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Valentine Derrey ne regrette rien

Il y a un mois, la Parisienne, aujourd’hui âgée de 33 ans, a décidé de tirer sa révérence après dix années de professionnalisme. Fière de ce qu’elle a accompli, elle jette un regard sincère et lucide sur sa carrière…

À l'issue de son dernier Open de France, Valentine Derrey a pris la pose avec ses amies du circuit. DR
17-19
septembre
LACOSTE LADIES OPEN DE FRANCE
LIEU : Golf du Médoc Resort (Châteaux), France
CIRCUIT : Ladies European Tour

Le 15 septembre dernier, en amont du Lacoste Ladies Open de France remporté par la Suédoise Julia Engstrom devant Céline Herbin, Valentine Derrey annonçait l’arrêt de sa carrière professionnelle. « J'adore le golf et je ne vais pas arrêter demain, expliquait-elle chez nos confrères du Figaro Golf. Mais j'ai envie de faire autre chose que sportive de haut niveau. Ça fait un petit moment que j'y pense. Je ne saurais pas dire quand exactement, mais j'ai pas mal cogité en fin de saison dernière. Et après la semaine dernière en Suisse (VP Bank Swiss Ladies Open), je me suis dit que c'était le moment. »

Un mois plus tard, presque jour pour jour, la décision prise par la Parisienne n’a pas varié d’un seul iota. On lui a tout de même posé la question de savoir si elle envisagerait à court terme de reprendre le départ, de façon ponctuelle, d’un tournoi par le biais d’une invitation.
« Il ne faut jamais dire jamais, souffle-t-elle doucement. Mais aujourd’hui, j’ai vraiment envie de faire autre chose. Le golf professionnel, à haut niveau, c’est clôturé ! »

Dans l'événementiel sportif

Elle avoue néanmoins avoir connu pas mal d’émotions durant ce Lacoste Ladies Open de France 2020. « Pas mal de fatigue aussi, ajoute-t-elle. Mais tout va bien maintenant. J’ai refait mon CV… J’aimerais travailler dans l’événementiel sportif. Je regarde un peu les jobs où je pourrais postuler mais pour l’instant, il n’y a rien de concret… »

Passée professionnelle en 2010, Valentine Derrey a été l’une des meilleures ambassadrices du golf féminin français. Elle s’est même offert le 11 mai 2014 le Turkish Airlines Open du côté d’Antalya. Son seul succès sur le Ladies European Tour (LET). Son meilleur souvenir au plus haut niveau ?

Cinq coups d'avance sur le Symetra Tour

« Je ne pense pas retirer un événement plutôt qu’un autre, rétorque-t-elle. J’ai eu, c’est vrai, des supers moments. Toutes mes victoires ont été différentes. J’ai gagné sur le Symetra Tour (2e division US), sur le LET (en Turquie en 2014), sur le LETAS (2e division européenne). Chaque victoire a été particulière. Cette carrière représente un tout pour moi. Il n’y a pas un moment qui ressort par rapport à un autre. Ce qui me revient tout de suite à l’esprit quand je regarde ces dix années dans le rétro, c’est l’investissement que j’y ai mis… Mon équipe autour de moi qui a été là sans cesse dans les bons et les mauvais moments… Tous les sponsors qui m’ont soutenu… Ma famille évidemment… Voilà, c’est un tout qui m’a permis d’avoir des résultats et qui m’a permis également d’être ce que je suis aujourd’hui. »

Il y a malgré tout quelques images qui resteront à jamais graver dans sa mémoire. Cette deuxième place en 2013 à Chantaco au Lacoste Ladies Open de France, par exemple. Sa victoire sur le Symetra Tour le 19 juin 2011 avec cinq coups d’avance sur sa première poursuivante… « J’étais hyper fière, s’exclame-t-elle. Et puis il y a ma victoire à Dinard (juin 2014) sur le LETAS. Quelle super expérience ! Mes deux autres victoires aussi sur ce même LETAS entre avril et mai 2017… Pas mal de choses ressortent finalement… J’ai investi beaucoup de moi-même pendant dix ans, pour que tout fonctionne le mieux possible… Donc, je me répète un peu, mais j’englobe tout ça au même niveau. Pour moi, quand on parle d’une carrière, c’est difficile de ressortir une seule chose en occultant toutes les autres. »

Pas trop envie d'aller sur le LPGA Tour

Elle part donc sans aucun regret. Pas même celui de ne pas avoir réussi à évoluer sur le LPGA Tour, là où toutes les proettes rêvent un jour de briller… 

« Je n’ai aucun regret, confirme-t-elle sans détour. Je pars sans regret et sans remord. Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’était le moment de partir. Le LPGA Tour ? Je n’ai pas de regret à avoir car j’ai fait deux ou trois fois les cartes mais au fond de moi-même, je n’avais pas trop envie d’y aller. »

Reserva, Royal Melbourne... 

Peut-être regrettera-t-elle alors de ne plus fréquenter aussi assidûment certains parcours qu’elle appréciait comme celui de la Reserva, à Marbella (Espagne), où certaines destinations, au soleil de préférence, comme Dubaï ou Abu Dhabi, l’Australie « notamment le Royal Melbourne, superbe ! », l’Afrique du Sud « Le Cap est un endroit que j’adore » ou encore le Maroc, plus particulièrement Rabat, hôte de la Lalla Meryem Cup, au calendrier du LET…

« J’ai eu la chance de faire de ma passion mon métier pendant une décennie, conclut-elle. J’ai croisé des gens importants, qui ont écrit l’histoire de notre sport comme Suzann Pettersen, auteure de ce putt victorieux à la Solheim Cup 2019, comme Catherine Lacoste, qui remporte l’US Open 1967 en tant qu’amateure, comme Patricia Meunier-Lebouc, victorieuse d’un Majeur aux Etats-Unis (Nabisco en 2003), sans oublier Gwladys Nocera évidemment, forte de ses 14 titres sur le LET… A leur manière, elles m’ont toutes marqué. Et ça, ce n’est pas près de s’effacer ! »


Par Lionel VELLA
21 octobre 2020