Cent quarantième de la Race to Dubai en 2025, Alexander Levy est reparti sur l’HotelPlanner Tour en 2026. Mais ses prochaines sorties, il les fera très vraisemblablement sur le DP World Tour, sur lequel il compte bien revenir en 2027.

Le DP World Tour 2027, c'est par là semble, indiquer Alexander Levy... © Stuart Franklin / Getty Images - AFP

« La classe affaires était complète et les prix des billets d’avion, c’est de la folie. Quatre mille euros pour un aller, faut arrêter ! Là, c’est donc classe économique. Retour aux basiques. » Dans un grand éclat de rire, Alexander Levy s’est envolé vers la Chine ce dimanche 19 avril. Pour sept heures de vol. Destination Shanghai et le Volvo China Open. Un tournoi qu’il connaît par cœur. Ou presque. Ce sera en effet sa neuvième participation. Il l’a remporté à deux reprises. Le 27 avril 2014 à Shenzhen puis le 30 avril 2017 à Pékin.

« Ce sont des styles de parcours qui me correspondent, souffle le Français, 36 ans le 1er août prochain. J’aime bien aller en Chine. Même s’il y a des choses compliquées à gérer comme la nourriture. Mais c’est vrai que j’ai souvent été performant dans ce pays… Je connais aussi ce parcours de Shanghai (le Shanghai Enhance Anting Golf Club, ndlr). Je l’ai joué l’an passé (il avait pris la 36e place). C’est un tracé très sympa. Je serai caddeyé par Hugo Jacquelin, le fils de Raph, qui était déjà avec moi au Kenya. J’ai hâte d’y retourner. »

Cela me faisait un peu peur. Je ne voulais pas prendre le risque de partir trois semaines sans jouer.

C’est peu dire qu’Alexander Levy trépigne d’impatience. Il n’a plus joué en compétition depuis sa 29e place au Magical Kenya Open, le 22 février dernier. Quelques opportunités se sont pourtant présentées à lui. Mais cela ne s’est pas toujours passé comme il le souhaitait.

« On m’a ainsi proposé d’être réserve sur le LIV Golf à Hong Kong, Singapour et en Afrique du Sud, dévoile-t-il, lui qui a pris part aux Cartes du circuit saoudien début janvier en Floride. J’étais dans une période où je sentais que je remontais la pente, mais faire trois semaines de suite sans tournoi, ça allait être compliqué. Cela me faisait un peu peur. Je ne voulais pas prendre le risque de partir trois semaines sans jouer. Je devais aussi partir en Inde pour disputer les deux tournois de l’HotelPlanner Tour. Ce n’était pas loin de Dubaï. Deux heures et demie de vol seulement. Le premier a été retiré du calendrier en raison du conflit au Moyen-Orient et le deuxième, pour des raisons techniques, je n’ai pas pu y participer. »

On aurait pu aussi le revoir début avril sur l’Asian Tour cette fois, pour le premier International Series de la saison. Le Varois domicilié à Dubaï depuis la fin de l’année 2024 bénéficiait ainsi d’une invitation des organisateurs. Mais il n’a pas réussi à obtenir son visa dans les temps. D’autant plus dommage que les deux tournois prévus dans les Émirats arabes unis mi-avril sur l’HotelPlanner Tour ont été décalés à septembre en raison aux tensions toujours vives au Moyen-Orient.  

Invité au Soudal Open fin mai

Le quintuple vainqueur sur le Tour européen entre avril 2014 et avril 2018 mise par conséquent beaucoup sur ces prochaines semaines. La preuve : dans la foulée du Volvo China Open, on pourrait le retrouver du côté d’Antalya, au Turkish Airlines Open (30 avril-3 mai) dont Martin Couvra est le tenant du titre. Il a aussi coché l’Estrella Damm Catalunya Championship (7-10 mai).  

« J’ai peut-être des chances de jouer les prochains tournois sur le DP World Tour, confirme-t-il, malgré une catégorie 20 peu attractive. On va voir. Je suis pour l’instant sixième réserve en Turquie (au 20 avril). Je pense que ça va passer. Il y a aussi cette possibilité d’aller en Espagne juste après. Pour le moment, ce ne sont encore que des suppositions. Mais il est évident que si tout ça se réalise, ce serait une belle petite série de tournois sur le DP World Tour... »

D’autant que Michael Jones, le directeur du Soudal Open (21-24 mai), lui a d’ores et déjà assuré une invitation. Ce serait en effet un joli quatre à la suite sachant qu’il n’est pas qualifié pour le PGA Championship qui aura lieu du 14 au 17 mai au Aronimink Golf Club, en Pennsylvanie.

