On dit championnat de France amateur par équipes, mais de quel niveau de jeu parle-t-on exactement ? De celui des bons joueurs du dimanche ? Des champions du club ? Des pros ? Clairement, plutôt la troisième solution. Explications.

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La Gounouilhou 2026 se déroule jusqu'à dimanche, à Omaha Beach. © Lucas Hélin / ffgolf

En chiffres

Mettons tout de suite de côté une intuition que pourraient avoir celles et ceux qui ne sont pas habitués à suivre les championnats de France amateurs par équipes de première division. Imaginez un joueur, qui joue dans un golf dont le parcours est de difficulté faible à modérée, qui est aux environs de 6 ou 7 d’index, et qui, dans les jours où il est en forme, sur son propre parcours, peut claquer un +4 ou +5 lors de la compétition du dimanche. Ce joueur, s’il conserve ce niveau, peut-il un jour prétendre à jouer dans une équipe de Gounouilhou ? Réponse sans équivoque : même pas à peu près.

Pour se donner un bon repère, parlons d’abord des index. Ce mercredi, à l’Omaha Beach Memorial Golf Club, lors du premier tour des qualifications du trophée Gounouilhou (si ce nom vous paraît curieux, il est expliqué ici), 96 joueurs étaient sur le terrain. Parmi eux, seulement trois ont officiellement un index au-dessus de 0. Et n’allez pas imaginer du 3 ou 4, non. En Gounouilhou, pas de place pour les demi-sels. Le plus haut est à 0,6. Tous les autres joueurs ont donc des index négatifs (c’est expliqué ici), la palme revenant à Lev Grinberg, de Saint-Nom-la-Bretèche, flashé à +5,6. Il faut dire que le bonhomme est membre de l’équipe de France amateur Messieurs, et actuellement 86e au classement mondial amateur.

Le haut du panier

Le trophée Gounouilhou est justement, chaque année, une très bonne occasion de voir à l’œuvre, en même temps et sur le même parcours (voire face à face) les meilleurs amateurs français. Et par meilleurs amateurs, il faut entendre les probables futurs meilleurs pros.

Pour illustrer cela, jouons à un jeu. Prenons les Tricolores qui prennent le départ, ce jeudi, de l’Austrian Alpine Open, sur le DP World Tour. Martin Couvra a gagné deux fois la Gounouilhou, en 2021 avec Terre Blanche et en 2023 avec Cannes-Mougins. Alexander Levy l’a gagnée en 2009 avec Ormesson. Clément Charmasson l’a jouée avec La Ramée. David Ravetto et Antoine Rozner ont tous les deux arboré le ciel-et-blanc du RCF La Boulie à de multiples reprises. Jeong weon Ko l’a remportée en 2019 avec Bussy. Ugo Coussaud en a été finaliste avec son Golf Club de l’Hirondelle d’Angoulême, en 2013. Romain Langasque l’a gagnée en 2015 avec Bordeaux-Lac. Tom Vaillant en a été demi-finaliste plusieurs fois, avec Saint-Donat puis avec Cannes-Mougins. Quant à Tom de Herrypon, joueur encore amateur qui a gagné sa place cette semaine en remportant les Internationaux d’Autriche, il faisait carrément partie de l’équipe de Saint-Nom-la-Bretèche victorieuse l’an passé. À ce stade, logiquement, vous avez compris qu’il n’y avait ni hasard ni chance là-dedans.

L’édition 2026 voit évoluer, outre Lev Grinberg, des membres du collectif Messieurs français tels qu’Octave Bailo, Hugo Le Goff, Noa Auch-Roy, Louis Anceaux ou Aaron Van Hauwe. Des noms que l’on pourrait tout à fait retrouver, plus tard, sur les meilleurs circuits professionnels du monde.

Martin Couvra (au premier rang, à gauche) faisait partie de l'équipe de Cannes-Mougins victorieuse de la Gounouilhou en 2023. © Alexis Orloff / ffgolf

Le reste n’est pas mal non plus

Les meilleurs joueurs sont donc ce qui se fait de mieux dans le golf amateur français. Mais les autres, alors ? Des bons petits joueurs du dimanche ? Toujours pas. La majorité de la population des joueurs de la Gounouilhou est constituée de joueurs qui, soit sont encore jeunes mais dont l’avenir révélera qu’ils n’ambitionnent pas de passer professionnels, soit ont déjà rejoint la catégorie d’âge mid-amateur (à partir de 25 ans), et donc, en toute logique, ont déjà choisi de garder ce statut ad vitam æternam. « Dans mon équipe, à part Louka Morin, je n’ai que des gars qui travaillent : un maçon, un pompier, des fitteurs, etc., énumère Benoît Teilleria, coach des Boys français à l’année, mais cette semaine coach de l’équipe basque de La Nivelle (tiens, au passage, lui aussi est un ancien joueur du Tour européen qui était passé, auparavant, par la Gounouilhou). C’est sûr que leur entraînement est inférieur à celui des jeunes qui ne font que ça, mais ça reste un très très bon niveau amateur. Et on sait très bien qu’en match, il peut tout se passer. »

Néanmoins, pour être retenu dans une équipe de Gounouilhou, il n’y a pas d’autre choix que de maintenir un haut niveau de golf. « Avant, si on avait une moyenne de score à +3 par joueur sur 18 trous, on était sûr d’être dans les huit premiers de la qualif, explique Cyril Miranda, le coach du RCF La Boulie. Aujourd’hui, on se rend compte que ce n’est plus du tout le cas, et le niveau augmente d’année en année. Les joueurs mid-amateurs doivent donc maintenir leur niveau au maximum, ils ne peuvent plus se reposer sur leur seul talent. Il n’y a plus la place pour les surdoués qui ne travaillent pas, ni pour les moins doués qui travaillent beaucoup. C’est vrai chez les pros, et ça commence à être vrai à la Gounouilhou. »

En résumé

On récapitule. Le trophée Gounouilhou regroupe, chaque année, des joueurs jeunes aux légitimes ambitions professionnelles, ainsi que des joueurs plus expérimentés, non destinés au monde des pros, mais capables, sur une semaine, de venir damer le pion à leurs cadets. Au niveau de la pure impression visuelle, sur le bord du terrain, la différence fine entre ce niveau et celui des pros est presque indétectable. En le disant vite, à l’œil, cela ressemble de très près à un tournoi professionnel. Pour rappel, la Gounouilhou se joue à l’Omaha Beach Memorial Golf Club, dans le Calvados, jusqu’à dimanche. L’accès est entièrement libre et gratuit.