Céline Boutier sur le LPGA Tour

Céline Boutier, qui en 2017 a brillamment décroché son droit de jeu sur le LPGA Tour via le Symetra Tour, une première pour une Française depuis Perrine Delacour en 2013, nous plonge toute l'année dans son quotidien.

En savoir + L'intégral

Accueil / Actus / Pro / Feuilletons / Céline Boutier sur le LPGA Tour / Céline Boutier : « Une semaine forcément particulière pour moi… »

Céline Boutier : « Une semaine forcément particulière pour moi… »

Saison 5, épisode 3 / L’actuelle 17e joueuse mondiale remet son titre en jeu entre vendredi et dimanche au ShopRite LPGA Classic, du côté de Galloway (New Jersey). La Française qui affiche pour l’instant un sans-faute (aucun cut manqué en 2022) et qui entend monter encore un peu plus en puissance avant un break de trois semaines après le KPMG PGA Championship prévu du 23 au 26 juin.  

« C’est forcément une semaine particulière pour moi, étant tenante du titre. On est pas mal sollicitée mais l’avantage de ce tournoi, c’est qu’il ne débute que vendredi (sur 54 trous). Je suis arrivée lundi dans le New Jersey depuis l’US Open. Du coup, j’ai un jour en plus pour gérer les demandes et surtout décompresser. » 

« Ce que je retiens en priorité de l’édition 2021 où je me suis imposée, c’est la journée incroyable de dimanche en jouant -8 (63). Quand je me suis retrouvée à trois coups derrière la tête, je n’ai pas trop pensé au leaderboard mais c’est vrai que mes birdies au 16 et au 18 m’ont beaucoup aidé. Surtout celui au 18 car à ce moment-là j’espérais que ce serait suffisant pour aller en play-off… Et puis non finalement (Ndlr, à -14 (199), elle bat d’un point Brooke M. Henderson, Jin Young Ko et Inbee Park !). J’avais déjà joué 63 auparavant, je ne dirais donc pas que j’ai joué le plus beau golf de ma vie mais c’est vrai que réussir une telle carte pour gagner, c’est plutôt cool. » 

« J’aime bien de manière générale le design du parcours que l’on aborde cette semaine. Il est long, on utilise pas mal de wedges. Il y a des trous atteignables en deux mais les greens sont plutôt petits, à plusieurs plateaux. Donc, il faut être assez précis. Cela me plait car en plus, on peut avoir du vent sur ce tracé. Il faut par conséquent contrôler ses trajectoires avec les éléments. Bref, il ne faut surtout pas s’endormir. Il parait comme ça facile et mais quand ça commence à souffler, ça peut devenir compliqué. » 

« Je ne dirais pas que la stratégie de jeu est différente dans un tournoi sur 54 trous plutôt que sur 72 mais c’est vrai que quatre tours, c’est forcément plus long. Sur trois tours, j’ai l’impression qu’il faut scorer un peu plus, on a moins de temps pour se départager. Du coup, je pense qu’il faut être un peu plus offensif… » 

« Je reviens de l’US Open à Pine Needles (Ndlr, Céline Boutier a pris la 34e place à +6(290)). J’ai trouvé que c’était un super parcours, assez large des départs mais très exigeant sur les greens et sur les attaques de greens. J’ai eu un peu de mal au driving, ce qui m’a coûté quelques points ici et là. Compte tenu des positions de drapeaux, c’était aussi très difficile d’appliquer un jeu agressif. Je n’ai donc pas eu énormément d’opportunités de birdies. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir très bien scoré. » 

« Je ne savais pas que j’avais autant de tournois Majeurs au compteur (Ndlr, 26 depuis 2014). J’ai eu aussi la chance d’en jouer pas mal en tant qu’amateure. Au-delà de ça, c’est toujours une énorme satisfaction de pouvoir disputer ces tournois, d’être qualifiée… Après, l’objectif n’est pas non plus d’en faire le plus possible mais surtout de performer dans ces rendez-vous exceptionnels. » 

Je suis actuellement 17e joueuse mondiale, et entrer dans le top 10 serait incroyable mais ce n’est pas non plus un objectif prioritaire. Le ranking est finalement une résultante de ton jeu, et de tes performances…

« Je sens que mon jeu évolue encore, même s’il y a encore des hauts et des bas. J’aimerais évidemment être plus constante mais il faut être patient. Un peu plus dans un sport comme le golf. Alors c’est vrai que de ne pas avoir manqué le moindre cut pour l’instant sur le Tour (en onze départs), c’est positif. Mais j’ai aussi un peu plus encore envie de me mettre en position de gagner à chaque tournoi. Le fait d’être assez régulière, c’est enrichissant… Je suis actuellement 17e joueuse mondiale, et entrer dans le top 10 serait incroyable mais ce n’est pas non plus un objectif prioritaire. Le ranking est finalement une résultante de ton jeu, et de tes performances… » 

« Mon calendrier dans les prochaines semaines est déjà arrêté. Après le ShopRite, le vais jouer le Meijer LPGA Classic (16-19 juin) et évidemment le KPMG PGA Championship (23-26 juin au Congressional). J’aurais ensuite trois semaines de break avant de repartir pour Evian (21-24 juillet), le Scottish (28-31 juillet) et le British (4-7 août). Sur ce point, je n’ai pas encore décidé vraiment si je serai au Lacoste Ladies Open de France en septembre (15-17 septembre à Deauville). J’ai encore le temps. Je verrai comment je me sentirai à la fois physiquement et mentalement. » 

« J’ai aussi vu que cette semaine démarrait la Saudi League (LIV Golf Invitational Series) en Angleterre. Franchement, on n’en pas parle pas entre nous, les joueuses. Certes, on a été un peu surpris de voir que Dustin (Johnson) et Phil (Mickelson) avaient décidé d’y aller. Mais c’est un univers tellement différent de ce qui se passe chez les filles. Je ne pense pas que cela arrivera pour nous. Mais bon, je ne sais pas trop. Je n’y fais pas beaucoup attention. »


Par Lionel VELLA
8 juin 2022