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Robin Roussel, le Tour en poche

Deuxième du Hainan Open dimanche dernier, Robin Roussel s’est assuré de finir la saison dans le Top 15 du Challenge Tour et de jouer à l’échelon supérieur en 2020. Désormais deuxième du circuit, le Français a encore deux tournois pour améliorer son classement.

Robin Roussel
Deuxième du ranking, Roussel compte 12 000 points de retard sur le leader Guo Cheng / Xinhua
24-27
octobre
FOSHAN OPEN
LIEU : Foshan Golf Club, Chine
CIRCUIT : Challenge Tour

Que ressentez-vous après cette deuxième place en Chine qui vous assure la montée sur le Tour ?

Je suis évidemment ravi de monter sur le Tour. C’était l’objectif cette saison donc la mission est accomplie. Il y a une forme de soulagement aussi car malgré des bons résultats ces dernières semaines, je ne progressais pas au classement du Challenge Tour et je perdais même quelques places. En début d’année, on pensait que 80 000 points suffiraient pour finir dans le Top 15 avant de s’apercevoir il y a quelques semaines qu’il en faudrait sans doute plutôt 90 000. J’étais bien placé mais je savais que tout se jouerait sur les trois derniers tournois où les dotations sont bien plus importantes.

L’inquiétude était-elle réelle ?

Oui car même si ma saison était très bonne, je n’étais pas du tout à l’abri de me faire passer devant. J’avais peur que cela tourne mal au dernier moment. Mais je savais également que je jouais très bien depuis plusieurs semaines, en particulier depuis le Rolex Trophy en Suisse (quatre Top 15 sur les cinq derniers tournois avant la Chine). Donc si je continuais à jouer de la sorte sur les derniers tournois, il n’y avait pas de raison de ne pas y arriver.

Cette deuxième place au Hainan Open vous assure la montée, mais vous échouez également à un coup du vainqueur, Francesco Laporta. Est-ce une déception ?

Oui bien sûr, j’aurais vraiment aimé gagner une deuxième fois cette saison. Durant le dernier tour, j’ai toujours été à un ou deux coups de Laporta et j’espérais bien aller le chercher. J’avais l’occasion sur le dernier trou (un par 5) où je me retrouve avec l’un de mes coups préférés à jouer, à environ soixante mètres du drapeau. Malheureusement j’ai tapé un mauvais coup de wedge et il me restait environ sept mètres pour birdie. Je n’ai pas pu faire mieux que le par alors que le birdie nous aurait emmené en play-off donc c’est forcément frustrant de finir de la sorte.

Avec les 34 678 points empochés, vous vous retrouvez deuxième du Challenge à deux tournois du terme de la saison. Vous êtes-vous fixé un nouvel objectif ?

C’est sûr, maintenant l’objectif est de finir premier. Cela passera par le même genre de résultat sur les deux derniers tournois. Cette semaine, au Foshan Open, on se retrouve à nouveau avec un énorme tournoi, le mieux doté de la saison (500 000 dollars) et on sait que celui qui gagnera se retrouvera en tête du classement. Donc on va tout faire pour y parvenir.

1Un seul Français est parvenu à remporter le classement final du Challenge Tour : Mike Lorenzo-Vera en 2007.

Est-ce vraiment important de gagner le Challenge Tour alors que la montée sur le Tour est assurée ?

Je trouve surtout cela important dans la perspective de l’année prochaine. Se dire qu’on a gagné le Challenge Tour est forcément satisfaisant mais ce n’est pas vraiment représentatif de l’ensemble de la saison. Il y a tellement de points sur les trois derniers tournois que celui qui gagne le Challenge Tour aura évidemment bien joué sur l’ensemble de la saison, mais il aura surtout été le meilleur sur ces trois tournois. La preuve, celui qui gagne cette semaine est sûr et certain de finir dans les trois premiers la saison. Même s’il est 55e du circuit pour l’instant…Finir devant est intéressant car il y a des petites primes financières pour les trois premiers du circuit, mais c’est surtout pour rentrer dans le plus possible de tournois l’an prochain car les premiers auront plus de chance de jouer les gros tournois.

La montée en poche, peut-on dresser un premier bilan de cette saison ?

Ce que je retiens c’est que depuis le premier tournoi, j’ai été très souvent proche des belles places. Je n’ai raté que trois cuts, cela prouve que le fond de jeu a vraiment progressé. Et je me suis mis souvent en position de gagner, de faire Top 5 ou Top 10. Je suis très content de ça. Cela valide le travail effectué il y a deux ans et qui se met en place petit à petit, que ce soit avec Benoît (Ducoulombier) sur la technique ou avec David (Baudrier) sur le physique avec lequel on a beaucoup bossé également. Je commence à ressentir que tout se met en place en même temps et c’est pour ça que cette année j’ai aussi bien joué.

Je ne crains pas de ne pas être à la hauteur l'an prochain.

Pensez-vous votre swing assez performant pour le Tour européen ?

Il faut je bosse encore certains coups un peu particuliers, propres à certains types de parcours et que je n’ai pas encore. Mais le plus important sur le Tour est d’avoir un vrai bon fond de jeu pour être performant toutes les semaines et jouer la gagne ou les premières places lors des bonnes semaines où cela se goupille un peu mieux que d’habitude. Avec mon jeu actuel, je ne crains pas de ne pas être à la hauteur. J’ai des points forts qui vont bien me servir.

Votre expérience sur le Tour se résume à une épreuve disputée en Malaisie en mars dernier (cut manqué au Maybank Championship). Qu’en avez-vous retenu ?

Je me suis rendu compte que c’était très différent du Challenge Tour, notamment en ce qui concerne la difficulté du parcours. On m’a dit que c’était l’un des plus durs de l’année donc ce n’est pas étonnant que je l’ai trouvé difficile. Mais c’était incomparable avec les tournois du Challenge tour. Je ne sais pas si je dois m’attendre à ça toutes les semaines l’an prochain. Je pense que la majorité des parcours sont un peu plus jouables, car là c’était vraiment dur et très long. Il faisait très chaud, les greens étaient béton et dès que tu ratais le fairway tu pouvais faire une croix sur l’attaque de green. Tout était difficile. Au moins, c’est bien d’avoir joué celui-ci car je sais à quoi m’attendre sur les semaines difficiles.

Le fait de voir les promus de l’an passé briller sur le Tour dès leur première année vous donne-t-il des idées ?

C’est sûr ! Quand je vois Robert McIntyre septième de la Race to Dubaï. J’ai joué quelques fois avec lui l’année dernière et c’était loin d’être un joueur impressionnant. Il y a bien sûr Victor (Perez) qui a gagné en Écosse et que je connais mieux. Il a un point très fort avec sa puissance au driving notamment, ce qui n’est pas mon cas. Mais les voir briller cette année donne forcément des idées. Cela prouve que ceux qui montent peuvent bien s’en sortir, qu’il n’y a pas un aussi gros gap entre les deux circuits. Tout le monde sait que c’est difficile de garder la carte mais ça donne un peu de confiance dans le sens car on voit que ce n’est pas impossible. Victor a gagné, Robert n’est pas passé loin plusieurs fois, il y a aussi Romain dans le Top 20 de la Race... Le Challenge tour est une bonne école et on arrive de plus en plus prêt pour l’échelon supérieur.


Par Sébastien CACHARD-BERGER
23 octobre 2019