Pour la première fois de sa carrière, Lois Lau prend le départ d'un tournoi du Grand Chelem à l’occasion de l’U.S. Women’s Open au Riviera Country Club (Los Angeles). Une semaine forcément particulière entre rêve et concrétisation.
Il y a des semaines qui ressemblent à un accomplissement. D'autres qui ressemblent davantage à un point de départ. Pour Lois Lau, le 81e U.S. Women's Open est probablement un peu des deux. À 23 ans, la professionnelle depuis deux ans maintenant s'apprête à franchir une étape importante de son jeune parcours en prenant le départ de son tout premier Majeur. Une place gagnée au détour d'une qualification décrochée à la mi-mai en Angleterre. De la sorte, elle s’est offert le droit de rejoindre Céline Boutier et de se mesurer, en périphérie de Los Angeles, à l'élite mondiale. « Je suis très heureuse d'être ici », souriait-elle d’emblée à la sortie de sa deuxième journée de reconnaissance, ce mardi. « C'est vraiment une ambiance d’un tout autre niveau. Les joueuses sont toutes concentrées de leur côté, c’est très différent de ce que je connais. » Pourtant, l’ex-étudiante de l’université Texas Christian University (TCU) à Fort Worth a retrouvé quelques visages familiers comme celui de Carla Bernat Escuder et autres consoeurs affrontées en tournois universitaires quelques années plus tôt. Comme l’Espagnole et la licenciée de Fontainebleau, elles sont 41 golfeuses au total à effectuer cette semaine leur baptême dans ce tournoi. Un nombre qui, à sa découverte, a légèrement aidé Lois Lau à relativiser l'ampleur des écarts. « Je me suis dit que j’étais un peu la petite nouvelle et que j’avais très peu d’expérience à ce niveau de compétition par rapport aux autres filles. Mais finalement, je vois que je ne suis pas la seule. »
Au coeur de cette découverte, la Tricolore ne boude pas son plaisir de croiser celles qu’elle avait l’habitude d’observer à la télévision jusque-là. « J’ai vu Nelly Korda, Michelle Wie, Lydia Ko ou Charley Hull et, forcément, je n’ai pas pu m’empêcher de m’arrêter pour les regarder quand je les apercevais » raconte-t-elle. Mais loin de toute intimidation, son regard était empli d’admiration. « Finalement, moi aussi je suis là, on est dans le même lot, donc j'ai tout à gagner de croire en mes chances. » Une façon de rappeler que cette semaine n'est pas seulement une récompense, mais également une étape vers les objectifs qu'elle nourrit pour la suite de sa carrière.
Le Riviera Country Club, un test olympique
Pour cette édition 2026 organisée sur le futur tracé olympique de Los Angeles 2028 et bâti par cent années d’existence, la vainqueur du Jabra Ladies Classic en mars dernier sur le Sunshine Ladies Tour a découvert ce qui fait le caractère des U.S. Open. « On m'avait dit que les parcours étaient préparés très difficiles et effectivement, ici, les roughs sont très épais et les greens rapides. La stratégie va consister à jouer des zones sûres, s’appuyer sur les pentes plutôt que de viser les drapeaux directement. Ça va aussi être un marathon mental » annonce-t-elle. Studieuse dans sa préparation, la jeune Française a pris le temps de décortiquer de nombreuses vidéos et d’étudier les lieux à partir des ressources qu’internet avait à offrir. Sur place, ses notes se sont étoffées à travers « l’espionnage » de ses homologues. Ce mardi, c’est aux côtés de Linn Grant que la reconnaissance des neuf derniers trous s’est faite. « Je l’ai beaucoup regardée au chipping parce que cette herbe très spécifique, le kikuyu, demande une technique de jeu différente. Le petit jeu sera essentiel en fait. »
Profiter pour mieux performer
Malgré toute la rigueur professionnel qu’elle s’impose, Lois Lau n’oublie pas de savourer le caractère exceptionnel de sa semaine. Un premier U.S. Women’s Open se vit. Attentive à l’ambiance et au « traitement de reine » reçu, la joueuse s’épanche tout autant avec sa famille présente pour l’entièreté de l’événement. Son père et son coach, Sam, est comme à l’habitude présent au sac. « Il s’est préparé physiquement pour tenir quatre tours ! À la maison, il faisait ses exercices où il se mettait debout, il portait ses poids, décrit non sans plaisir sa fille. Tout ça pour muscler ses petits bras (rires). » Derrière elle, sa maman et ses anciennes partenaires de l’équipe de TCU sont aussi du voyage. Des présences précieuses pour elle. « Une fois que l’on a fini une partie ou un entraînement, on part visiter un peu Los Angeles. Lundi, on a même fait un passage par la boutique officielle du tournoi : je me suis pris une casquette, un cover de driver, un t-shirt… » À propos de sa performance visée : « Mon objectif, c'est bien sûr de faire de mon mieux et finir le plus haut possible. Passer le cut, je serais déjà très contente. Mais c'est aussi gagner de l'expérience, apprendre sur moi-même et sur mon jeu. Je pense que cette semaine va beaucoup me faire grandir. »
Pendant que Lois Lau découvre cette semaine l'univers des Majeurs, le public pourra également compter sur la présence de Céline Boutier pour vibrer. La numéro une tricolore aborde ce deuxième rendez-vous majeur de la saison dans une dynamique encourageante, après son récent succès au ShopRite LPGA Classic dimanche. Elle tentera elle aussi de succéder à la Maja Stark, tenante du titre. La Suédoise quant à elle, s’attaque à un défi de tailler : conserver son titre. Une réussite que personne n'a relevé depuis un quart de siècle, Karrie Webb étant la dernière en date avec son enchaînement 2000-2001.