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Saison 3, épisode 2 Céline Boutier : « je n’ai pas trop de doute sur mon golf »

Après 166 jours d’interruption en raison de la pandémie de coronavirus, Céline Boutier, qui a gagné deux fois sur des mini-tours durant la trêve forcée, reprend la compétition ce vendredi à Toledo (Ohio). Elle jouera au moins jusqu’au 30 août. Sans le moindre break…

31 juil. -
2 août
LPGA DRIVE ON CHAMPIONSHIP
LIEU : Inverness Club (Ohio), Etats-Unis
CIRCUIT : LPGA Tour

« Cela fait quelques semaines maintenant que je me prépare à cette reprise. Je me suis rodée sur des tournois du mini-tour où ça s’est globalement bien passé (deux victoires, une deuxième place). Bref, je ne pense pas avoir trop de retard (sourire). Mais c’est vrai que j’ai hâte de reprendre la compétition sur le LPGA. Même si j’ai encore un peu de marge de progression, je me sens plutôt bien en ce moment. Mon jeu est là. On va partir pour deux semaines dans l’Ohio. Je connais l’un des deux parcours (Marathon Classic programmé du 6 au 9 août à Sylvania), l’autre pas du tout (LPGA Drive On Championship prévu du 31 juillet au 2 août à Toledo). Cela va être intéressant de voir comment ils vont préparer les tracés. Il y aura évidemment pas mal de différences en termes de préparation entre ce que l’on connait sur le LPGA Tour et ce que j’ai pu voir sur le mini-tour durant le break forcé. J’espère que ce ne sera pas trop compliqué. Mais je suis plutôt confiante. La préparation a été bonne. Je n’ai pas trop de doute sur mon golf… »

« Il évident que ce l’on entend aux infos par rapport au Covid-19 n’est pas très réjouissant. Ici, au Texas (elle vit à Dallas, Ndlr), ils ont rendu le masque obligatoire une fois que vous êtes dans la rue. Quand vous allez dans un restaurant ou dans un magasin, vous êtes là aussi obligé de porter un masque. Cela rassure un peu quand même. C’est vrai que le nombre de cas augmente aux Etats-Unis (150 263 décès au 27 juillet). Mais en ce qui me concerne, ma vie n’a pas trop changé. Au golf, là où je joue (Trinity Forest Golf Club), il n’y a pas trop de monde et j’arrive quand même à pratiquer la distanciation sociale. Cela ne me dérange pas. Même à la salle de sports où je vais, mon prof porte un masque. Dans ma vie de tous les jours, cela ne m’affecte pas trop. Maintenant, le fait de voyager, de prendre l’avion, d’aller dans les hôtels, on peut avoir un peu de doute… Mais je sais que la LPGA a pris des bonnes mesures. On se fait tester toutes les semaines… Je sais qu’ils sauront stopper la propagation du virus assez rapidement. »

« A l’image de ce qui s’est passé lors des dernières semaines sur le PGA Tour, je pense qu’il va y avoir certaines joueuses qui vont être testées positives. Peut-être pas la première semaine mais il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu, comme par exemple le fait de faire venir des joueuses de tous les coins du monde pour disputer un tournoi au même endroit. Il peut s’y passer pas mal de choses. Après, on sait qu’on se fait tester en début et en fin de semaine. C’est bien. On saura assez tôt s’il y a des filles positives. Ou même des caddies. Mais cela va arriver, c’est évident. A un moment ou un autre. Il faut juste que cela soit détecter assez tôt pour éviter la propagation. »

Vol charter pour l'Ecosse

« Pour l’instant, contrairement au PGA Tour, il n’y a pas de vol charter pour se déplacer sur les différents tournois. Sauf pour aller et revenir d’Ecosse (pour le Scottish Open (13-16 août) et pour le British Open (20-23 août), Ndlr). Tous les caddies, les joueuses, les officiels seront dans le même avion. Il y aura donc moins de contact avec l’extérieur. Après, on ne sait jamais. Mais je pense que les mesures qui ont été mises en place sont bonnes. En ce qui me concerne, je sais que je vais jouer les cinq tournois qui sont confirmés au calendrier (du 31 juillet au 30 août), jusqu’à l’Arkansas (Walmart NW Arkansas). Après, pour le reste de la saison, il y a encore une petite part d’incertitude. On ne sait jamais trop comment cela va évoluer. D’autant qu’on a quelques tournois en Californie, et qu’il y a la tournée en Asie (du 15 octobre au 8 novembre, Ndlr). Là, c’est clairement un gros point d’interrogation au moment où je vous parle… Bref, à la fin du mois d’août, rien n’est encore vraiment fixé. Pour l’instant, j’essaie de me focaliser sur les cinq premiers tournois où je ferai tout pour performer. »

Le huis clos ? Pas de problème !

« On n’aura hélas pas la possibilité d’aller à Evian cette année disputer The Evian Championship. C’était pour moi une bonne occasion de rentrer en France… Pour quelques jours… A ce propos, j’ai hésité à retourner en France durant cette très longue interruption… C’était une situation délicate pour tout le monde. Personnellement, je suis déçue ne pas pouvoir jouer Evian. Mais ce sera pour l’année prochaine. Je ne connais pas tous les détails qui ont fait que le tournoi a été reporté à 2021 mais j’avoue que j’ai été surprise qu’ils maintiennent les tournois en Ecosse. Je pensais vraiment qu’ils allaient là aussi annuler. Mais le fait que ce soit deux semaines au même endroit ou presque, cela aide pas mal. Ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour que cela se réalise en tout cas. A ce titre, jouer à huis clos ne me pose pas trop de problème. C’est d’ailleurs la condition pour que l’on joue. Donc, pas de souci pour moi de ce côté-là. C’est sûr que c’est différent, surtout quand vous êtes dans une partie qui est suivie. C’est vrai que c’est bien avec les spectateurs, mais sans, il faudra juste s’adapter et tout entrera dans l’ordre rapidement. »

« Il est évident que c’est très difficile de se fixer des objectifs quand on ne sait pas trop quels tournois on va finalement pouvoir jouer. Mais c’est vrai que j’aimerais de nouveau gagner cette année. J’essaie de me focaliser là-dessus. C’est tout ce que je peux contrôler. On traverse malgré tout une drôle de période. J’ai toujours l’habitude d’être en mouvement, de faire toujours quelque chose et là, le break a été très long. Mais finalement, ça a été plutôt bénéfique de rester chez soi. J’ai repris pas mal d’énergie. Mentalement aussi. Je me suis reposée. J’ai gagné en force grâce à la préparation physique. Ce break sera certainement le plus long de ma carrière de golfeuse professionnelle. Là, je suis vraiment prête pour repartir de l’avant. Ces dernières années, je n’avais pas franchement arrêté, sans vraiment trop se poser. On est toujours fixé sur ce qui va arriver, sur le prochain tournoi, la prochaine saison… Ce n’est jamais facile d’essayer de se reposer quand on sait qu’il y a un tournoi qui arrive dans les prochains jours. Là, j’ai eu l’opportunité d’être seulement dans le présent et ne pas penser uniquement à la performance, au golf et vouloir être toujours meilleure. Non, mentalement, ça m’a fait du bien ce break. Il a été bénéfique. »


Par Lionel VELLA
30 juillet 2020