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Julien Quesne, en attendant des jours meilleurs…

Présent en Autriche pour l’Austrian Open puis l’Euram Bank Open cette semaine (15-18 juillet), le Français goûte l’instant présent alors que les prévisions pour les prochains mois sur le Challenge Tour ne sont guère réjouissantes...

15-18
juillet
EURAM BANK OPEN
LIEU : Golf Club Adamstal, Autriche
CIRCUIT : European Tour

Autriche 2020, acte II. Julien Quesne arpente depuis la semaine passée les fairways autrichiens, théâtres d’une reprise tant attendue du golf professionnel sur le circuit européen. Après quatre mois d’arrêt en raison de la pandémie liée au Covid-19. Deux tournois co-sanctionnés par l’European Tour et le Challenge Tour sont ainsi au programme avant un UK Swing durant six semaines en Grande-Bretagne, exclusivement sur le Tour européen cette fois…

Un 61 (-9) claqué en 2019

Vendredi dernier, cela ne s’est pas bien terminé pour le Français, trop court pour franchir le cut après avoir signé un très lourd 80 (+8) à l’issue du deuxième tour de l’Austrian Open
« Il n’y a pas grand-chose à dire, souffle l’intéressé. Il y a eu du très bien lors du premier tour (bouclé avec une carte de 72) mais le putting était encore trop hésitant. Et vendredi, deux tiers de très mauvais coups qui m’ont mis KO pour le reste du parcours (trois doubles, trois bogeys pour un seul birdie). Je ne me sens toujours pas à l’aise avec mon swing. »

Exit donc le Diamond Country Club d’Atzenbrugg, dans la banlieue de Vienne où s’est imposé l’Ecossais Marc Warren. Place dès ce mercredi à l’Euram Bank Open, au Golf Club Adamstal, à Ramsau, niché à… 1 100 mètres d’altitude. Un par 70 très physique sur lequel le Manceau avait brillé il y a un an en claquant un énorme 61 (-9) - record du parcours - sans erreur le dimanche, prenant la 19e place finale le 21 juillet 2019. Son deuxième meilleur résultat de l’année après un top 10 (8e) au Swiss Challenge le 9 juin.

Sport et jardinage

Depuis ? Plus rien ou presque… Une 76e place à l’Open de France en octobre et un cut manqué à la finale des Cartes (après quatre tours) en novembre, du côté de Tarragone (Espagne). Compte tenu de sa catégorie, le Manceau (qui a fini 86e sur le Challenge Tour) n’a pu prendre part aux trois premiers tournois de la saison 2020 organisés fin janvier-début février en Afrique du Sud. Avant que la pandémie de coronavirus ne vienne totalement chambouler le calendrier du Challenge Tour… Un chômage technique que Julien Quesne a tenté de gérer au mieux.

« Je me suis occupé de ma maison, de mes enfants, explique-t-il. Je ne me suis pas ennuyé. J’ai fait du sport aussi… J’avais le tapis de practice, plus le filet… Mais je n’ai pas ressenti l’envie de faire du golf. Je ne pensais pas qu’on allait reprendre cette année… Sinon, ça s’est bien passé. Physiquement, j’ai bossé un peu mais entre le sport et le jardinage, je me suis refait mal au dos. Comme d’habitude… J’aurais tendance à mettre le curseur un peu plus haut qu’il ne le faudrait… »

Encore la foi

Fin juin, il a renoué avec la compétition grâce au Training Tournament Landes Solidarité disputé sur les parcours de Moliets, Seignosse et Hossegor et qui a vu Antoine Rozner battre Grégory Havret en play-off. Avant d’apprendre quelques jours seulement avant l’Austrian Open qu’il rentrait finalement dans le champ. Une divine surprise pour celui qui fêtera ses 40 ans le 16 août prochain.  

« Je l’espérais quand même, poursuit-il. Le temps est long… Je m’entraîne tous les jours. Je passe pas mal de temps au golf pour essayer de peaufiner mon jeu, mais quand on n’a pas de tournoi à jouer, en termes de motivation, c’est compliqué. J’ai envie de reprendre du plaisir et de regagner ma vie avec ce jeu. J’ai bien bossé avec Patrick Talon depuis une quinzaine de jours. Il m’a redonné beaucoup de plaisir. Je fais les choses plus simplement. Certes, il y a des hauts et des bas. Je suis encore dans le dur mais j’essaie d’avancer. Il m’a fait comprendre pas mal de choses. On va voir… J’ai envie de mettre un peu moins d’affectif dans tout ça et d’être le plus performant possible. Je ne suis pas du tout à mon meilleur niveau. Je cours après depuis plusieurs années maintenant. Cela ne me fait forcément pas plaisir mais j’ai encore la foi et la motivation. Je travaille encore… »

