Qualifié pour son premier Majeur, Ugo Coussaud est impatient de relever, à partir de jeudi au Shinnecock Hills Golf Club, le défi ultime que propose l'open américain.
Voilà plus de trois semaines - précisément depuis le lundi 18 mai - qu'Ugo Coussaud a validé sa participation au 126e U.S. Open, après un play-off à quatre joueurs pour une seule place remporté à Walton Heath, dans la banlieue londonienne. Pourtant, malgré deux tournois du circuit européen joués dans la foulée en Belgique et en Autriche, puis un passage éclair à Moliets pour participer au pro-am de la Coupe des capitaines, il n'a pas vraiment réussi à reléguer au fond de son esprit l'échéance de son baptême en Majeur. « J'y pense beaucoup, parce que tout le monde m'en parle ! » constate-t-il, amusé, quelques jours avant de prendre l'avion pour New York.
S'il a évolué à maintes reprises sur le sol américain lors de sa carrière universitaire effectuée sous les latitudes septentrionales de l'université Laval à Québec (Canada), c'est bien la première fois qu'il s'apprête à jouer aux États-Unis en tant que golfeur professionnel. « C'est vraiment un environnement nouveau pour moi. Il a fallu mettre les choses au clair, m'organiser au niveau de la logistique et essayer de prévoir, avec mon équipe, les situations qui pourraient se présenter là-bas. En fait, ça a été un peu de boulot presque tout le temps depuis cette qualification », résume-t-il.
Bien entouré
Pour maximiser ses chances de faire une belle semaine, Ugo Coussaud n'a pas hésité à faire venir avec lui à Long Island une escouade importante. Arrivé sur place samedi, il a pris ses quartiers dans une maison de location dans laquelle logent également ses parents, tandis que des amis de France et du Québec ont également fait le voyage pour l'encourager. « Ça va être cool d'être aussi bien entouré, et de revoir certains visages que je n'ai pas vus depuis longtemps ! » apprécie-t-il.
Côté professionnel, en l'absence de son manager Maxime Demory, ses trois coachs (Robin Cocq, Adrien Leurent et Mathieu David) et son caddie (Sébastien Clément) sont tous de la partie. « Si je joue bien en ce moment, c'est aussi parce que tous ces gens-là bossent régulièrement avec moi. Donc il n'y a pas de raison de faire autrement cette semaine... même si le tournoi est un peu plus gros que d'habitude ! » rigole-t-il. « Pour me préparer au mieux, je vais avant tout essayer de faire les choses que je fais bien au quotidien, pour me mettre dans ma zone de confort. »
Un système efficace
Bien que néophyte en Majeur, le joueur formé au golf d'Angoulême-Hirondelle est loin d'aborder cet U.S. Open dans la peau d'un rookie. D'abord parce que, à trente-trois ans dont presque dix de professionnalisme, il évolue dans un système rôdé et efficace. « Un tournoi du Grand Chelem, c'est un environnement que je ne connais pas du tout, mais d'un point de vue golfique, je suis plutôt à l'aise dans mon système en ce moment. Il y a toujours des petites choses qui mériteraient d'être améliorées, mais je travaille et ça avance », estime l'actuel 45e de la Race to Dubai (13 tournois joués, 10 cuts franchis, 3 top 10).
Pour compenser son manque d'expérience à ce niveau, Ugo Coussaud a également pris des informations là où elles étaient disponibles. « J'ai regardé quelques vidéos, comme le dernier tour de Brooks Koepka lors de sa victoire ici en 2018 (cf. ci-dessous). J'ai aussi appelé Matthieu Pavon, qui avait joué cette édition. Il m'a fait un petit topo », indique-t-il, avant de développer : « La principale difficulté, ce n'est pas tant les mises de jeu, mais vraiment les greens, qui sont tous un peu en hauteur, bombés, très fermes, rapides et très pentus. Il faut que l'œil s'habitue à putter peut-être un mètre au-dessus ou en-dessous du trou, en tout cas viser loin de la ligne directe — des choses qu'on n'a pas l'habitude de faire en France. »
Vivement le prochain !
À l'aube d'une semaine forcément particulière, Ugo Coussaud a déjà le sourire aux lèvres, même s'il sait parfaitement que le test réputé ultime de l'open américain va le pousser, comme tous les autres joueurs, dans ses derniers retranchements. « Mon premier souvenir d'U.S. Open, c'est la victoire de Graeme McDowell devant Grégory Havret à Pebble Beach en 2010. Depuis, j'ai regardé tous les ans, parce que pour moi ce tournoi est l'un des plus intéressants qui soient : j'aime bien voir les meilleurs joueurs du monde galérer, prendre des bogeys ; je trouve ça plus sympa à regarder que des gars qui envoient -25 ou -30 », juge-t-il.
À son tour, l'Angoumoisin s'apprête à galérer. Les parties d'entraînement (lundi avec l'Américain Keegan Bradley, mardi avec son compatriote Adrien Saddier et les Fitzpatrick, mercredi avec les mêmes frangins anglais et l'Espagnol Rocco Repetto Taylor) lui auront sans doute permis de mieux cerner ce qui l'attend, d'apprécier ce qui différencie un Majeur de n'importe quel autre tournoi de golf, et d'en redemander. « Le prochain Grand Chelem que j'aimerais jouer ? Tant qu'à faire, le British Open dans la foulée ! » conclut-il avec sagesse.