Tel qu'on l'imagine, les États-Unis sont, de loin, le pays leader dans la pratique du jeu de golf à l'échelle mondiale. Mais dans la suite du classement, il y a de belles surprises, surtout en-dehors du giron anglo-saxon.
Comme cet article va goulûment parler chiffres, un préambule à propos de ces derniers s'impose. Déjà pour dire qu'ils n'existent pas à l'échelle mondiale (autant crever l'abcès avant qu'il ne gonfle). En 2026 après Jésus-Christ, toute la planète golf est régie par le Royal and Ancient (R&A), institution aussi vénérable que son nom l'indique, et basée dans le berceau écossais du golf, à St Andrews. Toute ? Non ! Seuls deux pays, peuplés d'irréductibles Étasuniens et Mexicains, résistent encore et toujours à l'envahisseur. Dans ces deux contrées nord-américaines, les règles du jeu sont édictées par la United States Golf Association (USGA), qui a sa propre méthodologie pour collecter des chiffres.
Heureusement, pour notre sujet du jour, cela ne crée pas de biais statistiques insurmontables. Tout simplement car même si les chiffres peuvent varier aux entournures, les ordres de grandeur sont tellement nets qu'ils ne laissent pas de doute sur qui a la plus grosse cohorte de golfeurs.
Les États-Unis, loin devant
Si le golf est une pièce, les États-Unis sont l'éléphant se trouvant en plein milieu. Selon la National Golf Foundation (un organisme fondé en 1936 et qui scrute le marché du golf à l'échelle du pays), 29,1 millions d'Américains ont joué au plus beau jeu du monde sur un parcours en 2025. Cela fait du pays de l'oncle Sam, de très, très loin, le pays où le golf est pratiqué par le plus grand nombre de personnes. Ces 29,1 millions représentent un peu plus de 8 % de la population totale du pays.
Pour donner une perspective encore un peu plus vertigineuse, il est à noter que selon les statistiques collectées par le R&A, le reste du monde (hors Mexique) compte environ 108 millions de golfeurs. Dit autrement, un golfeur sur cinq dans le monde est à trouver aux États-Unis. Et encore, comme précisé, il n'est question ici que des pratiquants sur les parcours. Car si l'on ajoute les gens à qui il arrive de taper la balle dans des structures type practice ou simulateur en intérieur, il faut ajouter encore 19 millions à la facture, pour atteindre 48,1 millions, toujours selon la National Golf Foundation.
Si l'on parle du nombre de parcours, là encore, la domination des États-Unis est écrasante. L'ensemble des 50 États est couvert par 16 752 parcours, ce qui représente la part hallucinante de 43 % des parcours du monde. Le pays qui est deuxième dans ce classement (lire plus loin) a presque cinq fois moins de tracés à son actif. En résumé : les États-Unis sont seuls sur leur planète. Ceci étant, la course pour les médailles derrière eux ne manque pas d'intérêt.
Le reste du monde
Une fois sorti de l'orbite du colosse gravitationnel nord-américain, il est possible, pour déterminer les régions du monde où le golf est particulièrement implanté, de s'appuyer sur le R&A. Et plus précisément sur son plus récent document de référence en la matière : le Global Golf Participation 2024, document publié en juin 2025, et disponible gratuitement en suivant ce lien.
À noter que, pour toute cette section, et sauf mention contraire, les chiffres indiqués seront ceux du nombre total estimé de pratiquants, qu'ils soient affiliés à leur fédération nationale ou non, qui ont effectué au moins un parcours de 9 trous ou 18 trous. Du moins, c'est ainsi que le R&A définit cette catégorie statistique, qu'il mesure à l'aide d'échantillons de populations. Là encore, la chose est à prendre avec des pincettes, car il peut exister de grandes disparités entre les pays, notamment pour ce qui concerne la différence entre le nombre total de pratiquants et le nombre d'affiliés à leur fédération nationale. En Suède, par exemple, 90 % des golfeurs ont leur licence. Par contraste, en Angleterre, 85 %... ne sont pas affiliés.
Cela permet de rappeler au passage qu'en France, environ un pratiquant sur deux n'est pas muni d'une licence. Les raisons pour lesquelles il est bien plus raisonnable d'avoir sa licence de la ffgolf sont expliquées ici, les avantages accordés au licenciés sont détaillés là, et ladite licence peut se commander en ligne en moins de temps qu'il ne faut pour jouer un trou de golf en allant là.
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Le « gorufu », le Japon en est fou !Si l'on prend, donc, comme statistique de référence ce nombre total de pratiquants 9 et 18 trous, le pays qui occupe la deuxième place mondiale derrière les États-Unis est le Japon, avec environ 10,8 millions de golfeurs. Suivent la Corée du Sud, juste en-dessous des 7 millions, et le Canada, avec 5,7 millions.
