L'histoire du club sarthois, niché dans le virage de Mulsanne, est intimement liée à la mythique course automobile d'endurance, qui fait la fierté du Mans depuis plus d'un siècle.
Tous les ans à la mi-juin depuis plus d'un siècle, Le Mans et les communes avoisinantes vivent au rythme des 24 Heures, la mythique course automobile d'endurance née en 1923. Alfa Romeo, Ford, Ferrari, Porsche, Bentley, Jaguar, Aston Martin, Renault, Audi, Peugeot, Toyota : sans exception, tous les grands constructeurs du monde sont venus - et viennent encore - s'affronter durant une rotation terrestre sur le circuit de la Sarthe. Au fil des 13,626 kilomètres, les difficultés auxquelles sont confrontées les pilotes sont elles aussi entrées dans la légende : ligne droite des stands, courbe Dunlop, Esses, Tertre rouge, Hunaudières, Mulsanne, Indianapolis, Arnage, Porsche, Maison blanche, chicane Ford et de nouveau à fond vers la ligne d'arrivée !
L'histoire du golf au Mans, à l'intérieur même du circuit, est un tout petit peu plus récente, mais à peine, puisque c'est en 1934 qu'un premier parcours a été créé. « Peu après la naissance de la course, le golf s'est imposé comme un besoin, sous l'influence des gentlemen drivers, principalement anglais, qui ont poussé pour qu'un parcours soit construit », indique Marc Pétel, ancien président du club. Sous l'impulsion de Georges Durand, secrétaire de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO, la société organisatrice de la course), neuf trous sont dessinés sur une belle lande sablonneuse, derrière les stands de ravitaillement, près de la tribune de la ligne droite d'arrivée.
Un camp de prisonniers durant la Guerre
Après quelques années seulement, la pratique du golf subit un coup d'arrêt en raison du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et le parcours et le club-house finissent par être détruits par l'occupant allemand en 1942.
Quelques kilomètres plus au sud, sur un terrain à l'intérieur du virage de Mulsanne qui sera utilisé vingt ans plus tard pour accueillir le golf renaissant, le conflit laisse de plus importantes cicatrices, dont quelques bâtiments en ruine constituent aujourd'hui les ultimes témoignages visibles. Sur cette lande parsemée de bruyères et de pins, l'armée britannique implante un camp de cantonnement en prévision de la bataille de France. Évacués en juin 1940 après la défaite, les lieux sont aussitôt repris par les envahisseurs, qui les en font un Frontstalag (camp de prisonniers), puis un camp d'internement de nomade et de Juifs. À la Libération, les Alliés utilisent à leur tour le camp de Mulsanne pour la détention d'officiers allemands.
Ce n'est qu'en 1947 que les terres sont restituées à leur propriétaire. Deux ans plus tard, l'ACO réussit enfin à faire redémarrer sa course, mais le golf devra patienter...
De Golf Club du Mans à Golf des 24 Heures
Toujours sous l'impulsion de l'Automobile Club de l'Ouest et de son président de l'époque Jean-Marie Lelièvre, le Golf Club du Mans finit par se doter d'un nouveau terrain de jeu en 1961, dont la construction est financée par vingt-neuf membres fondateurs, tandis qu'un joli club-house à étage est construit aux frais de l'ACO. Situé au bout de la ligne droite des Hunaudières, le tracé de 9 trous est inauguré en mars 1962 en présence de deux des meilleurs pros français de l'époque : Jean Garaïalde et Jean-Claude Harismendy.
La vie du club reprend alors son cours, jusqu'à ce que le besoin d'un agrandissement se fasse sentir. « En 1978, les membres du golf se sont associés pour réaliser une extension du parcours à 18 trous », précise Marc Pétel. Confiés à l'architecte britannique Frank Pennink, les travaux aboutissent à la création de neuf nouveaux trous (les n° 9 à 17 actuels), portant le tracé à un par 70 de 5742 mètres. En 1998, un nouveau bail est signé avec l'ACO et le golf prend alors son nom actuel : « Golf des 24 Heures - Golf Club du Mans ».
Aux premières loges pour voir la course
Dernière étape marquante de son développement, la construction d'un nouveau club-house est décidée en 2009 et réalisée l'année suivante, toujours grâce à la symbiose entre l'ACO, propriétaire du foncier et des bâtiments, et l'association qui gère le terrain et la vie sportive. « Le vieux club-house des années 60 a fini par faire son temps », explique Marc Pétel. « Le président de l'ACO, Jean-Claude Plassart, m'a demandé si on pouvait faire quelque chose ici afin de disposer d'un espace de réceptif supplémentaire pour la course, et aussi pour relancer la tradition du club des anciens pilotes. Partenaire des 24 Heures, Rolex a participé au financement de la construction de cet endroit, qui sert depuis d'espace d'hospitalité le soir de la course. » La boucle, ou plutôt le tour de piste, est enfin bouclée !
Fort de ces nouveaux atouts, le Golf des 24 Heures s'est taillé ces dernières années une belle réputation de club sportif, accueillant sur un parcours apprécié de tous de grandes compétitions nationales : la Ganay en 2022, le trophée Jean-Louis Dupont en 2024, et la Golfers' cette année. « On a régulièrement un Grand Prix Jeunes Majeur au printemps, et notre Grand Prix qui se joue en octobre réunit un champ qui ne cesse de progresser », ajoute Marc Pétel, sans omettre de mentionner les fameuses 24 Heures de golf, l'incontournable marathon golfique local disputé par équipes de six en greensome. « Pour un golf associatif de province qui n'a que quatre jardiniers et un apprenti pour entretenir 47 hectares, c'est plutôt une belle performance ! »