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Mon jour de gloire #2 : Romain Wattel

Dans quelques mois, les meilleurs amateurs du monde se retrouveront au Golf National et à Saint-Nom-la-Bretèche pour les Championnats du monde amateur par équipe. Avec ce nouveau podcast, la Fédération française de golf vous plonge déjà dans les coulisses de l'épreuve. Dans ce deuxième épisode, Alexandre Mazas accueille Romain Wattel, joueur de l'équipe de France sacrée en 2010 en Argentine.

Écoutez l'épisode 2 de "Mon jour de gloire" sur la plateforme de votre choix.

Le coup passa tout près en 2002, lorsque Grégory Bourdy, Éric Chaudouet et Raphaël Pellicioli repartirent de Kuala Lumpur, en Malaisie, avec autour du cou la médaille d'argent, alors qu'après avoir attaqué le dernier tour en tête l'or leur semblait promis. Dix ans auparavant, c'est le bronze que les Tricolores avaient ramené du Canada, mais le métal le plus précieux avait toujours échappé au golf français depuis la création des Mondiaux par équipes en 1958. Jusqu'à ce 31 octobre 2010, date qui restera à jamais gravée comme le jour où la France a conquis le monde.

Pour cette 27e édition de l'Eisenhower Trophy, la Fédération française de golf envoie en Argentine ses trois meilleurs représentants : Romain Wattel, Johann Lopez-Lazaro et Alexander Levy. Depuis l'année précédente, le trio porte les couleurs du pays dans les grandes compétitions internationales individuelles et par équipes, et arrive à Buenos Aires en pleine confiance. « On n'avait peur de personne, parce qu'on était habitués à jouer contre les meilleurs amateurs du monde ; et comme on avait tous les trois déjà gagné des grands tournois, on savait qu'on pouvait les "fumer" », nous indiquait Wattel en marge de l'enregistrement de ce podcast. Respectivement 3e, 50e et 80e au classement mondial amateur avant le début de l'épreuve, les Français figurent même parmi les favoris sur le papier.

Des birdies au bon moment

Romain Wattel Mondiaux 2010
Romain Wattel lors des Mondiaux 2010 (John Mummert / USGA)

Et d'entrée de jeu, les joueurs encadrés par Maïtena Alsuguren, capitaine suppléante de Pascal Grizot – retenu en France par la candidature de la Ryder Cup – affichent leurs ambitions : sur le par 72 du Buenos Aires Golf Club, le 68 de Levy et le 69 de Wattel les placent en tête en 137 (-7), quatre coups devant le Danemark. Mais le lendemain, les intempéries provoquent deux interruptions de jeu, et à la fin de la journée les Bleus n'ont bouclé que la moitié du parcours. À +4 après neuf trous, ils ont même perdu provisoirement les commandes, mais les récupèrent le samedi en terminant leur deuxième ronde, sur l'Olivos Golf Club, en 142 (par) grâce à un 70 de Wattel et un 72 de Levy.

Réduit à 54 trous en raison du mauvais temps, le tournoi se conclut donc le dimanche au Buenos Aires Golf Club. La France attaque ce troisième et dernier tour à -7, un coup devant les Danois et six devant les Américains. L'affaire s'engage mal pour les Bleus : après sept trous, Lopez-Lazaro pointe à +4, Levy à +1 et Wattel dans le par. Leurs adversaires commettent eux aussi des erreurs, les Bleus relèvent la tête, mais au 15 ils n'ont qu'un tout petit coup d'avance sur le Danemark, et deux sur les États-Unis. C'est dans ce « money time » que se joue la victoire : alors que Wattel commet quelques erreurs de trop et doit se contenter d'un 74 non comptabilisé, Levy rentre un putt de 15 m pour birdie au 17, et Lopez-Lazaro arrache lui aussi un 72 (par) grâce à un ultime oiselet à 7,50 m sur le green du 18. Avec un dernier tour en 144 (par), la France termine à -7, quatre coups devant les Scandinaves et cinq devant les Américains.

Une décade sans médaille

« J'étais dans le dernier groupe, donc quand je suis arrivé au 18, j'ai vu Alex et Johann qui m'attendaient pour célébrer, car on savait déjà qu'on avait gagné. C'était un moment exceptionnel », confesse Wattel. Pour la première fois, la France décroche donc le titre suprême du golf amateur mondial. À la veille de passer professionnel, le joueur originaire de Bussy peut tourner la page sur la plus belle des notes : « En sélection nationale, on avait à chaque fois des super équipes, que ce soit chez les boys ou les messieurs, et on a eu à chaque fois du mal à finir ne serait-ce que dans le tableau final. On avait eu plein de désillusions, donc le fait de pouvoir clôturer ma carrière amateur sur une telle victoire, c'était vraiment génial », admet-il.

L'exploit de Romain Wattel, Alexander Levy et Johann Lopez-Lazaro est jusqu'à présent resté sans suite. Deux ans plus tard en Turquie, Paul Barjon, Julien Brun et Édouard España ont décroché une belle médaille de bronze, mais depuis une dizaine d'années la France n'a plus joué les premiers rôles dans les Mondiaux masculins. Comme tous les passionnés de golf de l'Hexagone, le joueur du Tour européen attend donc avec impatience la prochaine édition, que ses successeurs auront le privilège de disputer à domicile : « C'est clair que c'est un avantage de bien connaître les parcours du Golf National et de Saint-Nom-la-Bretèche. Et d'avoir le soutien du public, c'est indéniable que ça va être une aide très précieuse, surtout sur un dernier tour s'ils se retrouvent en position de gagner », conclut-il.

Mondiaux 2010
Les champions du monde 2010 (John Mummert / USGA)

Par Alexandre MAZAS
15 décembre 2021