Sur le toit de l'Europe

Retour sur les victoires des équipes de France aux Championnats d'Europe par équipes au cours de la dernière décennie.

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Euro Girls 2014 : un titre au parfum de revanche

Finaliste en 2013, l’équipe de France se présentait en Slovaquie en 2014 avec une équipe jeune mais revancharde. Une alliance qui avait bien fonctionné, puisque les Bleues avaient décroché ce titre pour la troisième fois de leur histoire.

Après un doublé 2010 et 2011, l’équipe de France Girls avait à cœur de s’imposer à nouveau. En Slovaquie, l’édition 2014 du Championnat d’Europe par équipes fut la bonne. Toujours avec Édouard Bréchignac aux manettes, accompagné par Stéphanie Arricau, les six jeunes filles avaient réalisé la semaine parfaite. En bonus elles avaient pris leur revanche de l’année précédente en privant les Suédoises du triplé.

La maîtrise en qualification

S’il y avait certains doutes quant à la jeunesse et la fragilité de cette équipe, la qualification avait rassuré tout le monde. C’est bien simple, Mathilda Cappeliez, Eva Gilly, Marion Veysseyre, Lauralie Migneaux, Élisabeth Codet et Agathe Laisné avaient tout simplement été grandioses en terminant tout en haut du classement, à -10 total, loin devant l’Autriche et l’Espagne sur le podium.

La France s’était même offerte le luxe de placer quatre joueuses dans le top 10 du classement individuel, Mathilda Cappeliez en chef de file. Avec une moyenne d’âge de 16 ans, la fougue et l’envie avait donc permis aux Françaises de marquer les esprits.

Mais au-delà du score, cette jeunesse assumée était aussi, à l’époque, un véritable souhait de la part du coach : « C’était une très belle équipe de France, l’une des plus belles depuis longtemps, reconnaît Édouard Bréchignac. C’était un mélange de talent, de passion et de performance. L’objectif en 2014 était double, il fallait demeurer compétitif dans ce championnat mais aussi rajeunir l’équipe en formant de nouvelles golfeuses, en leur offrant l’opportunité de s’aguerrir. À ce moment là je suivais juste l’évolution du golf féminin mondial où l’on voyait des filles disputer l’US Open à 11 ans ou intégrer le LPGA à 16 ans. »

Quoi qu’il en soit, la stratégie fut payante et les filles du collectif ne souhaitaient pas s’arrêter là. La médaille d’argent de l’année précédente n’avait pas suffit et les Girls en voulaient plus.

Jusqu’au bout, sans trembler !

Élisabeth Codet (à gauche) et Agathe Laisné (à droite), deux jeunes recrues performantes sur ces championnats de 2014.

Le premier obstacle qui s’était présenté aux Tricolores était les Pays-Bas. Sur le papier l’adversaire ne faisait pas peur mais sur le fairways se fut une autre histoire. Accrochée dans un double la France avait entamé les simples avec un peu de pression. Un stress qui n’avait finalement pas eu d’effets sur les joueuses mais cette rencontre avait résonné comme une alerte dans les têtes du groupe France. Elles l’avaient emporté 5 à 2 pour s’offrir une revanche en demi-finale contre les tenantes du titre suédoises.

« En 2013 on avait perdu en finale contre la Suède sur une erreur stratégique. Il y avait eu ce virage qui nous avait plombé pendant la finale et là en 2014 on s’était renforcé et vraiment l’équipe était au top, bien décidée à prendre sa revanche, raconte Édouard Bréchignac. »

Avec ces souvenirs en tête, les joueuses souhaitaient plus que tout gagner contre la Suède. Le match avait tenu ses promesses et ces deux nations fortes du golf européen avaient livré un spectacle de qualité. C’est d’ailleurs sur un ultime putt pour birdie, de 2,50 mètres au 18, qu’Eva Gilly avait offert la place en finale. Une victoire méritée, mais qui aurait pu arriver plus tôt sans quelques retournements de situation dont Édouard Bréchignac, l'entraîneur des Françaises, se souvient : « On s'était fait un peu peur le matin car on dominait les deux foursomes, mais on avait perdu le second sur la toute fin de partie. Le statut de favori était difficile à assumer, et on avait plus joué pour ne pas perdre que pour gagner. »

C’était donc sur un score de 4 à 3 que la France avait vengé sa défaite de 2013. Mais il restait encore une dernière étape à franchir pour imiter les plus grandes et réitérer les exploits de 2010 et 2011. La France allait alors retrouver l’Italie pour une finale exemplaire.

Confiant avant le début de la rencontre, le coach avait senti le goût de la victoire. Et même si au terme des doubles le score total était square, la France n’avait pas peur. C’est finalement Élisabeth Codet, 13 ans seulement à l’époque, qui avait ouvert la voie en s’imposant dans son simple 2&1. « C'était assez amusant de constater que c'était la plus jeune qui, en gagnant, avait mis le reste de l'équipe sur les bons rails, indique Bréchignac. »

Mathilda Cappeliez avait suivi le chemin en l’emportant elle aussi 2&1. Quelques minutes plus tard, la victoire de Marion Veysseyre, sur le même score, couronnait officiellement la France. « Marion avait été énorme ces deux derniers jours, elle était à -6 quand elle avait gagné, se rappelle l'entraîneur des Girls. » Et si ça n'avait pas suffi, Eva Gilly et Agathe Laisné dominaient toutes les deux leurs matchs de la tête et des épaules et menaient 3 up après 15 trous au moment de partager leurs matchs respectifs.

Score final sans appel, la France l’emportait 5 à 2 face aux transalpines désemparées. Après la finale perdue l'année d'avant face à la Suède, les Françaises remportaient le 3e titre européen chez les Girls de l'histoire du golf féminin tricolore. « C’était un nouveau tournant pour ce collectif avec un bon mixte entre expérience et fougue. Et puis Léa Charpier en capitaine avec son tempérament de feu avait vraiment boosté les filles. Pour moi la boucle était bouclée avec notre capitaine qui avait gagnée en 2010 en tant que joueuse et qui dans un autre rôle triomphait aussi. C'était une victoire construite, car on avait assumé jusqu'au bout notre statut de favoris, conclut Édouard Bréchignac. »


Par Romain MURAILLE
10 juillet 2020