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Cinq dates ayant fait progresser l’égalité hommes-femmes dans le golf

En ce 8 mars, coup de projecteur sur cinq événements ayant aidé notre sport à avancer sur le chemin de la parité. Liste non-exhaustive bien sûr, et appelée, espérons-le, à grossir dans le futur.

Céline Boutier à côté de l'Écossais David Law, lors de l’ISPS Handa Vic Open en 2019. Michael Dodge / Getty Images via AFP

1964 : Création du Championnat du monde par équipes dames

Cocorico, on commence par une initiative (et une réussite) française : la création et la première édition du Championnat du monde amateur par équipes dames. Car si les messieurs peuvent se mesurer les uns aux autres sur les terrains depuis 1958, date du premier Eisenhower Trophy disputé à Saint-Andrews, les dames ont dû attendre 1964 pour en faire de même.

La principale artisane de ce projet se nomme Lally Vagliano (aussi nommée de Saint-Sauveur de son premier mariage, ou Segard de son second), joueuse française comptant à son palmarès, entre beaucoup d’autres, une victoire au British Girls (1937), une victoire au British Ladies (1950), et huit titres de championne de France. En 1964, elle propose à la section féminine de l’USGA la création d’un championnat du monde par équipes dames. Proposition acceptée, à condition que la France prenne à sa charge l’organisation de la première édition, en 1964. C'est chose faite au golf de Saint-Germain, où 27 équipes de trois joueuses s’affrontent sur quatre tours de stroke play, les deux meilleures cartes étant retenues chaque jour dans le total de l’équipe (formule ayant toujours cours aujourd’hui).

Cerise sur le gâteau : l’équipe de France, constituée de Catherine Lacoste, Brigitte Varengot et Claudine Cros, sous la houlette, évidemment, de la capitaine Lally Vagliano, s’impose sur le fil devant les Américaines. Dès l’édition suivante, les deux championnats du monde, messieurs et dames, sont regroupés dans le même pays, puis un peu plus tard sur les mêmes parcours, où ils se disputent désormais l’un après l’autre sur deux semaines consécutives. La prochaine édition est programmée en 2022, et se déroulera en France, au Golf National et à Saint-Nom-La-Bretèche.

1987 : Création de l’Open de France dames

Deuxième initiative française, mais celle-là beaucoup plus logique eu égard à la nature de l’épreuve : la création d’un Open de France dames. Car si les messieurs disputent le plus vieil open d’Europe continentale depuis 1906, les dames ont dû attendre 1987 pour en faire de même.

Dès sa première édition, disputée à Fourqueux, celui qui se nomme alors le Letting French Open est intégré au calendrier du Ladies European Tour (LET), lui-même créé en 1979. Il ne faut attendre qu’une année, et la deuxième édition de 1988, toujours à Fourqueux, pour voir s’imposer une Française, en l’occurrence Marie-Laure de Lorenzi. Dénommée Lacoste Ladies Open de France depuis 2011, l’épreuve, que la pandémie n’est pas parvenue à annuler en 2020, verra son édition 2021 se dérouler du 16 au 19 septembre, au Golf du Médoc.

1990 : Création de la Solheim Cup

Dans la droite lignée des épreuves inspirées directement de leur version masculine, la première Solheim Cup est organisée en 1990, en copié-collé de la Ryder Cup : deux équipes s’affrontent sur trois jours dans une série de matches, l’une regroupant les meilleures joueuses européennes, et l’autre les meilleures joueuses américaines.

Les créateurs de l’événement ne sont autre que Karsten Solheim, créateur de la marque Ping, et sa femme Louise. Dès les débuts en 1990, Marie-Laure de Lorenzi représente la France au sein de l’équipe européenne, ce qu’elle fera à deux autres reprises (1996 et 1998). D’ordinaire disputée lors des années sans Ryder Cup (ou est-ce la Ryder Cup qui est disputée lors des années sans Solheim Cup ?), elle cohabitera dans le calendrier avec son homologue masculine pour la première fois en cette année 2021, le covid-19 étant passé par là. Cohabitation mais pas chevauchement, puisque la Solheim Cup se déroulera du 4 au 6 septembre à Inverness (Ohio), et la Ryder Cup suivra du 24 au 26 septembre à Whistling Straits (Wisconsin).  

2019 : Émergence des tournois mixtes

Dans la volonté de porter la même quantité de lumière médiatique sur les tournois masculins et féminins, les années récentes ont vu fleurir plusieurs tournois mixtes, où messieurs et dames évoluent en même temps sur le même parcours, que ce soit en gardant des tableaux de scores séparés ou non. Si ces tournois mixtes ne sont pas une nouveauté sur le principe (quelques-uns se déroulaient déjà en Ecosse au XIXe siècle), ils font en tout cas l’objet d’une remise au goût du jour.

En avril 2019, le Challenge Tour, le Staysure Tour (le circuit seniors messieurs européen) et le LET ont conjointement inscrit à leur calendrier le Jordan Mixed Open, disputé par des joueurs et joueuses issus des trois circuits, et réunis dans un seul et unique classement (et accédant ainsi à la dotation sur la seule base dudit classement).

Fin 2019 cette fois, Henrik Stenson et Annika Sörenstam, les deux légendes du golf suédois, annoncent la tenue d’un tournoi mixte pour juin 2020 à Stockholm, comptant pour le Tour européen et le LET. Classement séparé, mais même nombre de participants de part et d’autre, et surtout dotation strictement identique. Évidemment, l’édition 2020 a dû être annulée pour cause de pandémie. Celle de 2021, et qui sera donc la première, est programmée du 10 au 13 juin.

Mais nos petits cœurs de Français ont surtout en tête la victoire de Céline Boutier, début 2019 à l’ISPS Handa Vic Open, la première victoire de sa carrière sur le LPGA Tour. Il s’agissait alors (et il s’agit toujours) de la tenue concomitante des deux tournois, messieurs et dames, aux mêmes dates et sur le même parcours. Les deux champs se sont néanmoins partagé le même montant en termes de dotation.

Question dotation justement, les tournois majeurs féminins poussent depuis plusieurs années pour rattraper le décalage par rapport aux messieurs. L'Amundi Evian Championship, qui se déroulera du 22 au 25 juillet prochains sur le parcours de l'Evian Resort, en est une parfaite illustration. Cette année, il offrira 4,5 millions de dollars, grâce notamment à l'arrivée de son nouveau sponsor titre.

2017-19 : Les dernières portes s’ouvrent

Il aura fallu attendre d’être largement rentré dans le XXIe siècle, mais certaines parmi les institutions golfiques les plus rétives ont fini par féminiser leur paysage. Ainsi, en 2019, l’Augusta National, hôte et organisateur du Masters, reçoit la première édition de l’Augusta National Women’s Amateur, première compétition féminine disputée dans l’enceinte géorgienne. Annulé en 2020, l’ANWA, de son petit nom, se déroulera du 31 mars au 3 avril prochains, avec quatre Françaises au départ (Pauline Roussin-Bouchard, Lucie Malchirand, Agathe Laisné et Candice Mahé).

Plus tardif encore niveau ouverture : en 2017, Muirfield, en Ecosse, est devenu le dernier club faisant partie de la rotation du British Open messieurs à autoriser les femmes à en devenir membres. Le Royal Saint-George, en Angleterre, s’était entêté jusqu’en 2015. Oui, 2015...


Par William LECOQ
8 mars 2021