Pour la première fois depuis la finale de la Road to Mallorca en novembre 2021, Julien Brun s’élance cette semaine sur un tournoi de l’HotelPlanner Tour. L’Antibois, qui n’a plus de droit de jeu sur le DP World Tour, s’est donné comme objectif d’y retourner le plus tôt possible.

Physiquement au top, Julien Brun est prêt à relever le défi cette saison sur l'HotelPlanner Tour © Octavio Passos / Getty Images - AFP

Il est arrivé dimanche soir en Afrique du Sud en provenance de Dubaï où il réside depuis un peu plus d’un an maintenant. Un vol de 8h00 pour rejoindre le district de Mabula, dans la Province de Limpopo, hôte du premier tournoi de la saison 2026 de l’HotelPlanner Tour : le SDC Open

C’est la première fois que Julien Brun dispute cette épreuve à 375 000 dollars de dotation, co-sanctionnée avec le Sunshine Tour, le très relevé circuit professionnel sud-africain, pourvoyeur d’innombrables talents. 

« Je ne connaissais pas mais c’est superbe, déclare-t-il. C’est dans une réserve, on côtoie les animaux sauvages… C’est très sympa. Et puis le parcours est en très bon état. »

Pour se préparer au mieux à cette saison sur la 2e division européenne, l’Antibois a fourbi ses clubs chez lui, du côté de Dubaï, en compagnie de certains de ses collègues de la St Laurent Golf Team, le tout chapeauté par son manager, Maxime Demory. Avec Ugo Coussaud et Félix Mory, ils ont ainsi écumé plusieurs parcours de la région dubaoïte sous le regard attentif de leur coach commun, Robin Cocq.   

« On a pu jouer au Creek juste après le Dubaï Invitational, résume-t-il. On a fait quelques parties aussi à droite et à gauche. Pour moi, c’est un peu mon quotidien mais c’était sympa de le faire avec Félix et Ugo. Je m’entraîne principalement au Montgomerie Golf Club. Il y a une super zone de frappe au practice. Il y a aussi un petit compact, qui est très bien. J’ai quartier libre là-bas. Sinon, je ne joue quasiment qu’au Els Club. J’ai pu voir Joël (Stalter) pendant les deux semaines. J’ai aussi fait quelques parties avec Alex (Levy). Je le vois régulièrement. Julien (Guerrier), on ne s’est pas trop vu… On a des plannings un peu différents. »

Les Cartes du LIV Golf en Floride

Cette « remise à niveau » suivait de quelques jours son expérience « atypique » en Floride où l’ancien étudiant de TCU (Texas Christian University) a ainsi participé du 8 au 11 janvier aux Cartes d’accessions du LIV Golf. Après avoir été le seul des quatre français présents (avec Alexander Levy, Clément Sordet et Pierre Pineau) à franchir le premier écueil jeudi soir, il n’a pas pu rééditer la même performance le lendemain. 

« C’était plus une grosse opportunité qu’autre chose, prévient-il. Je n’ai pas de catégorie sur le Tour. Je n’avais donc rien à perdre à y aller et me faire entre guillemets suspendre après sur les tournois co-sanctionnés avec le PGA Tour, que je n’aurais de toute façon pas joués. C’était un super tournoi avec un fantastique parcours. C’était très bien organisé. Mais j’étais un peu malade, un peu fatigué. Je n’étais pas dans de très bonnes dispositions au niveau de l’énergie et du physique pour défendre vraiment mes chances. Je suis néanmoins content d’y être allé. Par rapport à mon golf, ça n’a pas été riche d’enseignement. Plutôt des confirmations par rapport à ce que je pouvais délivrer dans mes parties à Dubaï. C’était bien de faire ce 1er cut. Le niveau ? Il n’y avait qu’un seul joueur du DP World Tour avec une carte pleine (Ndlr, l’Australien Jason Scrivener), aucun joueur du PGA Tour et du Korn Ferry Tour. En revanche, il y avait beaucoup de joueurs qui avaient perdu la carte du DP, des jeunes aussi, beaucoup d’Asiatiques issus de l’Asian Tour… Le niveau n’était pas exceptionnel. Mais le parcours était au top niveau. La qualité des greens… C’était du niveau des tous meilleurs tournois qu’on a sur le Tour européen. A ce titre, c’était super de se confronter à ça. »

Cela a été un vrai coup d’arrêt général sur la dynamique qui était en place, ça a été compliqué de rebondir.

