victoire au Danemark a vite fait son temps. C’est la particularité du golf, quand on gagne un tournoi, on n’est le dernier vainqueur que pour une semaine car il y a un nouveau gagnant ensuite. Et on est vite oublié. Je n’ai pas gagné un Majeur, je n’ai pas marqué les mémoires comme Matthieu Pavon a pu le faire en s’imposant sur le PGA Tour. Autant en France, on sait quel tournoi j’ai gagné, autant le reste du monde sait que j’ai gagné sans savoir ni où ni quand.
Ce que vous avez gagné en revanche, c’est une belle qualification pour The Open (16 au 19 juillet au Royal Birkdale) grâce à votre deuxième place. C’est une grande satisfaction ?
Oui, évidemment. C’est même pour ça que j’étais venu jouer ce tournoi. Sans cette opportunité de qualification, je ne serais peut-être pas venu. Ce qui est assez drôle, c’est qu’après deux jours j’avais complètement oublié qu’il y avait une place qualificative en jeu. J’étais simplement concentré sur mon tournoi. Puis le samedi je fais une super journée, je me replace, et le dimanche je continue sur la même dynamique. À un moment, je me suis même dit que j’étais en train de jouer la victoire. Donc la qualification pour The Open, c’est un énorme bonus.
Vous aviez déjà disputé l’U.S. Open l’an dernier. Cette fois, vous allez jouer votre deuxième tournoi Majeur, en Angleterre. Sera-t-il encore considéré comme une prise d’expérience ?
Oui forcément, et c’est génial car ce sont les plus grands tournois du monde. Sur le DP World Tour, on n’a pas souvent l’occasion de se mesurer aux tout meilleurs joueurs. L’U.S. Open l’année dernière a été une expérience incroyable qui m’avait donné envie de retrouver cet univers à part des tournois majeurs. Pour l’instant, j’y goûte en passant par des qualifications ponctuelles mais j’espère qu’un jour je pourrai jouer ces tournois tous les ans et grâce à une qualification automatique comme le top 50 mondial. Ça voudra dire que l’évolution s’est faite dans le bon sens. Là encore, je ne connais pas du tout le parcours donc je vais essayer d’y aller avant pendant une pause pour faire quelques reconnaissances. »