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Tom Ayling, la positive attitude…

Caddie d’Alexander Levy depuis cinq ans, Tom Ayling s’est retrouvé – comme tout le monde – confiné durant 50 jours sans pouvoir exercer son métier. Une situation difficile, notamment financièrement, mais qui a aussi ses avantages. Explications.

Tom Ayling avec Alexander Levy lors de l'Open de France 2018... Alexis Orloff / ffgolf

« Toute proportion gardée, cette période de confinement a été idéale pour travailler sur soi-même. Notamment sur le stress, qu’il soit financier, ou autre… Prendre les choses du bon côté et les optimiser du mieux possible, voilà ce que qui a été mon credo pendant toute cette période. Pour moi, pour les autres caddies, mais aussi pour les jeunes joueurs qui viennent d’avoir leur carte, les temps sont difficiles. Il n’y a pas de rentrée d’argent, le train de vie est en déséquilibre. L’argent, c’est important bien sûr, mais il n’y a pas que ça. On est affecté par cette crise mais ce n’est pas quelque chose qui m’affecte dans ma tête. »

Ainsi parle Tom Ayling, la petite trentaine, caddie franco-anglais d’Alexander Levy depuis le milieu de l’année 2015. Auparavant, il a porté le sac de Benjamin Hébert mais aussi de Victor Dubuisson avec lequel il a connu de grands moments, comme cette Ryder Cup 2014 victorieuse à Gleneagles (Ecosse) avec l’équipe européenne…   

Stoïcisme et statistiques 

Celui qui vit à l’année à Messanges (Landes), à quelques encablures du Vieux-Boucau, a choisi d’adopter la positive attitude. Celle qui lui permettra de mieux rebondir une fois que le golf professionnel aura repris une « vie normale ». Durant son confinement qu’il a passé en compagnie de sa femme et de son fils, il a ainsi pu effectuer un travail intérieur.

« Comme tout le monde, il a vite fallu que je trouve un rythme à mes journées, nous explique-t-il. C’est facile de rentrer dans une routine un peu pourrie, où on peut vite larver à la maison. Pour contrer tout cela, je me levais tôt le matin, je faisais du sport… Et j’ai beaucoup lu aussi. Pas de romans mais beaucoup d’ouvrages sur le travail sur soi-même, les choses essentielles dans la vie, sur le stoïcisme, comment développer de bonnes habitudes, tout sur ce qui peut vous aider à progresser… Des livres sur le golf ? Pas tant que ça. Même si je fais des grosses recherches sur la statistique… Cela m’a fait du bien… » 

En contact quasi permanent avec Alex Levy 

Ces plages « studieuses » sont entrecoupées par des balades avec la petite famille dans les forêts de pins avoisinantes, à un kilomètre du domicile, mais aussi par des parties de foot avec le fiston dans le jardin. « Il a fait super beau ici dans les Landes durant les trois quarts du confinement. Cela nous a aidé à mieux traverser cette situation… Une chose est sûre, cela fait dix ans que je caddeye et c’est la première fois que je reste aussi longtemps à la maison. C’est assez nouveau pour moi. J’ai vraiment apprécié ce moment. »

Durant ce confinement, Tom Ayling est également resté en contact quasi permanent avec Alexander Levy, resté sur la Côte d’Azur.
« On se donnait des nouvelles l’un et l’autre sur ce que l’on travaillait au niveau sport, précise-t-il. C’est agréable de garder le contact et d’échanger. Cela n’a pas trop changé quoi que ce soit à nos habitudes. On était dans la même dynamique par rapport au travail sportif et au travail sur soi-même. » 

Retrouvailles avec tout le staff à la mi-juin ? 

Avec la fin du déconfinement opéré le 11 mai dernier, l’idée d’une réunion avec tout le staff technique d’Alexander Levy fait son chemin. Des retrouvailles prochaines avec Fabien Lefaucheux (prépa physique), Mathieu Santerre (entraîneur technique) et François Teissedre-Dalou (Osthéo) sont imminentes. Elles devraient être effectives durant la première quinzaine du mois de juin. Seul devrait manquer à l’appel Sean Foley, le coach, resté en Amérique du nord. Les troupes pourront alors se remettre en ordre de bataille même si le retour de la compétition sur le Tour européen demeure pour l’instant très flou…

« On a eu l’annonce que les catégories seraient les mêmes pour tout le monde en 2021, conclut Tom Ayling. Il y a cette perspective du British Masters fin juillet-début août… Ou alors en septembre… Personne ne le sait. La situation en Grande-Bretagne n’est pas évidente en ce moment (presque 43 000 décès liés au Covid-19 au 19 mai 2020). Le pays n’est pas sorti d’affaire… Il pourrait y avoir une annonce du Tour dans une semaine ou deux avec un emploi du temps plus précis… Mais pour l’instant, on n’en sait pas plus… Ce qui est sûr, c’est que les choses risquent de changer. Cela va sûrement avoir un impact sur les tournois, les dotations, les services auprès des joueurs… Quel sera l’avenir du Tour européen ? C’est très flou. Jouer des tournois co-sanctionnés avec le PGA Tour, ça peut être bien mais les joueurs qui ont déjà une carte du PGA Tour n’arrivent pas à jouer toutes les semaines, alors comment fera-t-on pour ceux issus de l’European Tour ? Peut-être que ça deviendra une sorte de deuxième division… On n’en sait rien !»


Par Lionel VELLA
20 mai 2020