La vie d'après

Que deviennent les joueurs professionnels, hommes et femmes confondus, quand ils décident de raccrocher les clubs après une carrière bien remplie ? Reconversion, plan de carrière mais aussi retour sur leur vie d'avant, vous saurez tout sur nos anciens champions...

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Alexandre Kaleka : « Le golf fait partie de ma vie »

Retraité du haut niveau depuis juin 2016, Alexandre Kaleka, 35 ans le 6 mars prochain, n’a jamais quitté le milieu du golf. Devenu enseignant, il est depuis le mois d’août dernier rattaché au Pôle Performance de la Fédération française de golf situé au Golf National (78).  

Devenu professionnel en 2009, Alexandre Kaleka a disputé 157 tournois entre 2006 et 2016 sur l’European Tour et le Challenge Tour. Il s’est également offert deux succès sur la deuxième division européenne, le premier le 12 juillet 2009 à l’ALLIANZ EurOpen de Lyon, le second le 9 septembre 2012 au M2M Russian Challenge Cup, dans la banlieue de Moscou.   

Qu’avez-vous fait depuis que vous avez mis fin à votre carrière professionnelle ?
J’ai suivi une formation (Brevet Professionnel) au Golf National (78) pour devenir enseignant de golf. Ensuite, j’ai donné des cours au sein de mon club, à Marcilly-en-Villette (45). J’ai effectué également quelques piges dans le coaching pour des pros en tournois, puis j’ai fait quelques interventions l’an dernier au Pôle France avant d’être embauché au mois d’août 2021 au Pôle Performance de la Fédération française de golf. 

Qui avez-vous coaché par exemple ?
On ne peut pas vraiment parler de coaching… J’avais accompagné Benjamin Hébert sur quelques tournois, mais c’était très light. 

Au lieu de poursuivre dans le milieu du golf, auriez-vous pu choisir une tout autre trajectoire ?
Franchement, non ! Le golf fait partie de ma vie. C’est ma passion. Quand on a la chance de continuer de vivre de sa passion, ça n’a pas de prix. Je ne me vois pas faire quelque chose d’autre. 

Mon objectif est plutôt de transmettre et de former le mieux possible les jeunes. Pour qu’ils puissent prendre leur envol.

Quel est votre plan de carrière aujourd'hui ?
Je n’en ai pas. Mon objectif est plutôt de transmettre et de former le mieux possible les jeunes. Pour qu’ils puissent prendre leur envol. Je ne me visualise pas avec des choses précises à faire, avec des objectifs très détaillés.  

La décision d’arrêter le haut niveau a-t-elle été facile à prendre ?
Ce n’est jamais évident. Cela s’est fait un peu naturellement. J’avais un peu perdu la motivation… Et puis quand on sort du wagon, c’est difficile d’y rentrer par la suite. Il y a toujours quelques petits regrets, c’est normal. Mais bon, la décision d’arrêter a été mûrement réfléchie. 

Quand vous vous retournez sur votre carrière, quel est le plus grand regret qui vous anime ?
J’aurais, je crois, aimé être un peu plus rigoureux, avoir fait un peu plus de préparation physique, mieux gérer mon corps… 

Cette victoire (en Russie) venait récompenser une bonne période de jeu mais je garde incontestablement de meilleurs souvenirs à Lyon…

Que retenez-vous en priorité de cette période ?
Tout est allé très vite finalement. On joue beaucoup de tournois, on voyage beaucoup… Il y avait pas mal d’adrénaline. Je retiens ces petites sensations de jeu, des joueurs avec qui j’ai joués, les bons moments en tournois… Voilà tout ce que je retiens. 

Cette deuxième place en Russie sur l’European Tour en juillet 2013 demeure-t-elle votre plus beau souvenir ?
Pas forcément. C’était un tournoi un peu « anonyme », au nord de Moscou, où il n’y avait pas grand monde (en termes de joueurs de renoms engagés), pas de public non plus… C’est d’ailleurs là que j’avais gagné sur le Challenge Tour l’année précédente. Je retiens plus mes expériences à l’Open d’Irlande (5e en juillet 2011) ou en Ecosse (35e au Dunhill Links 2013). Ou les rendez-vous dans les Emirats. Wentworth aussi ! 

Et puis il y a ces deux victoires sur le Challenge Tour…
Oui, surtout la première. C’était assez surprenant de démarrer ma carrière comme ça. En France en plus, à Lyon. Il y avait un peu de monde… J’avais un ami proche qui me caddeyait… La seconde victoire, c’était en Russie… J’étais dans l’engrenage des tournois avec certaines destinations lointaines (le Kazakhstan la semaine suivante). Cette victoire venait récompenser une bonne période de jeu mais je garde incontestablement de meilleurs souvenirs à Lyon… 

J’ai joué une fois avec Tyrrell Hatton. Même si j’ai partagé des parties avec des gars plus forts que lui, je trouvais qu’il avait déjà une attitude de champion.

Quel joueur vous a le plus impressionné ?
Il y en a beaucoup. J’ai joué à deux reprises durant les reconnaissances avec Matt Kuchar, une fois à l’Open de France, l’autre à l’Open d’Ecosse. Il était arrivé un peu fatigué avec le décalage horaire mais cela ne l’a pas empêché de produire un jeu très consistant. Il tapait très droit. Son petit jeu était excellent. J’ai joué une fois aussi avec Tyrrell Hatton. Même si j’ai partagé des parties avec des gars plus forts que lui, je trouvais qu’il avait déjà une attitude de champion. 

Et si c’était à refaire ?
Je changerais plein de trucs. Comme je l’ai dit, je pense que je serais un peu plus rigoureux sur ma préparation physique, je m’installerais dans un pays au soleil pour créer ma base… C’est toujours facile à dire mais quand on a une famille, c’est un peu plus compliqué. Mais c’est vrai qu’il y a plein de choses que je ferais différemment.  


Par Lionel VELLA
22 février 2022