Les stats à la loupe

Scrambling, strokes gained, sand saves, greens en régulation et fairways touchés… Dans cette série en six épisodes, nous vous emmenons à la découverte des statistiques de golf, de leur fabrication comme de leur signification, afin que vous ayez toutes les clés à l’aube de la saison 2022.

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Les stats à la loupe (1/6) : d’abord, un peu de vocabulaire

Scrambling, strokes gained, sand saves, greens en régulation et fairways touchés… Dans cette série en six épisodes, nous vous emmenons à la découverte des statistiques de golf, de leur fabrication comme de leur signification, afin que vous ayez toutes les clés à l’aube de la saison 2022. Premier volet : mettons-nous déjà d’accord sur les termes.

Le golf fait partie de ces sports où il est possible de faire des statistiques sur, pour ainsi dire, tout. Et donc d’en multiplier les catégories à l’envi. Stats individuelles, sur un seul tournoi ou l’ensemble d’une saison, générales ou cantonnées à un secteur de jeu ; stats collectives à l’échelle d’un circuit ou d’un classement mondial, données issues d’un radar ou autre appareil électronique… Même les parcours ont leurs stats, c'est dire.

Bref, pour ceux qui ne suivraient pas le golf de manière tout-à-fait assidue (et même un peu pour les autres, à vrai dire), une compilation, bien sûr non exhaustive, des termes et de leur signification peut s’avérer utile.

Les plus courantes

Commençons doucement, avec les compartiments dont vous avez, sans nul doute, déjà entendu parler. Les fairways touchés et greens pris en régulation entrent dans cette catégorie. Le principe est simple : si votre mise en jeu trouve le fairway sur un par 4 ou 5, cela compte comme un fairway touché. Si, sur n’importe quel trou, votre balle arrive sur le green en vous laissant deux putts pour le par, le green est pris en régulation. À la fin de votre partie, il vous suffit de calculer le pourcentage dans chaque cas.

Autre statistique courante : le "scrambling". Autrement dit la capacité à sauver le par lorsque vous avez loupé le green en régulation (à faire approche-putt, en d’autres termes). Le scrambling possède une variante spécifique aux bunkers : le "sand save". Le principe est le même, mais ramené aux seuls cas où la balle du joueur trouve un bunker. À chaque fois, le pourcentage indique la fréquence avec laquelle le joueur sauve son par après sa légère mésaventure.

La moyenne de score est également une statistique scrutée de près dans le haut niveau. Le principe est simple au possible : compiler tous les scores en stroke play d’un joueur ou d’une joueuse, et en faire la moyenne. En outre, les distances couvertes par chaque club du sac pour un joueur ont également leur importance, et sont généralement exprimées "au carry". Comprenez par là la distance au vol, sans tenir compte de la roule de la balle, qui peut varier énormément. Exemple avec l'actuel n°1 français, Victor Perez :

Les moins connues

Depuis plusieurs années et l’avènement des outils numériques, il est possible d’établir des statistiques moins triviales. Ainsi, le "strokes gained" est une donnée de plus en plus usitée. Le principe général est d’essayer de mesurer combien de coups un joueur gagne ou perd sur le reste du champ. Cette statistique peut aussi bien être établie de manière brute que focalisée sur un secteur de jeu en particulier (quant à son calcul et ses possibles interprétations et utilisations, ils feront l’objet d’un épisode dédié).

Premier des fairways touchés et troisième des greens en régulation, Jon Rahm mène la catégorie "ball striking" du PGA Tour en 2020-2021. (Photo Rolex)

Les fairways touchés et greens pris en régulation, évoqués plus haut, peuvent également être regroupés pour former ce que l’on nomme le "ball striking" (la frappe de balle, en français), autrement dit la capacité à être précis du tee au green. Sur le PGA Tour, par exemple, cela s’obtient en additionnant les places du joueur au classement des fairways touchés et des greens en régulation. Ainsi Jon Rahm, ayant terminé premier des fairways et troisième des greens sur la saison 2020-2021, mène la danse en catégorie "ball striking" avec un indice de 4.

Être sur le green c’est bien, mais à haut niveau, où les pars font rarement gagner, se mettre près des trous pour rentrer des birdies, c’est mieux. Ainsi, sur les grands circuits professionnels, chaque balle étant localisée à chaque coup par des personnes dont c’est le travail (appelés des "spotters"), il est possible de faire une moyenne de la distance restante après chaque green pris en régulation. Cette moyenne est alors appelée "Proximity to the hole" (proximité au trou).

Les très pointues

Un rapide coup d’œil dans l’onglet "Stats" du site web du PGA Tour permet de se rendre compte qu’avec les capacités actuelles de collecte et de traitement de données, il est possible de multiplier les compartiments statistiques de manière colossale. L'un d'entre eux, favorisée par l’évolution du jeu vers plus de recherche de longueur, est appelée par les Anglo-saxons le "Going for it". Comprenez la propension d’un joueur à attaquer les greens des par-4 touchables au drive, ou les greens des par 5 en deux.

Non seulement est-il possible de mesurer la part de prudence et d’audace d’un joueur, mais aussi le bénéfice qu’il en tire par rapport au par. Et là, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Prenons, mais alors vraiment à tout hasard, Bryson DeChambeau sur la saison 2020-2021 (bon d'accord, ce n'est pas un hasard, c'est le leader de la catégorie...). Non seulement il est le joueur ayant le plus tenté sa chance (dans 77,54 % des cas), mais en plus il en a tiré le plus grand bénéfice : -158 par rapport au par sur ses tentatives, contre -2 sur ses non-tentatives.

Les distances des putts étant même, dorénavant, mesurées au laser sur le PGA Tour, il est également possible de faire quelques mesures fines dans ce compartiment. Ainsi, le "Approach putt performance" mesure l’efficacité moyenne des premiers putts, en termes de distance restante sur le putt de retour.

Enfin, avec l’arrivée des radars, y compris sur les départs lors de tournoi pour apporter encore plus d’informations au téléspectateur, au-delà des données brutes de vitesse de la tête de club ou de la balle, il est courant de voir s’afficher le "smash factor". Cette donnée est justement le rapport de ces deux vitesses, et permet par déduction de déterminer le centrage de la balle sur la tête de club.

Ce petit précis de vocabulaire étant fait, rendez-vous au prochain épisode pour entrer dans le détail des modes de calcul et des analyses.


Par William LECOQ
13 janvier 2022