Céline Boutier sur le LPGA

Céline Boutier, qui a brillamment décroché son droit de jeu sur le LPGA Tour via le Symetra Tour, une première pour une Française depuis Perrine Delacour en 2013, nous plonge toute l'année dans son quotidien.

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Saison 3, épisode 4 Céline Boutier : « En pensant aux Jeux olympiques et à la Solheim Cup … »

La Française a achevé sa saison 2020 sur le LPGA Tour à une solide 16e place à la Race. Mais la 59e joueuse mondiale voit plus loin. Elle veut briller en Majeurs en 2021, chose qu’elle n’a pas réussi à faire cette année, et vise quelque chose de « grand » aux JO de Tokyo ainsi qu’à la Solheim Cup…

« La saison 2020 sur le LPGA Tour s’est achevée ce dimanche 20 décembre en Floride (au CME Group Tour Championship) et j’ai rejoint la France dès le lendemain. Je reste deux semaines ici avec ma famille avant de rentrer aux Etats-Unis afin de préparer le tournoi de reprise qui aura lieu du 21 au 24 janvier 2021 en Floride (Diamond Resorts Tournament of Champions) et qui regroupe les vainqueurs des trois dernières saisons. » 

« L’année 2020 sur le Tour aura été pour moi une suite de haut et de bas. J’ai joué dix-huit tournois et j’ai manqué six cuts, la plupart du temps d’un point. Le début de saison a été assez solide avec trois tops 10, dont un top 5 (4e au Gainbridge LPGA le 23 janvier). J’ai ensuite eu un peu de mal à confirmer au retour de la compétition fin juillet… Ce bon départ a été le résultat d’une bonne préparation durant l’intersaison. Par la suite, quand le jeu s’est arrêté juste après l’Open d’Australie (6 février), j’ai eu la chance de pouvoir m’entraîner et de ne pas briser cet élan. Cela a d’ailleurs payé puisque j’ai fini deuxième au LPGA Drive on Championship (le 2 août). Par la suite, l’enchaînement n’a pas été aussi bon que je le souhaitais. Et une fois que l’on commence à perdre confiance, ce n’est pas évident de revenir aussi forte. Rater des cuts à chaque fois pour un coup, c’est frustrant. Je ne pensais pas être si loin de ça du vrai mais je n’avais pas les résultats que j’escomptais. Donc, c’était un peu décourageant. Pour 2021, il faudra que mon putting soit plus consistant d’une semaine à l’autre. Je pense aussi avoir encore une marge de progression sur mes longs fers, sur ma trajectoire de balle et me placer le plus près des drapeaux pour avoir des opportunités de birdies plus importantes… » 

Quand le Tour va-t-il reprendre ? 

« 2020 restera de toute façon une saison très compliquée. Cette pandémie a en effet rendu les choses bien plus difficiles. Les tournois alors au calendrier étaient régulièrement annulés et on repoussait d’autant l’échéance. On ne savait pas vraiment quand on pourrait reprendre. Et puis on voyait que c’était la même chose dans les autres sports. Tout était annulé ou reporté. On a commencé à s’inquiéter mais moi je me disais que le jeu allait reprendre en septembre-octobre, le temps de savoir comment ce virus fonctionnait. Le temps aussi de mettre en place des protocoles sanitaires valables qui autorisent des contacts sans la présence de spectateurs sur les tournois, les distanciations sociales, le port du masque… Que tout devienne plus sûr finalement… Je ne pensais pas que la saison serait tout bonnement annulée mais j’ai été néanmoins surprise qu’elle reprenne fin juillet. Même si je savais que Mike Whan, notre commissionnaire, faisait le nécessaire pour que la compétition redémarre le plus tôt possible… » 

Un regret ? Ne pas être rentrée en France au début de la crise sanitaire

« Cinq mois sans tournoi officiel, c’est très dur. Surtout au début. On ne voyait pas d’issue. C’était très difficile de se motiver et de garder le rythme. Cela m’a toutefois permis de recharger les accus, car j’avais pas mal enchaîné les saisons sans vraiment me reposer jusque-là. Ce break m’a également fait du bien mentalement. Mon seul regret, c’est que je n’ai pas pu rentrer en France durant cette longue attente. Si j’avais su que ce serait aussi long, je serais rentrée dès le début… C’est quand même mieux d’être entourée que seule au Texas. Même si mon frère est venu me rejoindre… Mais à la longue, c’était délicat, même si le confinement n’a pas été aussi drastique qu’en France. Il n’empêche, je faisais attention en évitant le plus possible la foule… » 

« 2020 n’aura pas été un bon cru dans les tournois Majeurs (cuts manqués au British et à l’US Open, 44e au ANA Inspiration, 37e au KPMG PGA Championship). Je n’ai pas réussi à briller cette année. La situation était, c’est vrai, différente des éditions précédentes puisqu’il n’y avait pas de public. On était dans une bulle, isolée. Au niveau de mon jeu, j’ai essayé de trop bien faire et ça n’a pas fonctionné. Grosse frustration donc. J’ai fait ce que je pouvais (sur ses douze tours joués, deux seulement ont été signés sous le par, Ndlr). Après, les Majeurs regroupent le plus souvent les parcours les plus compliqués de la saison. De manière générale, j’ai été déçue de la façon dont j’ai jouée mais je ne me focalise pas non plus sur le score, car c’est spécifique aux conditions de jeu et au parcours… Je suis très déçue aussi d’avoir manqué pour un coup le cut à l’US Open, un tournoi pour lequel je m’étais préparée mentalement… J’étais au Texas, à Houston, pas très loin de chez moi (à Dallas). J’avais joué l’un des deux parcours mais en hiver, le rough ne pousse pas. Ce n’est pas celui que j’avais appréhendé durant mes reconnaissances plusieurs semaines avant. Sans parler de la météo, bien plus froide durant le tournoi… » 

« Le calendrier 2021 est tombé en fin de semaine dernière. Il est très chargé (34 étapes à l’heure où nous écrivons ces lignes, Ndlr). Il va donc falloir être très sélectif dans les choix. En plus des Majeurs, mes objectifs seront les Jeux olympiques à Tokyo (début août) et la Solheim Cup (4-6 septembre). Dans ce calendrier, on a deux tournées en Asie, une première entre fin avril et mi-mai, la seconde de mi-octobre à début novembre… On va voir comment tout ça évolue par rapport à la crise sanitaire. On va voir aussi comment le vaccin contre le Covid-19 va se mettre en place car je pense que le Tour va nous demander de nous faire vacciner… Ce n’est pas encore officiel mais je pense que c’est quelque chose qui serait possible. En tout cas, que ça serait recommandé… Il faut bien avouer que les bulles sanitaires sont très isolantes. A part votre caddie, il n’y aucune interaction sociale avec les gens. Ce n’est que le golf et l’hôtel. Une fois dans votre chambre, vous ne pouvez plus en sortir. On ne commande à manger que via le room-service. C’est pénible à la longue. »


Par Lionel VELLA
23 décembre 2020