Sur le sac

Indissociable. C’est sûrement le terme qui correspond le mieux lorsqu’il s’agit de parler de la relation d’un joueur avec son cadet. Même si c’est le joueur qui tient les clubs et tape les coups, toute la réflexion en amont, le travail de préparation et les échanges au quotidien sont rythmés par le cadet. Dans cette série, entrons dans l'intimité et le quotidien de personnages du golf qu'on ne peut mettre au second rang.

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Sur le sac #1 : Sebastien Clement

Premier épisode d’une série consacrée aux cadets et c’est à la rencontre de Sebastien Clement que nous partons. Sur le sac de l’une des plus prometteuses joueuses tricolores, Pauline Roussin-Bouchard, l’ancien cadet de Julien Guerrier s’est livré sur son quotidien avec la Varoise.

Seb Clement et PRB à Evian en 2021. Crédit/AFP

Indissociable. C’est sûrement le terme qui correspond le mieux lorsqu’il s’agit de parler de la relation d’une joueuse avec son cadet. Même si c’est la joueuse qui tient les clubs et tape les coups, toute la réflexion en amont, le travail de préparation et les échanges au quotidien sont rythmés par le cadet. 

Un choix à faire ou plutôt un défi à relever

Auparavant en compagnie de Julien Guerrier sur le DP World Tour, « Seb Clément » passe aujourd’hui la plupart de son temps avec Pauline Roussin-Bouchard aux États-Unis. Lorsqu’il n’y a pas de tournoi, il rentre en France où il continue d’exercer sa seconde casquette, celle d’enseignant au domaine de la Valdaine. Il semble avoir trouvé un nouvel équilibre entre sa vie de famille en France et sa vie de cadet professionnel avec la Varoise. Mais alors comment s’est fait cette rencontre ? Qu’est-ce qui a convaincu Sébastien de tenter une nouvelle aventure avec celle qu’on annonce comme une future grande du golf tricolore ? Il répond à ces questions avec détachement, comme si une bonne étoile s’était posée sur lui : « J’ai reçu un appel de Patricia Meunier-Lebouc autour de Noël 2020 qui me disait qu’elle avait une joueuse qui cherchait à faire des rencontres avec des cadets pour un futur passage pro. Ensuite, quelques jours plus tard, Pauline m’a appelé directement et elle m’a expliqué son projet qui était déjà bien clair dans sa tête à cette époque. »

S’en suivent deux jours d’entraînement à Montpellier avec Alain Alberti, son coach, et la rencontre entre les deux protagonistes. Pauline expose son calendrier. Elle est encore amateur à ce moment-là mais de grosses échéances l’attendent. Elle veut tester sa complémentarité avec Sébastien jusqu’aux cartes du LPGA Tour, son objectif ultime de 2021 : « Elle m’a dit : j’ai trois tournois à jouer. L'Augusta National Women’s Amateur, Évian et enfin les cartes du LPGA Tour, et je veux être prête pour arriver en plein forme aux cartes. Moi je bossais toujours avec Julien Guerrier mais j’ai pu me libérer pour ces dates et ça a plutôt bien fonctionné. »

Les résultats sont bons. Pauline passe tout proche de la gagne à Augusta, franchi le cut à Évian et termine deuxième des cartes du circuit américain avec un niveau de jeu ahurissant. Derrière, c’est un choix compliqué qui s’offre donc à Sébastien. Un choix qu’il a tourné comme une opportunité et une nouvelle route à emprunter : « Ce n’était pas facile de faire ce choix, car Julien avait gardé sa carte donc j’aurais très bien pu continuer de bosser avec lui, mais j’ai été impressionné par le cadre et l’organisation de Pauline. Tout était tourné vers la performance et ça m’a donné envie de vivre cette aventure avec elle. J’ai trouvé de la fraîcheur dans cette joueuse. Elle a toujours le sourire, toujours la forme et l’envie. Ça fait quinze ans que je fais ce boulot et je n’avais jamais vu ça. »  

On sait qu’une relation cadet joueuse peut fluctuer mais pour l’instant il n’y a rien à redire.

Des débuts prometteurs

Ça y est, c’est parti ! Pauline et Sébastien sont maintenant liés pour ce début de carrière pro. Un lancement qui est d’ailleurs plus que positif. Pauline Roussin-Bouchard est dans sa « rookie year » et ses premiers résultats sont convaincants. Une 18e place d’entrée à Boca Rio puis un top 10 avant un premier cut manqué. Derrière, pour son premier Majeur sous le statut de professionnelle à Rancho Mirage, la Varoise termine à une honorable 35e place : « Depuis le début de la saison ça se passe plutôt bien. On a fait des bons résultats même si au Chevron Championship on a eu du mal sur les par 5. Je sens qu’il y a une marge de progression assez importante donc je ne suis pas du tout inquiet pour la suite. On prend petit à petit nos marques mais c’est très facile de travailler avec Pauline. Je suis juste là pour apporter mes arguments sans mettre en avant de points négatifs. Et lorsqu’on n’est pas d’accord c’est toujours elle qui a le dernier mot. Elle a déjà cette capacité à ne pas se faire “bouffer“ par le cadet. C’est elle qui décide. »

Du caractère sur le parcours et en dehors. À en écouter Sébastien, Pauline a de l’ambition. Elle sait ce qu’elle veut et met tout en place pour réussir : « Pour l’instant il n’y a rien à redire sur nos débuts. Son projet me plaît. Elle le gère avec beaucoup de recul et de réflexion. Elle est prête à assumer ce statut d’espoir du golf féminin et c’est presque rassurant de voir que la joueuse a les épaules pour ça. Elle fait tout comme il faut et je pense que dès cette année elle va jouer des dernières parties sur le LPGA Tour et aura des opportunités de gagner. Elle en est largement capable. »


Par Romain MURAILLE
18 avril 2022