Zones Sensibles

C’est entendu, le golf, c’est excellent pour la santé. Toutefois, un certain nombre de précautions simples sont à prendre pour éviter les blessures les plus fréquemment liées à ce sport : en particulier concernant le dos, le coude, le poignet… Olivier Rouillon, médecin fédéral national, passe en revue les zones les plus sensibles chez le golfeur et propose des éléments de prévention pour éviter les blessures.

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Zones sensibles : le golf-elbow

Ce mois-ci : le golf elbow.

Focus sur la pathologie par le Docteur Olivier Rouillon, médecin fédéral national :

Les blessures au coude représentent 17% des blessures déclarées. Elles touchent plus fréquemment les joueurs débutants ou occasionnels que les joueurs de bon niveau.

C’est une pathologie micro traumatique, c’est-à-dire qu’elle survient après la répétition de mouvements. Le plus souvent, ces douleurs sont liées à des problèmes tendineux (98% des causes des douleurs au coude).

Classiquement, on décrivait des douleurs externes, qu’on appelait tennis-elbow et des douleurs internes, golf-elbow. Cette nomenclature est aujourd’hui un peu périmée, on parle maintenant plutôt d’épicondylite latérale et d’épicondylite médiale et un golfeur peut avoir des atteintes latérales ou médiales.

Les causes ?

Plusieurs causes sont possibles à cette surcharge micro-traumatique tendineuse :

-       La taille du grip : si le grip est trop petit ou trop gros, le joueur va serrer plus fort. Cette force dans la préhension sur le club peut déclencher des douleurs au niveau des coudes, par sur-utilisation tendineuse.

-       Des clubs inadaptés trop raides ou trop lourds.

-       Le surentraînement, surtout au practice, lors des séances sur tapis. La violence de l’impact provoque des vibrations qui favorisent l’apparition de ces problèmes tendineux.

-       Parfois aussi des problèmes techniques avec un grip inadapté. Un mauvais geste répété x fois peut s’avérer nocif.

Les gens consultent souvent trop tard. Au début, la douleur survient ponctuellement puis s’intensifie avant de devenir permanente. Certains patients commencent à s’en soucier le jour où ils ont mal tout le temps, même entre leurs parties de golf.

Quel traitement ?

Dans le terme de tendinopathie ou tendinite, l’inflammation n’est que la conséquence, la cause de la douleur vient de la rupture d’un certain nombre des milliers de fibres de collagène qui composent un tendon. Le processus de cicatrisation va se mettre en place mais de façon inadaptée ce qui va chroniciser les choses et l’inflammation va être autoentretenue.

Quand on veut traiter ces problèmes, il faut s’attaquer à la cicatrisation du tendon pas simplement à l’inflammation. Une imagerie adaptée comme l’échographie ou même l’IRM peut détecter des choses plus spécifiques comme des fissures dans les tendons.

D’abord il faut du repos, arrêter l’activité golfique pendant minimum 3 à 4 semaines parfois plus longtemps en fonction de la gravité et de l’antériorité des lésions.

Bien sûr, on préconise le froid, des médicaments anti-inflammatoires ainsi que la rééducation. Pour la rééducation, on privilégie des protocoles basés sur la contraction excentrique qu’on appelle le protocole de Stanish décrit au départ sur des tendinopathies rotuliennes, et qu’on applique maintenant à tous les problèmes de tendons. On sait que le travail excentrique en faisant varier charge et vitesse, la résistance et la vitesse du mouvement, favorise une cicatrisation de qualité au niveau des fibres.

Quand le traitement de base ne fonctionne pas, on peut être amené à faire des infiltrations de corticoïdes. Dans les cas chroniques, il y a une autre technique, dont les preuves scientifiques manquent encore, ce sont les PRP (Plaquet Rich Plasma), les facteurs de croissance contenus dans vos propres plaquettes.Après une prise de sang, on centrifuge et on récupère les plaquettes, qui contiennent les facteurs de croissance, et que l’on va réinjecter dans la fissure du tendon.

A vous de jouer : Pour prévenir les blessures

-     Effectuer un bon échauffement en flexion/extension et prono/supination

-     S’assurer d’avoir un bon grip

-     Privilégier les séances de practice sur herbe 

-     Il existe des bracelets anti-vibrations ou coudières dont l’utilité n’est pas vérifiée.  On peut essayer si ça soulage, en cas de reprise par exemple.

L’œil du kinésithérapeute Philippe Vignon, kinésithérapeute de l’équipe de France girls

La première phase, c’est le repos de l’activité golfique.

Parallèlement on effectue la cryothérapie : on va apprendre au patient à glacer. Au début le glaçage est très fréquent, puis plus espacé, et enfin uniquement après les séances de rééducation et après la reprise de l’activité sportive progressive. Pour un glaçage efficace, il faut maintenir le froid très longtemps, et surtout mettre un linge de protection entre la peau et le pack de froid pour éviter la brûlure profonde.

Il faut ensuite faire un travail sur les tendons pour stimuler la cicatrisation et aller vers une reprise de l’activité :

-       On peut faire de la TECAR thérapie/radiofréquence, qui consiste en l’émission d’ondes qui vont générer de la chaleur et accélérer la cicatrisation.

-       On va effectuer des étirements et montrer au patient comment bien s’étirer.

-       On peut utiliser le Massage transversal profond (MTP), le tendon du patient est massé de façon transversale au cours d’une séance assez longue, ce n’est pas très agréable mais efficace.

-       On va utiliser les protocoles de Stanish basés sur l’excentrique : c’est une manière plus efficace de travailler les muscles. On va apprendre au patient à le faire lui-même : votre muscle va travailler tout en allant faire son étirement.


Par Anne Champomier
21 novembre 2018