L'un des meilleurs aspects du golf est le partage. Parce qu'une expérience peut être profitable à tous, la rédaction raconte, de temps à autres, ses parties qui valent d'être lues. Dans ce deuxième épisode, direction la Réunion, un paradis pour les golfeurs 365 jours par an.
Avec environ 700 parcours ou structures golfiques en métropole, nul besoin de traverser le monde pour trouver de quoi s'amuser clubs en main, même en plein hiver. Mais si, parmi vous, certains chanceux ont élu résidence sous les tropiques ou ont l'intention d'aller découvrir les merveilles de la Réunion au cours des prochaines vacances, un conseil : n'oubliez pas le sac de golf dans vos bagages.
Au cœur de l'océan Indien, « l'île Intense » est un trésor culturel et géologique avec ses volcans actifs ou éteints, ses forêts tropicales et sa côte paradisiaque. Destination de choix des amateurs de trail ou de surf, elle est en revanche moins réputée que sa voisine l'île Maurice pour ses parcours de golf. À tort. Ses trois parcours valent clairement le détour entre deux randos vers les sommets voisins.
Trois parcours, trois univers
C'est à l'occasion du championnat de France professionnel de double, organisé chaque année à la Réunion au début de l'hiver, que nous avons pu découvrir les trésors réunionnais. Oui, il y a des jobs que l'on bénit chaque jour d'avoir choisi ! N'allez pas croire que nous n'avons pas conscience de notre chance. Mais revenons-en à nos bogeys. En ce mois de novembre 2025, c'est au golf de Bourbon que se déroule l'épreuve professionnelle. Nous sommes là pour suivre les joueurs pros, mais nous avons la chance de jouer le pro-am du tournoi, en compagnie d'un joueur du coin, Christian Verrougstraete, qui nous servira de guide sur ce tracé qu'il connait par cœur. En short et badigeonnés de crème solaire, nous nous attaquons à ce parcours dessiné au milieu de la forêt de L'Étang-Salé. Il fait chaud, très chaud, dans cette plaine au sable noir.
Face à nous, un vrai parcours de championnat, long mais plutôt large, où les vastes greens pentus et bourrés de grain font partie des plus gros défis. Apprivoiser la vitesse et les pentes n'est pas aisé. Côté panorama, c'est vers la montagne qu'il faut se tourner. Ça tombe bien, plusieurs départs lui font face et permettent d'admirer les profondes ravines qui dégringolent du sommet. Il faut globalement prévoir des longues cannes sur ce parcours pas vraiment piégeux par ailleurs. Une très belle découverte qui nous permet d'apprivoiser le gazon tropical. Bien aidés par les conseils de Christian qui nous permet d'éviter les grattes au chipping.
On a particulièrement aimé
Le trou n° 13, un long par 5 face à la montagne. Le départ à l'aveugle et le green surélevé le rendent quasiment impossible à attaquer en deux, hormis pour certains pros.
Changement de décor radical pour le deuxième parcours de l'île. Direction le golf de Bassin bleu, un parcours tracé à flanc de colline, où l'on sait dès notre arrivée qu'on en prendra plein les yeux. L'océan Indien s'étale à perte de vue depuis la terrasse du club-house. Mais c'est vers les montagnes que s'orientent les premiers trous. Une première partie de parcours dessinée au milieu d'une forêt d'eucalyptus dont les senteurs nous envahissent les narines. L'océan surgit à nouveau au départ du 7 pour ne plus nous quitter. Les vues sont à couper le souffle, on en oublierait presque le parcours vallonné et physique que l'on est en train de jouer. Mais c'est sans doute pour cela, car on a plus souvent le nez vers l'horizon que sur la carte de score, que l'on joue bien. Les trous sont plus courts qu'à Bourbon, mais l'on a rarement les pieds à plat avec de gros dénivelés qu'il faut apprivoiser. Sur le 6 par exemple, un par 3 de 160 mètres, il faut bien compter deux clubs de moins pour rejoindre le green 20 bons mètres plus bas.
Plus scorable, Bassin bleu est également beaucoup plus piégeux avec quelques ravines à traverser. Notamment celle du 13 qui longe tout le fairway sur la droite et doit aspirer de nombreuses balles. Mais quelle claque visuelle au départ ! Une petite heure plus tard, on en a pris plein les yeux sans voir le temps passer. Il reste heureusement un troisième parcours à découvrir avant de rentrer.
C'est du côté du bien nommé lieu-dit La Montagne, près de Saint-Denis, que se situe le troisième parcours de la Réunion. Il faut grimper une petite route escarpée et de nombreux lacets pour rejoindre le Golf Club du Colorado. Un petit 12 trous qui nous propose à nouveau une claque visuelle avec ses vues sur l'Océan. Les distances sont plutôt courtes et le driver loin d'être indispensable mais le parcours escarpé n'en est pas pour autant facile avec de nombreux fairways en dévers. Les départs du 3 et du 4 sont absolument merveilleux et donnent l'impression qu'une mise en jeu un peu longue finirait sa course dans l'océan.
Situé à plus de 500 mètres d'altitude, le Colorado ajoute à ses vues un vent omniprésent à prendre en compte avant de taper ses coups. Il faut franchir un petit pont de pierre aux allures de Swilcan Bridge de St Andrews pour rejoindre le green du dernier par 3. Et finir comme par magie cette découverte golfique par un dernier birdie.
On retiendra
Le trou n° 4 de Colorado, un par 3 de 170 mètres face à l'océan avec un petit green situé plus de 20 mètres en contrebas. Attention au « bunker de la mort » au pied du green à gauche !
Le golf, mais pas que…
Au-delà du golf, comment résumer en quelques lignes les merveilles de la Réunion ? Le séjour sera sportif quoiqu'il arrive avec des randonnées indispensables au programme. Vers le sommet du piton de la Fournaise d'abord, le volcan actif de l'île qui est d'ailleurs entré en éruption en ce début d'année 2026. Les grasses matinées attendront, c'est à l'aube qu'il faut découvrir son cratère vertigineux et ses paysages lunaires, avant que les nuages ne viennent envahir les lieux.
L'autre volcan de l'île est lui éteint depuis 12 000 ans, mais il n'en demeure pas moins spectaculaire. Sommet de l'océan Indien avec 3070 mètres d'altitude, le piton des Neiges n'en porte que le nom. Pas le moindre flocon à l'horizon mais trois vastes cirques, Mafate, Cilaos et Salazie, à découvrir des sommets environnants ou à arpenter pour de longues randonnées au cœur de la forêt tropicale. Il est même possible d'y croiser des résidents qui du fond de leur vallée n'ont jamais aperçu l'océan. Il ne faut pourtant compter qu'une heure de route entre le sommet et les plages d'eau turquoise. De quoi vivre des journées denses et riches bouclées dans la mesure du possible autour d'un bon rougail saucisse. Le paradis sur terre !
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