Ne pas finir sur une mauvaise note

Les temps sont durs pour une grande partie des golfeurs tricolores, surtout ceux qui évoluent, comme Julien Quesne, au deuxième échelon européen. Ses succès en 2012 et 2013 sur l’European Tour, respectivement en Andalousie et en Italie, ne sont pourtant pas si lointain…
« Financièrement, c’est compliqué, admet-il. J’ai eu la chance d’avoir gagné beaucoup d’argents et d’en avoir mis de côté. Je n’ai pas fait n’importe quoi. Mais ce n’est pas évident. Je ne suis toutefois pas le plus malheureux non plus. »

Après le diptyque autrichien, l’horizon reste cependant très flou pour celui qui avait représenté la France (avec Grégory Bourdy) au tournoi olympique de golf à Rio en 2016.
« J’irai jouer le PGA d’Arcachon fin août, signale-t-il. Après, il y a un nouveau tournoi au Portugal qui vient d’être ajouté au calendrier (17-20 septembre)… Pont-Royal a été confirmé (Hopps Open Provence) entre le 24 et le 27 septembre. Après, je n’en sais rien. N’ayant pas une catégorie pleine, je ne sais pas encore comment ça va rentrer sur les tournois. Pour ceux de septembre, j’ai encore des chances… Je suis aujourd’hui dans une logique où je vais essayer de prendre tout ce que je peux… J’ai juste envie de ne pas finir ma carrière sur une mauvaise note. Je suis motivé pour regagner avant la fin de ma carrière. Cela m’embêterai de finir sur des blessures, des mauvais résultats… J’aimerais bien me prouver à moi-même que je peux revenir. »

« Pas très optimiste quant à l'avenir du golf en Europe »

Bref, malgré quelques réajustements en termes de tournois, surtout sur le Tour européen pour les quatre derniers mois de l’année, l’avenir ne s’annonce clairement pas réjouissant.
« Je ne me pose pas trop de questions par rapport à ça, commente-t-il, doucement. C’est clairement la merde en Europe. Le Tour européen va très mal et le Challenge Tour n’est pas la priorité. Je vois plus à court terme. Je veux juste jouer au golf, jouer des tournois et gagner de l’argent à chaque fois que je joue. Quand on voit la dynamique du Tour européen, on ne maîtrise pas. De la part du Challenge Tour, il y a eu quasiment aucune communication. On ne sait rien. Comme je suis toujours dans la liste de diffusion du Tour européen, ils ont communiqué pas mal. Mais sur le Challenge Tour, c’est zéro ! On a eu deux mails en deux mois. La Direction a changé. Je ne suis pas très optimiste quant à l’avenir du golf en Europe. Je n’entends pas de son de cloches positifs sur Keith Pelley (le patron du Tour européen, Ndlr). Il a, apparemment, pas mal de passif. Il aurait fait fondre la trésorerie du Tour européen. J’ai entendu que 110 personnes avaient été licenciés sur le Tour… »

Avant de conclure :
« Ce qui est un peu difficile cette année, c’est qu’il n’y a pas de montée, ni de descente. Pas de cartes d’accessions non plus. Quelque part, cela avantage plus les mecs qui ont les bonnes catégories leur permettant de jouer des tournois bonus cette année. Je pense à Robin Roussel par exemple, qui va pouvoir s’étalonner sur le Tour européen et faire ses armes sur une année qui ne va pas compter. A l’inverse, un garçon comme Adrien Saddier, qui a effectué un super début de saison mais qui possède une catégorie moyenne, ne pourra pas améliorer sa catégorie. Sauf en cas de victoire. Je suis dans le même profil que Greg Bourdy. On a envie de remonter tous les deux mais cette année, le Challenge Tour ne pourra récupérer que deux ou trois spots, grand maximum. Alors on parle de fusion avec le PGA Tour… Ce serait une bonne chose pour les joueurs. Pas pour le Tour européen car du coup, il perdrait en légitimité. Je ne pense pas que les McIlroy et Rose vont revenir soutenir le Tour européen qui est en crise pour encore de très longs mois. Cela m’étonnerait qu’ils viennent faire l’effort de venir jouer en Europe pour soutenir l’European Tour. Ils vont se concentrer sur le PGA Tour… »


Par Lionel VELLA
15 juillet 2020