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Raphaël Jacquelin, la divine surprise…

En finissant à la 40e place de la Career Money List à l’issue de la saison régulière qui s’est achevée au Portugal le 27 octobre, le vétéran tricolore va entamer fin novembre une 24e saison consécutive sur le Tour. Avec le même enthousiasme !  

Cap sur la saison 2019-20 pour Raphaël Jacquelin... Alexis Orloff / ffgolf
24-27
octobre
PORTUGAL MASTERS
LIEU : Dom Pedro Victoria Golf Course, Portugal
CIRCUIT : European Tour

Le père Noël est passé plus tôt que prévu rendre visite à Raphaël Jacquelin. Le 28 octobre dernier, le golfeur aux quatre victoires entre 2005 et 2013 se voyait ainsi officiellement confirmé pour une 24e année consécutive sur le Tour européen. Malgré sa 175e place à la Race à l’issue de la saison régulière. Sa 40e place à la Career Money List lui permet en effet de bénéficier d’un droit de jeu quasi complet pour l’exercice 2019-20 qui s’élance à la fin du mois de novembre à la fois à Hong Kong et en Afrique du Sud. Un bien bel épilogue que le Lyonnais a toutefois eu du mal à croire…    

« Je n’avais pas vu ce petit point de règlement, il n’est pas très simple à saisir, explique le vétéran tricolore, qui aura 46 ans le 8 mai prochain. Vers midi, j’ai vu passer un tweet d’un de vos collègues journalistes de Canal +, Adrien Toubiana, qui laissait entendre que j’étais bon pour une année supplémentaire. J’ai aussitôt appelé mon agent, Michael Jones, pour qu’il me confirme l’info. Lui aussi n’était pas au courant. Alors il s’est mis en contact avec l’European Tour. Moi, je croyais que c’était une erreur. Et puis pas du tout. Le classement de la Career Money List prend bien fin à l’issue de la saison régulière du Tour européen. Après le Portugal Masters (24-27 octobre). » 

Les PQ3 en ligne de mire 

Présent à l’Amundi Open de France quelques jours auparavant, Raphaël Jacquelin ne se donnait pourtant pas beaucoup de chances de bénéficier d’un deuxième « joker » après avoir utilisé son premier à la fin de la saison 2017. Une exemption pour avoir passé quinze années d’affilée sur le Tour.
« Si le règlement avait stipulé que l’on faisait le bilan comptable après la finale de la Race à Dubaï, comme je le pensais d’ailleurs, c’était presque mission impossible pour moi, ajoute-t-il. Il y avait de fortes probabilités pour que des garçons comme Rahm, Luiten ou Hatton, classés juste derrière moi à cette même Career Money List me passent devant, étant présents sur les derniers Rolex Series où les points et la dotation sont importants. Bref, je m’étais préparé à perdre ma place de 40e, j’étais même déjà en train de me motiver pour aller passer les Cartes (PQ3) à la mi-novembre en Espagne. » 

Un mental qui a fait défaut 

Avec une catégorie 11, celle située juste après les 115 premiers du Tour et avant le top 15 du Challenge Tour, Jacquelin va pouvoir jouir d’une saison quasi complète sur le Tour. A une ou deux exceptions près… Ce sera, on l’a déjà dit, sa 24e saison sur le Tour européen. La première remontant à 1997. « J’avais eu mes cartes fin 1996 et en 97, j’avais eu une catégorie où j’avais à la fois joué sur le Tour (10 tournois) et sur le Challenge Tour (13 tournois dont deux victoires) », précise-t-il.
Comment envisage-t-il cette nouvelle saison au plus haut niveau, lui qui n’a pas réussi à accrocher le moindre top 15 en vingt-huit départs ?
« Cela ne peut être que bénéfique de s’être quelque part fait peur, analyse-t-il calmement. Je sais que ça s’arrêtera à un moment donné. Mais ce qui me faisait le plus peur, c’était d’être contraint d’arrêter sur le Tour alors que je ne joue pas si mal. Le niveau était plutôt bon. Donc, c’est peut-être un mal pour un bien de s’être fait peur comme ça et d’avoir eu une bonne surprise. J’ai raté pas mal de cuts pour un point (à cinq reprises). Je sais que le niveau est là. Cela aurait été dommage de ne pas continuer. L’envie de jouer est toujours là. L’envie de progresser aussi. Il y avait peut-être moins de patience, face à des choses qu’on a peut-être moins de facilité à accepter quand on a mon âge que lorsque l’on a 23 ans. C’est la question qu’il va falloir régler assez vite quand je vais me retrouver sur le tee du 1. Je me suis trop rapidement déconcentré cette année… C’est plus sur le mental que ça a coincé. » 

Jouer une dernière fois un Majeur 

Son chantier principal avant de reprendre le chemin de la compétition à l’île Maurice début décembre à l’AfrAsia Mauritius Bank Open (et même peut-être à Leopard Creek au Dunhill Championship quelques jours auparavant) sera également axé sur le putting. Un secteur de jeu où il n’a pas affiché cette saison des statistiques flatteuses : 30,35 putts en moyenne par tour, soir une 182e place au classement de la spécialité alors qu’il avait pointé à la 45e place finale à la fin de l’année 2018 (29,20 putts par tour).
« On va bosser le putting à fond car cette année, ce n’était pas bon, conclut-il. On va essayer de trouver une solution plus simple. J’ai raté trop d’occasions cette année, notamment en fin de saison alors que je jouais très bien. Je n’ai pas pu concrétiser à cause de cela… Le mental est sûrement lié, évidemment. Mais à aucun moment je me dis que 2020 sera mon baroud d’honneur. Physiquement, tous les feux sont au vert. Tant que j’ai le niveau… Le golf, je le répète, ce n’est pas uniquement la frappe de balle. Et puis il y a toujours cette envie de vouloir jouer jusqu’à 50 ans. Si j’arrive avec un état d’esprit positif et relâché pour jouer mon jeu, il y a moyen de jouer un peu plus longtemps encore. L’envie de jouer une dernière fois un Majeur me titille aussi… »


Par Lionel VELLA
6 novembre 2019