A 33 ans, Julien Brun ouvre ce jeudi au Zebula Golf Estate & Spa un nouveau chapitre de sa carrière démarrée tambours battants le 23 septembre 2012 en remportant à 20 ans seulement l’ALLIANZ Golf Open Toulouse Métropole, étape française du Challenge Tour (devenu HotelPlanner Tour en 2025). Il était alors encore amateur. Passé pro en 2015, il va ajouter deux autres lignes à son palmarès en l’espace de quatre mois, décrochant le 27 juin 2021 l’Open de Bretagne avant de confirmer le 17 octobre à l’Emporda Challenge

Propulsé sur le DP World Tour à la fin de l’année, il conserve sa carte en 2022 (80e de la Race to Dubaï) puis en 2023 (45e) avant d’être victime d’une blessure au poignet gauche en mai 2024. Un coup d’arrêt brutal qui va sceller son destin au plus haut niveau. Sous exemption médicale en 2025, il doit en 14 tournois sauver sa carte. Sous peine de repartir en 2026 à la l’étage inférieur. Le miracle n’a pas eu lieu ! 

« Est-ce que je serais encore sur le Tour cette année sans cette blessure ? s’interroge-t-il. C’est difficile d’y répondre. En tout cas, j’aurais plus de chances d’y être, c’est indéniable. Le plus dur, ça reste de conserver sa carte la première année. Ce que j’avais fait. Cela a été un vrai coup d’arrêt général sur la dynamique qui était en place, ça a été compliqué de rebondir. Là, physiquement, tout va bien. On repart sur une saison pleine avec un calendrier. Et maintenant, il faut performer. »

Plusieurs changements dans le staff

« Est-ce un retour à la case départ ? C’est sûr que c’est quelque part un pas en arrière mais c’est aussi un vrai nouveau départ, souffle-t-il. La blessure, les saisons tronquées, l’exemption médicale, ne pas pouvoir faire un calendrier normal… Là, on repart sur un vrai projet. C’est bien de pouvoir jouer ce tournoi d’entrée de jeu. » 

Un peu comme une « seconde vie », il a effectué plusieurs changements dans son staff, en renouant par exemple une collaboration avec son ancien kiné, Jérémy Da Silva. Le duo avait travaillé ensemble durant deux ans sur le Tour européen. C’est terminé aussi avec Olivier Léglise depuis avril 2025. « Je fais tout avec Robin Cocq maintenant » confirme-t-il. Seul petite interrogation, le rôle du caddie. « Je n’en ai pas d’attitré en ce début de saison. On verra ensuite qui sera disponible et si j’en ressens le besoin. Là, pour commencer, ce sera un caddie local en Afrique du Sud et puis sinon, un petit chariot, c’est bien aussi. »

L’objectif est évidemment de remonter tout de suite. En tout cas, le plus tôt possible.

En termes de calendrier, Julien Brun, qui n’a plus pris le départ sur l’HotelPlanner Tour depuis la finale à Majorque début novembre 2021, s’attend à jouer beaucoup. Surtout à partir du mois d’avril, quand le circuit s’arrêtera pour quinze jours aux Emirats arabes unis

« Le calendrier est particulièrement dense, juge-t-il. Il y a beaucoup de tournois. Je ne suis pas dans le champ sur les deux tournois qui arrivent après le SDC Open. Je serai sur le dernier en Afrique du Sud (Ndlr, Jonsson Workwear Durban Open, du 19 au 22 février). J’irai si je peux en Inde puisque les deux tournois sont co-sanctionnés (avec le PGTI). Je ferai les deux tournois dans les Emirats (du 16 au 26 avril) et ensuite j’entrerai partout. Combien de tournois ? Un maximum en étant raisonnable. Les 19 tournois en 20 semaines, cela fait beaucoup. Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais pas d’opportunités sur le DP ! Peut-être l’Open de France si je fais une bonne saison. Il n’y a pas de tournois en face au programme cette semaine-là. Et puis c’est compliqué d’avoir des invitations. Je me concentre sur cette saison (sur la 2e division) et puis voilà. L’objectif est évidemment de remonter tout de suite. En tout cas, le plus tôt possible. » 

Même si la tâche s’annonce bien plus ardue désormais puisque seuls les quinze premiers à la Road obtiendront début novembre, à l’issue de la finale à Majorque, leur droit de jeu sur le DP World Tour 2027. 

« Oui, c’est un peu plus compliqué mais ça ne change pas fondamentalement les choses, conclut-il doucement. C’est sûr que c’est plus dur mais top 15 ou top 20, il faut de toute façon bien jouer et se mettre en position de gagner des tournois. »