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Le golf santé : Une béquille face au vieillissement

À l’occasion de la journée mondiale de la santé, le docteur Paul Voglimacci-Stéphanopoli, auteur d’une étude sur le thème du golf santé, nous a livré ses enseignements et des chiffres positifs sur la pratique du golf pour les Français de plus de 60 ans.

18 trous, c'est l'équivalent de 10 000 pas soit la quantité recommandée par jour. Cavanimages / Romain Bouville
Paul Voglimacci-Stéphanopoli, médecin généraliste et golfeur.

On entend souvent que le golf n’est pas un sport, qu’il ne participe pas plus que ça à la bonne santé de ses adeptes et que sa pratique est finalement insuffisante pour être bénéfique. Tout ça, c’est faux. En tout cas c’est ce qu’a prouvé le docteur Paul Voglimacci-Stéphanopoli dans une étude très sérieuse réalisée sur une base de 2880 participants dont 86% d’entre eux étaient âgés de 60 à 75 ans. Une base solide qui colle avec celle de nos licenciés en France dont près de la moitié ont plus de 60 ans : « Je suis parti d’un constat finalement assez simple. On remarque que le vieillissement naturel de la population est bien là. En 2050, 26,7% de la population française aura plus de 65 ans et j’ai observé que les gens ne faisaient plus rien alors qu’ils ont de plus en plus de temps », explique le Dr Voglimacci.  

De ce constat découle également la mission du médecin. La mission de tous les jours : prescrire aux patients les meilleurs soins et les meilleurs conseils pour atteindre et suivre les recommandations de l’OMS. Vieillir en bonne santé c’est pratiquer une activité d’intensité modérée 150 à 300 minutes par semaines (ou activité soutenue 75 à 150 minutes/semaine) et lutter contre la sédentarité en passant maximum 3 heures par jour assis. Des chiffres simples à atteindre lorsqu’on pratique le golf et ce qui est ressorti de l’étude du docteur, lui aussi golfeur, est plutôt très positif : « En France, dans la population générale, moins de 2/3 des plus de 60 ans répondent à ces critères. Dans mon étude, sur les golfeurs tricolores de plus de 60 ans, 86 % répondent aux recommandations et 32% ont un niveau de sédentarité faible. »

En étant médecin, on peut prescrire le sport sur ordonnance et le golf a sa place en tant qu’activité physique adaptée.

Conclusion simple et concrète : le golf, considéré comme une pratique à intensité modérée, permet aux plus de 60 ans de suivre les recommandations de l’OMS. À noter également, et c’est impressionnant, que la plupart des pratiquants de plus de 60 ans en France jouent beaucoup. Le temps de jeu moyen par semaine est estimé à 10,6 heures.

La balance entre les bénéfices et les risques est largement à l’avantage des bénéfices. Mis à part les blessures qui interviennent à 0,28 reprises pour 1000 heures de jeu, rien d’autre ne semble jouer en la défaveur du golf. Bien au contraire. Une étude suédoise a montré qu’à échelle sociale similaire, le golf apporterait 5 ans d’espérance de vie en plus. Il serait aussi favorable à la réduction des cancers, du diabète, améliorerait la force et l’équilibre et réduirait de 20% à 30% les risques de démence et de dépression. Finalement que du positif. Ajoutez à cela le plaisir de la nature, le lien social renforcé et vous obtenez la recette parfaite pour vieillir en bonne santé. D’ailleurs, on ne parle que des plus de 60 ans mais c’est aussi valable pour les plus jeunes. Vous auriez tort d’attendre 60 ans pour vous mettre au golf, bien au contraire !

(Étude réalisée avec le service de médecine du sport du CHU de Caen et l’université Caen Normandie)


Par Romain MURAILLE
7 avril 2022