Arrivé en Turquie lundi midi après 12 heures de vol depuis la Chine en classe économique, Tom Vaillant, fort d’une 6e place à Shanghai, lance ce jeudi à Antalya un enchaînement important de tournois qui pourrait lui permettre de se qualifier, qui sait, pour l’U.S. Open mais aussi pour The Open.
C’est en « position » de force que Tom Vaillant débarque cette semaine à Antalya où se dispute le Turkish Airlines Open, tournoi à 2 750 000 dollars de dotation dont son ami, Martin Couvra, est tenant du titre. L’Azuréen vient de signer sa meilleure performance sur le DP World Tour depuis son arrivée au plus haut niveau en 2024. Une 6e place obtenue avec un certain panache à Shanghai, au Volvo China Open, et ce malgré un Moving Day très compliqué bouclé en 73 (+2). Sans ce mini accroc, il se serait sans aucun doute mêlé à la bataille pour la victoire, finalement remportée par l’Autrichien Bernd Wiesberger devant l’Emirati Adrian Otaegui.
« C’est vrai que ce samedi est un peu frustrant, reconnaît-il d’emblée. Je n’ai pas si mal joué, mais je ne rentrais aucun putt. Je n’ai pas réussi à faire tourner la partie dans le bon sens. Au final, quand j’ai vu les scores, en n’ayant perdu que six ou sept places au leaderboard, je me suis dit que ce n’était peut-être pas si facile pour tout le monde. Mais pour être honnête, la frustration est vite passée. C’est la première semaine d’un enchaînement de beaucoup de tournois. Je ne pouvais donc pas m’arrêter à ce samedi raté. J’ai essayé dans la foulée de me remobiliser un peu, en allant notamment m’entraîner sur mon tapis de putting, pour bien me voir taper la balle. Avant de me mettre dans les meilleures dispositions physiques le dimanche pour être fin prêt, dans un état d’esprit ultra agressif. Ce que j’ai fait jusqu’à la fin. »
Il s’est ainsi retrouvé un moment troisième à portée de driver des deux hommes de tête, Bernd Wiesberger et Adrian Otaegui, grâce à six birdies claqués du 3 au 12 avant de craquer avec trois bogeys d’affilée concédés entre les trous 14 et 16. Mais le plus important demeure le résultat final avec cette sensation d’être sur la bonne voie. Il n’a manqué qu’un seul cut lors de ses cinq dernières sorties.
« Je joue plutôt très bien, avoue-t-il. Je le sens depuis quelque temps. Même si le début de l’année civile n’a pas été au niveau que j’espérais. Je l’avais déjà senti en Australie, sur des super parcours (Ndlr, 14e au BMW Australian PGA Championship). Je ne suis pas à l’aise sur les parcours de Dubaï, du Moyen Orient, en Afrique du Sud... C’est une période qui n’est jamais facile pour moi. Je ne joue pas forcément mon meilleur golf. J’ai essayé de rester patient malgré cette phase de deux mois avec de moins bons résultats. De retour en Asie, j’ai été tout de suite très bon, au Hainan Classic (34e) et en Inde (50e). J’ai pris des points. En Inde, je me suis retrouvé dans le top 20 après 36 trous sur un parcours hyper difficile. Ce sont des petits points positifs qui démontraient que ça pouvait bien se goupiller par la suite. Après un break de trois semaines, c’est toujours bien d’arriver frais et de voir que le travail fonctionne tout de suite... »
Durant cette mini-trêve, Tom Vaillant n’est pas resté les bras croisés. En compagnie de son coach, Jean-François Lucquin, il a notamment axé sa masse de travail sur le wedging et le driving. Et cela semble payer...