Je ne me fais pas de plan, je vais vivre au jour le jour, essayer de donner le meilleur de moi-même.

Si tout cela se concrétise, quid alors de l’HotelPlanner Tour, son circuit domestique cette année puisqu’il a perdu sa carte du Tour européen à l’automne dernier ? Rappelons qu’il n’a pas encore joué le moindre tournoi en 2026 sur la deuxième division européenne. Le gros de la saison va débuter le 7 mai en Italie. Et toutes les semaines ou presque, il y aura un tournoi au programme (23 en 24 semaines).

« Honnêtement, je ne sais pas encore comment je vais planifier ça, nous avoue-t-il doucement. Cela va dépendre de mes prochains résultats sur le DP. À partir du mois de mai, il y a beaucoup de tournois au programme, c’est vrai. Mais je ne me fais pas de plan, je vais vivre au jour le jour, essayer de donner le meilleur de moi-même. On fera les comptes en fin de saison ! »

Si je ne parviens pas à décrocher une catégorie de jeu, c’est que je n’ai plus le niveau. Il faudra alors peut-être ranger les clubs.

Une stratégie qui pourrait s’avérer néanmoins très dangereuse. Courir plusieurs lièvres à la fois et rester à quai des deux côtés à la fin de l’exercice, d’autres ont déjà payé pour vivre ce genre de mésaventure. Alexander Levy est parfaitement conscient du risque qu’il prend.

« Oui, je sais que c’est dangereux, souffle-t-il. J’arrive à un stade de ma carrière où je n’ai plus rien à prouver à personne. J’ai juste envie de me faire plaisir. Si c’est pour partir de chez moi et de ne pas être épanoui, ne pas être heureux, ça ne sert à rien de faire ces choix-là. Forcément, il y a des risques. Mais c’est un choix qui est néanmoins réfléchi. Et il n’y aura aucun problème à accepter ce qui peut se passer en fin de saison. »

« Si je ne parviens pas à décrocher une catégorie de jeu, c’est que je n’ai plus le niveau, reprend-il, le ton devenant plus sérieux encore. Il faudra alors peut-être ranger les clubs. Ce sont des questions que je ne me pose pas, mais ce sont aussi des questions que j’accepte sans problème. Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur. En tout cas, si je joue mon meilleur golf, je sais que j’arriverai au niveau où je dois être. Je ne vais pas non plus me fermer la porte sur l’HotelPlanner Tour. Que ce soit bien clair. Si je gagne un tournoi ou si j’ai de bons résultats, ça va au contraire me dynamiser encore plus. Si j’ai de bons résultats sur le Tour, je jouerai sur le Tour. Je sais aussi que pour les dix derniers tournois sur le Tour, si tu es dans les cent premiers du ranking, on t’invite au fur et à mesure. Ma priorité, c’est de retrouver un bon niveau de jeu, un bon état d’esprit, peu importe sur quel circuit je suis. Je sais alors que les résultats suivront. »

En décembre dernier, à l’AfrAsia Bank Mauritius Open, il a ainsi prouvé que son jeu flamboyant n’avait pas disparu du jour au lendemain. Durant quatre tours, il a été dans le coup pour la gagne, se retrouvant même en dernière partie le dimanche. Avant de prendre une très encourageante 7e place finale.

« Maurice, ça a été un super tournoi pour moi, résume-t-il. Je me suis retrouvé avec des gars plutôt en forme comme Jayden Schaper, Casey Jarvis... L’Américain Ryan Gerard a lui aussi fait impression là-bas (battu en play-off par Schaper). J’étais face à des joueurs en forme et j’ai rivalisé avec eux. Cela m’a redonné de l’envie, de l’ambition aussi et surtout j’ai retrouvé la niaque. Je me suis beaucoup entraîné ces derniers mois, comme à la grande époque. Bref, j’y crois encore. Sinon, je n’aurais pas fait tout ça. »

De passage en France pendant quelques jours une fois le trafic aérien rouvert à Dubaï malgré les répliques des drones et autres missiles iraniens dans tout le Golfe persique, Alexander Levy a pu compter sur la maestria d’Alexandre d’Incau, un clubmaker reconnu dans le milieu. Il lui a confectionné un sac prêt pour la bagarre !

« Il a fait un travail fantastique, conclut-il. J’en ai profité aussi pour aller voir mon coach, Raphaël Jacquelin, à Massane (34), et ma famille dans le Sud de la France. Je suis allé également rendre visite à mon sponsor de toujours, Magnus Konow, qui est un soutien précieux pour moi. Pour tous ces gens qui n’ont jamais douté de moi, je me dois de répondre présent ! »