Auteur d’un solide début de saison sur l’HotelPlanner Tour, Maxence Giboudot se fixe toujours le même objectif en 2026 : le top 15 final, qui lui permettrait de rejoindre son ami Martin Couvra sur le DP World Tour.

Après deux tournois joués, Maxence Giboudot pointe à la 4e place de la Road to Mallorca. © Jasper Wax / Getty Images - AFP

Et si 2026 était l’année de la confirmation ? Et celle de nouveaux horizons pour Maxence Giboudot, 22 ans depuis le 31 janvier ? Si l’on se fie à son début de saison en Afrique du Sud, et qu’on le transpose au même moment à ses deux exercices précédents sur l’HotelPlanner Tour, la tendance est plutôt à l’optimisme. Le Jurassien désormais domicilié à Cannes (06) est ainsi passé « aux choses sérieuses » en alignant entre le 1er et le 8 février une 7e place au SDC Open puis un top 15 au CIRCA Cape Town Open (13e). Il n’avait jamais fait mieux qu’une 37e place entre 2024 et 2025 sur ces deux tournois co-sanctionnés avec le Sunshine Tour.

Ces deux excellents résultats lui permettent d’occuper pour l’instant la 4e place de la Road to Mallorca, avant d’enchaîner cette semaine à Fancourt pour le NTT Data Pro-Am, un tournoi en alliance avec un cut fixé à l’issue du troisième tour ce samedi. « On joue sur trois parcours différents les trois premiers tours, résume le joueur, qui avait fini 34e en 2024 avant de ne pas passer le cut l’an passé. À ce titre, c’est un tournoi particulier. Il y a beaucoup de monde, il y a des amateurs… En ce début de semaine, il y a des orages au rendez-vous. On ne peut donc pas faire les reconnaissances comme on le souhaiterait. Mais c’est un beau tournoi. Moi, l’Afrique du Sud, j’adore. On évolue dans de très bonnes conditions. Les gens sont cools, on mange bien… »

Leader du SDC Open après 36 trous fin janvier du côté de Limpopo, où il a d’ailleurs fêté son anniversaire en compagnie de son père et de sa sœur, Maxence Giboudot emmagasine ici le plein de confiance, sachant que les points pris ne seront évidemment plus à prendre dans des tournois très relevés puisqu’ils englobent les meilleurs golfeurs sud-africains. « C’est cool de bien commencer, lâche-t-il doucement. Tous les ans, je me dis qu’en Afrique du Sud, c’est important de prendre des points pour tout le reste de la saison. C’est ce que je suis en train de faire cette année. Je ne peux être que content. Il y a encore deux tournois, le job est loin d’être fini évidemment, mais c’est sûr que ça commence bien. »

A-t-il modifié certains aspects de son jeu, s’est-il préparé différemment des années précédentes pour tout de suite appuyer sur l’accélérateur ? Pas vraiment ! « Après la Chine (Ndlr, un cut manqué au Hangzhou Open le 17 octobre et une finale des Cartes européennes achevées après quatre tours), j’ai posé les clubs pendant un bon moment, avoue-t-il. L’équivalent d’un mois et demi de break, sans jouer. J’ai passé du temps à la maison… Un peu avant Noël, j’ai repris le boulot avant de faire un petit break de nouveau pendant une semaine et je me suis ensuite ré-entraîné durant un mois avant de démarrer en Afrique du Sud. »

« Cette préparation n’est pas différente, ajoute-t-il. Les entraînements sont assez simples, rien d’extraordinaire. C’est du basique. On approche un peu certains trucs qu’on n’a pas le temps de faire durant la saison, on peut ainsi creuser dans le côté technique. Après, on travaille sur la performance… Mais je le répète, rien de bien fracassant. »

Il y a des gens qui paieraient cher pour jouer avec Romain ou Martin. Je joue tous les jours avec eux.

Son atout, sa petite « botte secrète », c’est qu’il s’entraîne aussi avec un groupe de joueurs déjà très expérimentés, sous la houlette d’un coach commun, Mathieu Santerre. L’ancien étudiant de la Texas Christian University partage ainsi ses séances du côté de Cannes-Mougins avec Clément Sordet, Paul Margolis, Romain Langasque et Martin Couvra. Un véritable accélérateur en termes d’informations techniques, mais aussi de ressenti vécu sur un parcours de golf.

« On a une bonne petite team, confirme-t-il. On s’entraîne tout le temps ensemble. C’est vraiment le pied. Il y a des gens qui paieraient cher pour jouer avec Romain ou Martin. Je joue tous les jours avec eux. Ce sont mes amis. C’est une aide précieuse pour emmagasiner de l’expérience auprès d’eux. Martin et moi, on est très proches. On a grandi ensemble. On a vécu pendant quatre ans au Centre de performanceTerre Blanche). Au quotidien, pouvoir jouer avec lui, avec eux, c’est de l’or. »

Avec David Baudrier en tant que préparateur physique, Maxence Giboudot accorde une confiance totale à Mathieu Santerre. Même sur l’aspect quelque part mental de son métier. « Je pense que le premier coach mental, c’est l’entraîneur qui vous voit tous les jours, souffle-t-il. Pour moi, un coach mental, c’est quelqu’un qui doit te voir au quotidien, et Mathieu remplit très bien ce rôle-là. »

Fort de ce noyau dur et d’un entourage XXL, celui qui est passé professionnel juste après sa 59e place à la finale des Cartes à Tarragone en novembre 2023 conserve les mêmes objectifs pour 2026. À savoir le DP World Tour en fin d’année. « Malgré ce bon début de saison, mes objectifs n’ont pas changé, c’est toujours le top 15 de la Road. Il reste 99 % de la saison à jouer. Je suis content de ce départ mais cela ne change rien à la façon dont je vais continuer à progresser sur le reste de l’année. Je travaille pour ça. Je sais aussi que je joue bien. J’évolue avec des bons joueurs. Je vois que je ne suis pas derrière. Maintenant, il faut juste attendre. C’est le golf : patienter et ça viendra. Voilà ! »

En possession d’une catégorie 8 sur l’HotelPlanner Tour, il sera sur tous les tournois de ce début de calendrier comme d’habitude quelque peu volatile. Après Durban la semaine prochaine, il s’envolera vers l’Inde (12-22 mars) après quinze jours de repos puis ralliera les Émirats arabes unis pour deux dates (16-26 avril). Ce n’est qu’au début du mois de mai, au moment du retour en Europe, qu’il faudra prendre une décision sur la suite d’un programme qui s’annonce dense et intense.  

« Je n’ai pas encore arrêté mon planning mais ça devrait être comme lors des deux dernières saisons, annonce en guise de conclusion ce grand fan de Brooks Koepka. J’essaie de faire des enchaînements de trois à quatre semaines maximum et ensuite bien me poser (Ndlr, 27 tournois en 2024, 25 en 2026). Ce sera donc entre 25 et 28 tournois cette année. »