Et là vous allez dire : mais où sont donc nos amis britanniques ? C'est bien là tout le problème des statistiques : le R&A, dans son rapport, sépare non seulement l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles (mettons...), mais en plus, il groupe toute l'Irlande dans la même case. Il n'est donc pas possible de savoir le chiffre à l'échelle du Royaume-Uni, qui comprendrait l'Irlande du Nord. Il faut tout de même préciser que, chez les amateurs, et contrairement à ce qui se passe chez les professionnels, la fédération de l'île celte regroupe les quatre provinces irlandaises. Faire le distinguo est donc fonctionnellement très difficile.
Mais pour faciliter les choses, disons qu'il y a 5,8 millions de golfeurs cumulés en Grande-Bretagne et en Irlande. Ce qui place les îles Britanniques juste devant le Canada. En sachant que, rapporté à leurs populations respectives, l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande ont une pratique et un niveau de développement du golf assez égaux.
Pour compléter le tour du monde, l'Océanie est outrageusement dominée par l'Australie et ses 2,3 millions de golfeurs, l'Amérique latine (hors Mexique) a pour leader l'Argentine, avec 160 500 pratiquants, et l'Afrique compte comme poids lourd l'Afrique du Sud, et ses 467 500 joueurs et joueuses.
Pour ce qui est des parcours, beaucoup plus faciles à compter, les choses sont plus nettes : derrière les États-Unis, le Royaume-Uni est deuxième avec 3101 tracés, devant le Japon, 3090.
Quelques surprises
Lorsque, par astuce mathématique, on se libère du poids embarrassant de la démographie, il est possible de débusquer les pays dans lesquels le jeu de golf infuse le plus profondément au sein de la population. Et là, de belles surprises apparaissent. Si l'on prend les 49 millions d'Américains qui, a minima, tapotent la balle, cela fait 14 % de la population du pays. C'est pas mal, mais c'est battu. En Islande, d'après le rapport de pratique publié cette fois par l'Association européenne de golf (EGA), et qui porte sur l'année 2021, cela concerne 17,74 % de la population. L'île de l'Atlantique nord compte d'après ce document 65 000 golfeurs, sur une population globale de 366 500 habitants environ. Pas mal pour un territoire où la pratique du golf est une activité cantonnée soit à l'intérieur, soit à la période allant de mi-avril à fin octobre.
Dans le même registre, la Suède compte 5,8 % de golfeurs sur l'ensemble de sa population. Alors que, là encore, la saisonnalité cantonne le jeu aux mois doux. Pour illustrer, songez qu'il y a presque autant de golfeurs en Suède qu'en France, alors que le pays scandinave est plus de six fois moins peuplé que le nôtre. Comme quoi la pratique élargie du golf n'est pas l'apanage des pays anglo-saxons ou des anciennes colonies britanniques. Il y a, par exemple, plus de cinq fois plus de golfeurs en Chine qu'en Inde, d'après le R&A. Alors que les deux pays ont des populations dans les mêmes ordres de grandeur, et que le golf est implanté depuis très longtemps en Inde, où a été construit le premier parcours au monde en-dehors de Grande-Bretagne, le Calcutta Golf Club, en 1829.
Et la France, dans tout ça ?
Si l'on en croit le rapport du R&A, la France comptait, en 2024, 1,682 million de golfeurs ayant fait au moins une fois 9 ou 18 trous. Le rapport de l'EGA portant sur 2021 parle, quant à lui, d'un nombre total de 800 000. Les deux statistiques étant censées, à peu de choses près, mesurer la même chose, elles prouvent que les chiffres sont à prendre avec prudence. Un chiffre, lui, est entièrement fiable : celui des licences. En 2025, la ffgolf a enregistré 446 547 licences, ce qui constitue un record absolu. Sur les dix dernières années, ce nombre a connu pas moins de 10 % de hausse.
Quelle que soit la statistique retenue, toutes montrent une chose certaine : la France est le troisième pays européen comptant le plus de pratiquants, nettement derrière le Royaume-Uni mais avec le deuxième, l'Allemagne et ses 1,150 million (d'après l'EGA) en point de mire. Ce qui place tout de même la France aisément dans le top 10 mondial en nombre absolu.
Pour ce qui est du nombre de parcours, la Fédération française de golf compte actuellement 669 clubs affiliés possédant un terrain (c'est à dire, a minima, un compact). Un nombre qui passe à 714 en incluant les structures sans terrain (par exemple les practices). Si l'on déplie ce chiffre en comptabilisant les clubs ayant, par exemple, plusieurs parcours en leur sein, il dépasse les 800. Là encore, cela met notre pays largement dans le top 10 planétaire. Le site spécialisé Leading Courses comptabilise ainsi actuellement 815 tracés en France, ce qui la place au 8e rang mondial. Et cela, même nos amis anglo-saxons en ont l'air surpris (cf. vidéo ci-dessous). Lorsque, autour de vous, on vous pose la question des plus gros pays de golf dans le monde, n'hésitez pas à préciser que la France fait partie du lot. Derrière d'autres, certes. Mais elle en fait partie.