Sport en extérieur et sur gazon, dont les plus grands événements se déroulent à la belle saison, le golf est souvent rangé dans la catégorie des sports d’été. Pourtant, l’hiver venu, il est toujours entièrement possible de le pratiquer. Explications.

Lorsque la neige survient en abondance (comme ici au Golf de Fontainebleau), il n'y a pas d'autre choix que d'arrêter le jeu. © Alexis Orloff / ffgolf

À la belle saison, l’air est chaud, le ciel est bleu, les matins sont lumineux, la nature est en fête, l’herbe donne envie de marcher dessus pieds nus, les oiseaux chantent, les balles alvéolées fendent les rayons du soleil. L’hiver, les arbres n’ont plus de feuilles, les températures donnent les joues rouges, la terre est grasse, il fait nuit à 15 h 30, et survivre implique de porter plusieurs couches de vêtements épais.

Ne nous voilons pas la face, en vertu de tout cela, pratiquer le golf est bien plus facile et agréable l’été. Est-il, pour autant et comme nombre de profanes pourraient se le demander, impossible de le pratiquer l’hiver ? La réponse est claire : pas du tout. Même au cœur de janvier, s’adonner au plus beau jeu du monde demeure entièrement faisable. En tout cas tant que les éléments restent dans une certaine fenêtre d’exploitation. Car bien évidemment, si l’on commence à parler gel, neige ou blizzard, c’est une autre paire de manches. Entrons dans le détail.

En conditions normales

Une idée reçue est à abattre directement : en hiver, un terrain de golf ne « meurt » pas. Les surfaces engazonnées ne disparaissent pas du fait du froid et de la baisse de luminosité. Sous les latitudes de la France hexagonale, la plante a plutôt tendance à se mettre en dormance, c’est-à-dire à ne plus pousser. Mais si elle est entrée dans l’hiver en bonne santé, elle va le traverser, normalement, sans trop de problème. Et donc, il va être possible de jouer au golf dessus.

En revanche, certains paramètres vont effectivement évoluer. Et cela se voit particulièrement sur deux zones : les greens et les départs. Les greens, en toute saison et partout dans le monde, sont la surface à la fois la plus précieuse et la plus fragile d’un terrain de golf. Et les températures de l’hiver associées à une plus grande humidité sont un facteur d’amplification de cette fragilité. En marchant sur les greens, les golfeurs tassent un peu la surface. En période de froid voire de gel, cela peut briser l’enracinement de la plante, et provoquer des dégâts longs à réparer au printemps. Cela peut également être un facteur favorisant des maladies et autres champignons. Le plus connu de ces derniers, en hiver, est celui qui provoque la maladie appelée fusariose.

Pour pallier cela, nombre de golfs mettent en place ce que l’on appelle des greens d’hiver. Le principe est de percer un trou et d’y mettre le drapeau sur la fin du fairway, en amont du green habituel. Ainsi, personne ne va marcher sur ledit green. Évidemment, pour ce qui est du putting, la sensation n’est plus du tout la même. Mais cela vaut toujours mieux que de ne plus du tout pouvoir jouer au golf.

Pour les départs, même chose. Ces aires sont fréquentées par tous les utilisateurs, qui viennent piétiner dans un petit espace. Le gazon est donc davantage sollicité, et ses fragilités de l’hiver plus exposées. Certains clubs choisissent, lors des mois froids, de déplacer les repères de départ, soit sur herbe à côté de la zone habituelle, soit sur un tapis synthétique prévu à cet effet. Ces deux installations, greens d’hiver et départs d’hiver, sont mises en place entièrement à la discrétion des intendants de terrain, peuvent subsister une majeure partie de l’hiver ou seulement dans les périodes les plus froides, tout cela dépendant bien sûr énormément des conditions pédoclimatiques, autrement dit de la nature du sol et du climat sur le golf concerné.

En conditions exceptionnelles

Avec le renfort éventuel de ces ajustements, il est donc totalement possible de jouer au golf l’hiver. Du moins jusqu’à un certain point. Car dame nature, parfois, a le chic d’éteindre les velléités des plus acharnés.

L’un des facteurs pouvant obliger à la fermeture d’un parcours est le gel. Comme dit précédemment, le froid rend les graminées plus fragiles, et cela est particulièrement vrai lorsque blanchit la campagne. Si l’épisode est intense, notamment si le sol ne dégèle pas au moment le plus chaud de la journée, il peut être décidé de ne laisser personne se rendre sur le parcours. Le risque est toujours le même : briser l’enracinement de la plante à cause du gel, simplement en marchant dessus. Ou pire encore en faisant des divots. Car si le sol est gelé, replacer le divot dans son emplacement ne suffira pas à reconstituer le tapis végétal.

Et puis, évidemment, surtout dans les régions à climat continental ou dans les zones de montagne, la neige peut survenir. Si le terrain est copieusement enneigé, jouer au golf n’est simplement pas possible. Mieux vaut rester hors du parcours et attendre que le redoux arrive. Ceci étant dit, la neige en soi n’est pas mauvaise pour la santé d’un parcours. Si un terrain se situe en montagne, et passe plusieurs mois par an sous un tapis blanc régulier (sans fonte puis enneigement de nouveau), la neige va offrir une bonne protection au gazon. Lequel va se mettre en dormance, et pour peu qu’il soit entré dans l’hiver en bonne santé, n’aura aucun mal à repartir au printemps.

Quelles solutions ?

Il est donc parfaitement possible de jouer au golf pendant l’hiver… mais c’est également plus difficile et moins agréable qu’en été, soyons honnêtes. Et puis, dans les régions où l’hiver est le plus rude, certains golfs n’hésitent pas à pratiquer une fermeture annuelle au cœur de la saison froide. Dans ce cas, que faire ?

Une solution peut consister à s’entraîner dans une installation de golf indoor. Ces structures, de plus en plus nombreuses en France, permettent de taper la balle sur un tapis, dans un filet, et de suivre ensuite sa trajectoire sur un écran grâce à un radar. L’avantage est évidemment d’être totalement à l’abri de tous les éléments, bien au chaud.

Autre solution, si vous vivez plutôt dans la partie nord de l’Hexagone : miser sur le sud. Le pourtour méditerranéen ou le Sud-Ouest sont typiquement des régions où, l’hiver étant plus doux, les golfs restent ouverts, et sont rarement touchés par le gel. Une petite escapade sac de golf sur le dos, pourquoi pas le temps d’un week-end, et le tour est joué.

Quelques conseils pour l'hiver

Si la passion vous entraîne jusqu’à aller sur le terrain alors que les décorations de Noël sont allumées et que le mercure est bien en-dessous de 10°C, n’oubliez pas quelques fondamentaux du golf en hiver. Tout d’abord, les extrémités du corps sont les premières sensibles au froid. Prévoyez donc de bonnes chaussures et des chaussettes épaisses, ainsi qu’une paire de moufles pour cacher vos mains dans la polaire entre les coups.

Du point de vue du jeu, l’air froid étant plus dense que l’air chaud, la balle aura tendance à voler moins loin. Considérez donc l’ajout d’un club supplémentaire pour la même distance, d’autant qu’avec plus de vêtements sur vous, vous aurez plus de mal à donner de l’amplitude à votre geste. Le froid a également pour effet de rigidifier la balle. Pour garder les mêmes sensations, opter pour un modèle de balle plus molle est une bonne idée. Cela peut atténuer cette sensation d’électricité dans les doigts lors d’un coup de fer topé dans le froid, que tous les golfeurs connaissent. Du moins tous ceux que l’hiver n’effraie pas.