Le golf, le golf, toujours le golf. Et si, pour une fois, on parlait d'autre chose ? Avec Pauline Roussin-Bouchard, on a tenté d’apprendre la langue secrète inventée par sa grand-mère, on a compris pourquoi elle avait les cheveux bouclés et on a rêvé de gagner 159 millions à l’Euromillions.

Pauline Roussin-Bouchard nous parle de tout sauf de golf. © Ross Kinnaird / Getty Images via AFP

Déformation professionnelle oblige, on a tout de même abordé en prologue l’actualité sportive de Pauline Roussin-Bouchard. Après une semaine de pause dont elle a profité pour faire un Hyrox (course alternant running et ateliers de force) à New York, la joueuse du LPGA Tour prend dimanche la direction du Michigan pour disputer le Dow Championship. L’opportunité pour elle de jouer un évènement en double avec sa consoeur et amie Manon De Roey, d’effacer quelques cuts manqués et de retrouver la réussite du début d’année. C’est juste avant de lancer sa journée d’entraînement au Texas qu’elle nous a répondu, juste avant de monter dans sa voiture et de s’aventurer sur les autoroutes américaines…

Est-ce que tu es une bonne conductrice ?
Aux États-Unis oui. En France, c'est différent, je suis moins à l'aise parce que tout est plus étroit. Mais ici, ils ne savent pas conduire (rires). Ça s’explique simplement par la manière dont tu obtiens ton permis. Généralement, pour aller à l’examen, tu y vas en voiture et c’est toi qui conduis déjà donc ça veut tout dire… Et après, tout se passe sur un parking. Donc en résumé, quand tu prends la route aux U.S., tu croises des gens qui ont obtenu leur permis dans des conditions… surprenantes. C'est pour cela que je suis bien contente d'avoir appris à conduire en France.

Tu es du genre à t'énerver au volant ?
Oui. La dernière fois remonte à hier. Dans mon parking, j’ai manoeuvré pour laisser passer quelqu’un, il ne m’a pas remerciée, je me suis énervé, voilà. D’après mon copain, il avait dit merci mais bon, ça ne devait pas être très clair.

Tu as participé à un Hyrox à New York en début de semaine. Comment on explique les douleurs à ceux qui n'en ont jamais fait ?
C’est simple, j’ai couru lundi et là, on est vendredi et c’est mon premier jour sans courbature. J’en avais aux fessiers, aux ischios, aux quadriceps, au cou et aux trapèzes. Ça s’explique aussi parce que je ne sais pas faire les choses à moitié donc j’ai poussé un peu fort. Mais tout le monde n’est pas obligé de se cramer quand il fait un Hyrox. Chacun peut le faire à sa manière et c’est déjà très bien.

Sans transition, c’est quoi ton meilleur souvenir d’école ?
Quand j’étais jeune, on a habité pendant un an à Gap et l’année du CE2, on allait au ski le matin avec la classe et ensuite à l’école l’après-midi seulement. C’était mon Poudlard à moi et ça reste clairement mon meilleur souvenir. Je peux te citer le pire aussi ! C’était l’année suivante quand on a déménagé dans le Sud et que le ski a été remplacé par l’Optimist (petit voilier, ndlr). J’étais tombé avec un garçon qui faisait pencher le bateau et j’avais peur de l’eau. C’était horrible. Globalement, je n'aimpe pas l'eau. J’aime bien me baigner dans les eaux turquoises à la limite, ou dans ces trucs avec des petits carreaux qu’on appelle « piscine » je crois.

Tant qu’on est dans ta jeunesse, c’était quoi la vie à cette époque avec des cheveux frisés ?
Alors il faut savoir que je n'ai pas toujours eu les boucles. Mes cheveux ont frisé vers mes 14 ans. Jusque-là j’avais ils étaient lisses et longs. Mais j’ai eu la bonne idée de voir le film Divergent et d’aller ensuite chez le coiffeur pour lui demander la même coupe que l’héroïne qui avait les cheveux très courts. Une semaine plus tard, ils avaient frisé. Je suis passée de cheveux lisses à mouton et j’ai eu droit au surnom de Boucle d’Or. D’ailleurs ma grand-mère me lisait tout le temps l’histoire de Boucle d’Or donc je l’adore. Et aujourd’hui, j’assume complètement mes boucles, j’ai ma petite routine capillaire et une super brosse pour séparer les boucles !

En parlant de ta grand-mère, il paraît qu’elle a inventé une langue ?
Oui ! Ma grand-mère et ma tante ont inventé une langue quand ma mère était petite pour qu'elle ne comprenne pas leurs conversations. Ensuite, elles lui ont appris et c'est devenu une langue familiale. Elle s’appelle la langue Bergeau, du nom de jeune fille de ma mère. On l’utilise encore aujourd’hui avec mon frère et ma mère - mon père un peu moins - quand on est à côté de Français et qu’on ne veut pas se faire comprendre. Même ma grand-mère le maîtrise toujours à 93 ans. Ça donne quelque chose comme ça : Jedegueusuisdeguiadeguaaudeguostindegui.

La légende de Pauline Roussin-Bouchard aux cheveux lisses n'en est donc pas une. © ffgolf

Nous sommes vendredi et il y a 159 millions d'euros à gagner à l'EuroMillions. Tu en ferais quoi si tu gagnais ?
La première chose, c'est que je donnerais ce qu’il faut à mon père pour qu’il arrête de travailler. Ensuite, j'achète un ranch aux États-Unis dans le Montana : une version Yellowstone mais avec moins de gens autour donc il faudrait que je fasse quelque chose avec une partie de l’argent pour régler ce sujet. Après ça, j’achète une maison à Paris parce que ma famille est là-bas, un chalet à Orcières parce que c’est la-bas que j’allais skier et, pour finir, je paye un voyage à toute la famille en Nouvelle-Zélande. On aime tous des styles de vacances différents mais vu que c’est moi qui paye avec les gains, j’irais là-bas oui.