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Céline Boutier : « Des souvenirs qui vont rester gravés »

Trois jours après la victoire de l'Europe dans la Solheim Cup 15 à 13 face aux États-Unis, Céline Boutier revient sur la façon dont elle a vécu l'épreuve, qui a vu les siennes conserver, en terrain hostile, le prestigieux trophée.

Céline Boutier
La Française a apporté 1,5 point à son équipe en trois matchs disputés. Tristan Jones / LET
04-06
septembre
SOLHEIM CUP
LIEU : Inverness Club, États-Unis
CIRCUIT : LPGA Tour

Comment avez-vous vécu cette Solheim Cup ?
Ça a été assez serré du début à la fin, donc on n'a pas vraiment eu de répit. On a bien commencé la première matinée de foursomes le samedi, mais même en arrivant aux simples avec deux points d'avance, on savait que tout pouvait arriver. Donc on a essayé de faire de notre mieux chaque jour, et comme beaucoup de matchs sont allés au 18 (16 sur 28, ndlr), c'est resté serré jusqu'au bout. Finalement, le fait d'avoir pu décrocher la victoire avec deux points d'avance a été un moment incroyable, d'autant plus aux États-Unis avec tout le monde contre nous.

Le putt de Matilda Castren pour gagner son simple le lundi et marquer ce fameux 14e point a été une délivrance ?
Oui ! On s'interroge un peu tout le temps en match play, et encore plus sur ce parcours où les retournements de situation pouvaient arriver facilement même si on était 2 ou 3 up. Tant que ce n'est pas fini, ce n'est pas gagné. C'est vrai que Matilda a rentré un putt incroyable pour sauver son par après s'être retrouvée dans le bunker en deux, et le voir tomber nous a vraiment délivrées !

Votre premier match en foursome samedi matin avec Georgia Hall s'est soldé par une égalité arrachée sur le 18. Une satisfaction ou une déception ?
C'était un match un peu compliqué, car on n'a pas super bien joué pendant l'essentiel de la partie, mais on a réussi à s'accrocher. Au 17 Georgia a mis un putt incroyable pour continuer le match, ce qui nous a vraiment donné un coup de boost. Et au 18, le fait qu'Ally Ewing ait raté 1,50 m pour gagner était un vrai bonus. Donc on a vraiment perçu ce demi-point comme une victoire, car on a été menées toute la partie.

Le lendemain, vous n'avez pas joué les foursomes, mais vous avez été alignée en quatre-balles l'après-midi avec Sophia Popov, pour une défaite 3&2...
Ne pas jouer est toujours difficile, car on veut toutes contribuer et on est toutes prêtes à faire de notre mieux. J'ai trouvé que c'était une décision un peu bizarre, car je pense avoir plutôt le jeu pour un foursome que pour un quatre-balles, mais Catriona Matthew m'a mise l'après-midi avec Sophia, avec qui je n'avais pas vraiment joué avant. Mais finalement, on a plutôt bien joué ensemble, et l'entente entre nous dans la partie a été bonne. Après, on est tombées contre Mina Harigae et Yealimi Noh qui ont fait un bon match, surtout Mina qui a joué de façon incroyable du début à la fin. C'est dommage d'avoir perdu car on a bien joué nous aussi, mais elles ont mérité leur point. Ça arrive qu'on fasse des beaux matchs et qu'on perde quand même...

Céline Boutier
Céline Boutier a remporté sa deuxième Solheim Cup après celle de 2019 à Gleneagles (Tristan Jones / LET)

À titre personnel, c'était votre première défaite en deux Solheim Cup, cela vous a-t-il affectée ?
Honnêtement, je préfère perdre mon point et gagner la Solheim Cup que l'inverse (rires) ! Personne n'aime perdre, mais le plus important reste quand même de soulever la coupe à la fin.

Le dernier jour en simple, vous avez retrouvé Mina Harigae. Avec un esprit de revanche ?
C'est sûr que j'étais un peu remontée. J'avais l'impression de mieux jouer depuis la veille, donc je me suis efforcée de ne pas faire d'erreurs et de la mettre sous pression le plus tôt possible, pour ramener mon point. J'ai été très solide, je ne lui ai pas laissé beaucoup d'opportunités, et c'est vrai qu'elle n'a pas très bien joué de son côté. Le simple, c'est vraiment ce qui se rapproche le plus de ce qu'on a l'habitude de faire quand on est en tournoi normal, donc je me suis sentie vraiment à l'aise dès le départ. Les doubles, on en joue une fois tous les deux ans, donc il faut toujours un petit temps d'adaptation pour se mettre dans le rythme, mais là en simple je me suis sentie bien dès le premier trou.

Votre point est arrivé assez vite et a permis à l'Europe de mener 12 à 8. Après cela, comment avez-vous vécu la longue attente jusqu'à la délivrance ?
C'était un bon point, bien sûr, et je suis sortie du match très satisfaite de mon jeu. Et c'est vrai que comme j'étais cinquième dans l'ordre des départs, et troisième à terminer, j'ai eu pas mal de temps pour aller encourager les filles ! J'ai tout de suite « oublié » mon match pour aller encourager mes coéquipières : d'abord Georgia contre Nelly Korda dans le match juste devant le mien, et après je suis descendue voir Nanna Madsen. Et comme tous les matchs étaient assez serrés derrière, je me suis posée vers le 15, 16 et 17 pour soutenir un peu tout le monde. C'était difficile de choisir car tout se passait en même temps !

Vous avez suivi l'évolution du score global au cours du dernier jour ?
Un peu, mais de loin. J'ai dû regarder une ou deux fois le leaderboard, et encore je ne voyais que le bleu ou le rouge, pas les scores précis. Et de toute façon, ça ne veut rien dire car ça change tellement vite ! Donc je me suis d'abord concentrée sur le fait de ramener mon point, parce que si je m'étais intéressée aux scores des autres pendant mon match, ça aurait pu me sortir de ma partie.

Être toutes seules au milieu du public américain, c'était plus difficile que ce que l'on pensait. Ça nous a énormément motivées aussi.

La fin de la journée a été stressante à vivre pour vous ?
Un peu, oui, mais honnêtement j'avais confiance en mes partenaires. Ce sont toutes de très bonnes joueuses, et je savais qu'elles allaient se battre de toutes leurs forces. C'était vraiment stressant de regarder, mais j'avais un bon feeling quant au dénouement. On avait vraiment un bon groupe, donc j'ai toujours cru en nos chances de gagner.

Le fait d'avoir gagné aux États-Unis, dans un contexte particulier puisqu'il y avait très peu de fans européens, rend-il la victoire encore plus belle ?
C'était vraiment un soulagement de gagner, car on a été sous tension toute la semaine. Être toutes seules au milieu du public américain, c'était plus difficile que ce que l'on pensait. Ça nous a énormément motivées aussi. Je ne sais pas si c'était plus ou moins fort qu'à Gleneagles en termes d'émotion, mais ça avait vraiment une saveur particulière de gagner chez elles, sans nos fans.

La fête, le soir, a-t-elle été aussi réussie que la compétition ?
Euh... oui, c'était pas mal (rires) ! C'est toujours mieux d'être du côté des gagnantes, et ce sont des souvenirs qui vont rester gravés en nous pas mal de temps, je pense.

Boutier Solheim
Leona Maguire, Carlota Ciganda et Céline Boutier célébrant la victoire (Tristan Jones / LET)

Par Alexandre MAZAS
9 septembre 2021