« Le wedging, je le travaillais beaucoup, mais surtout sur le Trackman, explique-t-il. Je m’entraîne à St Donat (06) et là-bas, on a un petit compact exceptionnel – le meilleur compact de France pour moi – avec des greens aussi bons que sur le parcours et des trous allant de 50 à 130 mètres. On a mis des objectifs de scores avec Jeff sur ces 9 trous. Et un nombre de tours minimum par jour, quand je suis chez moi. Cela me fait faire beaucoup de volume. Sur un vrai visuel de parcours. Mon œil s’habitue. Maintenant, avec mon caddie, qui est aussi mon meilleur pote (Ndlr, Adrien Montarant), toutes nos distances et les coups à jouer dans cette fourchette de 130 mètres, on se réfère beaucoup à notre petit compact de St Donat. On a de la chance d’être beaucoup plus dans le jeu et d’être en confiance car c’est un endroit qu’on connait par cœur. Le wedging a bien progressé depuis quelques temps, grâce à ça. »
« Quant au driving, on en a déduit que je n’en faisais peut-être pas assez, en tout cas au practice à faire de longues séances, ajoute-t-il. Moi, je prends énormément de plaisir à taper beaucoup de balles au wedging, sur les coups de fers, à chipper, à putter mais pour le driving, je pense qu’on ne mettait pas assez de volume, en variant les trajectoires. On a tapé beaucoup de balles en faisant des arrêts en haut du backwsing pour travailler la coordination, être capable de taper des balles basses, des balles hautes, en étant plus dans la variation pour ainsi y croire et reproduire ça sur le terrain. »
60e de la Race to Dubaï avec 270,18 points, l’objectif est désormais d’engranger un maximum de points afin de ne pas revivre la fin de saison stressante de 2025 où il avait dû cravacher jusqu’au bout pour finalement accrocher la 93e place (90e en 2024).
« Cela donne de l’air par rapport aux deux autres années, c’est évident, confirme-t-il. Ces années, je les ai digérées. L’objectif, c’est de faire les points pour la carte le plus vite possible pour ensuite aller chercher autre chose. C’est-à-dire me projeter sur mes objectifs que j’ai fixés avec mon staff en début de saison, à savoir participer au moins au premier tour des playoffs (à Abu Dabi). Ce serait une très belle progression. A mon rythme, petit à petit, en gravissant les échelons... Je suis aussi impatient de jouer le back 9 (à partir du 27 août), ces 9 tournois que j’affectionne tout particulièrement. Cela fait deux ans que ça se passe bien. Maintenant que je connais les parcours, et que je me connais encore mieux, j’ai hâte d’arriver à cette période-là qui est beaucoup plus excitante. »
En attendant, il va s’offrir un calendrier XXL, un programme ultra copieux qui passera notamment par Walton Heath, le 18 mai en Angleterre, pour les qualifications sur 36 trous de l’U.S. Open.
« Je vais pas mal enchaîner, annonce Tom Vaillant. Je suis donc en Turquie cette semaine, je serai après en Espagne, près de Barcelone (Estrella Damm Catalunya Championship). J’aurai ensuite quatre à cinq jours off avant de monter à Walton Heath. De là, je ferai la Belgique (21-24 mai), l’Autriche (28-31 mai), le KLM Open (4-7 juin) et enfin à la Coupe des Capitaines dans les Landes (11-13 juin). En revanche, si je me qualifie pour l’U.S. Open, je sauterai la Ryder Cup française pour partir plus tôt aux Etats-Unis. »
On ne le verra toutefois pas aux qualifications finales de The Open le 30 juin (là aussi sur 36 trous). Un choix pleinement réfléchi et totalement assumé. « Cette échéance le mardi du BMW International Open, à Munich, souffle-t-il. Arriver un mercredi sur un tournoi, sacrifier toute la préparation du tournoi pour une qualif où on peut avoir une météo très capricieuse, et donc se mettre une balle dans le pied pour le tournoi, je préfère me focaliser sur les tournois du DP World Tour... Quand j’aurais le niveau et les résultats qui vont avec, je penserai à The Open. Personnellement, je ne pense pas que ce soit le meilleur choix pour sacrifier une semaine de tournoi pour une qualification sur 36 trous. »
Que tous les fans de Tom Vaillant se rassurent, il sera sur le « pont » jusqu’au 19 juillet date du dernier tour du Corales Puntacana Championship, co-sanctionné avec le PGA Tour. Et qui sait si d’ici-là, il ne parviendra pas à s’offrir l’un des quatre spots en jeu (à l’Open d’Italie du 25 au 28 juin puis au Genesis Scottish Open du 9 au 12 juillet) pour le 154e The Open de l’histoire au Royal Birkdale (16-19 juillet).
Beaucoup de golf en perspective donc, mais cela ne fait pas peur à notre principal intéressé. Bien au contraire. « Mon rêve, c’est de marquer l’histoire de mon sport, lâche-t-il en guise de conclusion. Laisser mon nom dans les livres, et sur des trophées. Je ne me mets pas de limite. J’aurai la carrière que j’aurai mais mon rêve, c’est de me retrouver à batailler avec ces immenses champions sur des tournois Majeurs les dimanches. Et laisser mon nom sur ces trophées pour faire partie des plus grands. »