Passé en un an de l’Alps Tour au DP World Tour via les Cartes européennes, Quentin Debove a pour objectif en 2026 d’accrocher un droit de jeu plein pour 2027 en finissant dans le top 100 de la Race to Dubai. Ambitieux mais pas impossible !
C’est la période des premières pour Quentin Debove ! Quinze jours après avoir franchi pour la première fois le cut d’un tournoi du DP World Tour (24e du Qatar Masters sans avoir signé une carte au-dessus du par), il va ainsi découvrir cette semaine le Kenya. « C’est la première fois tout court que je pose les pieds au Kenya, précise le jeune Parisien âgé de 24 ans, arrivé à Nairobi dimanche en soir en provenance de Paris. C’est donc la première fois que je joue au golf dans ce pays. »
L’ancien étudiant de Florida State, l’une des universités les plus « puissantes » des États-Unis, a déjà reconnu le parcours du Karen Country Club, de retour au calendrier du Tour européen après avoir accueilli le Magical Kenya Open en 2019 et en 2021. « On a fait les neuf trous du retour aujourd’hui (lundi), souligne-t-il. J’ai été agréablement surpris. Les greens sont bons. Le parcours en lui-même n’est pas super dur. Je pense que ça va scorer bas cette semaine. En termes de météo, on annonce entre 16 à 28 degrés tous les jours avec potentiellement de la pluie du vendredi au dimanche. Le vent restera apparemment plutôt discret. Le parcours est assez bien protégé par les arbres. »
Le golfeur basé au Paris International Golf Club arrive avec quelques certitudes sur son jeu. Son top 25 à Doha après deux cuts manqués à l'île Maurice puis au Bahreïn est un premier indice de sa forme actuelle. « Au Bahreïn, j’ai essayé de tout bien faire, de jouer parfait, mais ce n’est pas comme ça que je fonctionne, explique-t-il. Je joue bien quand je m’amuse et que je suis créatif. Quand je reste moi-même. C’est ce que j’ai fait au Qatar. Et je continue sur la même route. Au bout d’un moment, ça va tomber. »
Malgré la pluie quasi incessante qui s’abat sur la région parisienne depuis plusieurs jours maintenant, et de façon générale sur toute la France, Quentin Debove est malgré tout parvenu à s’entraîner presque normalement chez lui, au PIGC. « Les conditions d’entraînement n’étaient pas exceptionnelles mais on peut s’entraîner à l’abri avec le Trackman. C’est cool. On a réussi à aller trois ou quatre fois sur le parcours. Ce n’était pas si mal. »
En possession d’une catégorie 18 sur le DP World Tour, fruit d’une superbe 7e place décrochée à la finale des Cartes à Tarragone (Espagne) à la mi-novembre, il n’est évidemment pas certain de s’aligner sur tous les tournois à venir au calendrier. À moins de claquer, rêvons un peu, chaque semaine un top 10. Son statut lui permet pour le moment de prendre part à une quinzaine d’épreuves. « Le plus possible, souffle-t-il dans un grand sourire. Mais dans l’idée, l’objectif est d’en faire un maximum. Entre 20 et 25 si tout se passe bien. »
Quinze jours en Floride après le Kenya ?
À moins d’une semaine riche et dense au Kenya, il ne rentrera pas dans le champ des deux prochains rendez-vous en Afrique du Sud. Notamment le South African Open (26 février-1er mars) qui délivrera – pour le vainqueur – un ticket pour le Masters mais aussi trois « passeports » pour The Open du côté du Royal Birkdale en juillet prochain.
« Si je ne finis pas dans le top 10 au Kenya, je ne serai pas en Afrique du Sud, confirme doucement le champion d’Europe par équipes Boys en 2019 à Chantilly. On rentrera à la maison et on essaiera d’aller voir mon coach (voir encadré) basé au TPC Sawgrass, à Jacksonville (Floride). Pendant deux semaines. Et on se préparera pour les dates en Chine (19-22 mars) et en Inde (26-29 mars). »
À ce titre, il n’envisage pas vraiment d’effectuer des « crochets » à l’échelon inférieur, sur l’HotelPlanner Tour. Il faudra toutefois y songer. Et cette échéance pourrait se matérialiser plus tôt que prévu. Dès le 12 mars par exemple avec le premier des deux tournois de la deuxième division européenne organisés en Inde, l’Indorama Ventures Open. « Cela va dépendre de la façon dont on va jouer, le but étant de faire toute la saison sur le DP World Tour, ajoute Quentin Debove. Ce sera probablement trois ou quatre tournois. L’Inde peut être l’un d’eux, avant d’enchaîner avec la Chine et l’Inde. Histoire de s’habituer au climat… Après ? Quand l’HotelPlanner Tour reviendra en Europe à partir du mois de mai ? Comme je l’ai dit, la priorité reste le DP World Tour. Mais si je ne rentre pas (dans le champ), ce sera bien sûr l’HotelPlanner Tour. »
Quatrième de l’ordre du mérite de l’Alps Tour en 2025, seul Français étant sorti indemne des Cartes européennes, présent à la finale des Cartes du PGA Tour début décembre en Floride, les six derniers mois du jeune Tricolore passé professionnel à l’automne 2024 ont été particulièrement intenses. Et il n’y a pas de raison pour que cette dynamique s’inverse. « Cela n’arrive pas tout seul, ce sont des années de préparation, lâche le principal intéressé. Le momentum est avec moi en ce moment. À moi de continuer sur cet élan et appuyer sur l’accélérateur. Et on verra où tout cela nous mènera. Mon objectif en 2026, c’est de pouvoir jouer les Rolex Series en 2027. Pour cela, je dois finir dans le top 100 de la Race. Il faudra donc performer. Mais plus on joue bien, plus c’est facile. Et là en ce moment, on est sur la bonne voie (rires). »
Basile Dalberto au sac pour 2026
Pour l’aider dans cette mission, il pourra compter sur un caddie très expérimenté. Quentin Debove a en effet démarré à la mi-décembre lors de l’AfrAsia Bank Mauritius Open une collaboration avec Basile Dalberto, ancien co-pilote notamment de Matthieu Pavon, du Finlandais Sami Välimäki, d'Alexander Levy, de Julien Brun ou encore plus récemment de Clément Sordet.
« Il m’a contacté juste après les Cartes aux USA, raconte Quentin Debova. Après l’île Maurice, ce n’était pas exceptionnel. Mais on avait besoin de se connaître. Mon système n’est pas forcément commun. Je ne travaille pas de la même façon que les autres. Je travaille beaucoup sur les sensations et les coups que je vois. Au lieu de jouer comme un robot. Des fois, il y a des coups que je vois et qu’un caddie normal ne voit pas forcément. C’est bien qu’on se connaisse le plus vite possible parce qu’il faut me dire exactement quand il faut y aller et quand il ne faut pas y aller. On est encore ensemble au Kenya. Et ça va se poursuivre cette année. On va monter en puissance ! »