Engagé à l'Amgen Irish Open cette semaine à Doonbeg, Antoine Rozner entend surfer sur la belle dynamique de ses dernières sorties sur le DP World Tour, afin de valider au plus vite sa place à la finale du circuit, mi-novembre.
Alors qu'il entame ce jeudi l'Amgen Irish Open sur les links de Doonbeg, Antoine Rozner entre dans la dernière ligne droite de la saison européenne dans une forme prometteuse. Le Français a en effet signé une fin d'été d'une régularité remarquable, avec un enchaînement de trois bons résultats consécutifs depuis sa reprise, mi-août : 13e au Danemark, 21e en Angleterre et 15e en Suisse. « Je suis dans une bonne dynamique. Je fais une saison qui est plutôt régulière », résume-t-il. « En ce moment je fais tout plutôt bien, je tape très bien la balle. Malheureusement, la semaine dernière à Crans, le putting a été absent, mais sinon tout est au vert. C'est toujours agréable, quand on arrive dans une période importante, de se sentir bien dans son jeu. »
La période est en effet cruciale puisque le circuit européen est rentré, à l'occasion du récent Husqvarna British Masters, dans sa dernière phase : le Back 9, qui comprend neuf tournois prestigieux et fortement dotés en points. Pour l'actuel 64e de la Race to Dubai, il va donc falloir convertir les occasions qui arrivent pour valider sa place à la finale du DP World Tour, mi-novembre à Dubaï, où se retrouveront les 50 premiers du classement. « A priori, je vais faire l'impasse sur le Dunhill Links Championship. Et, selon où j'en suis au classement, je jouerai ou pas le Genesis Championship en Corée du Sud », précise-t-il. Malgré l'enjeu, Antoine Rozner savoure ce moment particulier de la saison : « Le Back 9, c'est la période qui est hyper cool : ce sont les plus beaux tournois, les meilleures organisations, c'est là qu'il y a le plus de public, ce sont des parcours très sympas. Donc il y a beaucoup de plaisir à jouer tous ces tournois. »
Concentré sur le fait de bien travailler
Cette bonne saison sur le DP World Tour fait suite à une campagne 2025 passée sur le PGA Tour, où Antoine Rozner évoluait dans des tournois souvent bien plus relevés. Un an plus tard, il tire un bilan globalement positif de sa réadaptation au circuit européen. « D'un point de vue golfique, c'est sûr que c'est différent, parce que la première moitié de saison, on joue des tournois un peu plus petits que ce que je jouais aux États-Unis l'année dernière : forcément, ça a été un pas en arrière », admet-il. « Mais ce n'est pas parce que j'ai vécu une saison difficile là-bas que j'allais baisser les bras ; je suis resté concentré sur le fait de bien travailler, et c'est pour ça que je l'ai plutôt bien vécu. »
Ce temps passé en Europe lui a en effet permis de retrouver plus régulièrement son encadrement technique : son entraîneur Mathieu Santerre, qui se déplace sur les tournois, son mentor Benoît Ducoulombier, qu'il retrouve entre les épreuves, et son coach de putting Jon Karlsen. « Je trouve que j'ai mieux travaillé », estime-t-il. « Et c'est sans doute le plus important pour progresser. » Ce travail semble donc porter ses fruits au meilleur moment, et le Racingman aura à cœur d'en donner une nouvelle preuve cette semaine en Irlande, où il retrouve un plateau de tout premier plan avec notamment Rory McIlroy et Shane Lowry. « On a la crème de la crème qui vient jouer, et c'est sûr que ça fait plaisir », apprécie-t-il. « Après, ça ne change pas grand-chose dans ma façon d'aborder le tournoi : j'essaie de me préparer de la même manière. »
Un père désormais peinard
Au-delà des résultats, cette année marque aussi un tournant personnel pour Antoine Rozner : devenu père d'une petite fille il y a près de six mois, il savoure de pouvoir vivre cette nouvelle étape dans sa vie personnelle en restant basé en Europe. « C'était vraiment agréable de pouvoir vivre ces moments à la maison, proche de ma famille », confie-t-il. Pour un sportif de haut niveau, ce changement est pourtant tout sauf anodin : « Ça change beaucoup de choses. Les semaines à la maison ne sont plus les mêmes qu'avant, les journées sont différentes. Il y a forcément plus de responsabilités, et une organisation différente à trouver. Mais je trouve que je me suis plutôt bien adapté. »
C'est en père désormais peinard qu'Antoine Rozner participera, dans deux semaines, au FedEx Open de France, à l'occasion duquel il jouera pour la première fois la nouvelle version du parcours de l'Albatros. « Les nouveaux trous ont l'air sympas ; je ne les ai pas encore joués mais j'ai vu des vidéos, et j'ai l'impression que ça apporte une belle plus-value », juge-t-il. Pour prolonger sa belle dynamique du moment sous les yeux et les encouragements de toute sa famille, y compris — pour la toute première fois — de sa fille, le golfeur de 33 ans donne rendez-vous du 24 au 27 septembre au Golf National : « Je pense que ça va être une belle édition... J'ai hâte d'y être ! »