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L'Interview Hors-Limites : Alexandra Bonetti

2019 année du neuf pour la golfeuse parisienne qui arpente à nouveau les fairways avec plaisir. Bonne partie !

L'Interview Hors-Limites : Alexandra Bonetti
Alexandra Bonetti ne dirait pas non à un épisode de Top Chef pour conclure une partie en match play avec Céline Boutier et Tiger Woods. Alexis Orloff

 Trou n°1 :  as-tu suivi le Masters ?

Bien sûr, j’ai suivi les quatre tours ! Je suis passionnée ! J’adore regarder les grands événements sportifs en général, qui plus est les Grands Chelems, et notamment le Masters… Cerise sur le gâteau, je suis une grande fan de Tiger Woods. C’était donc une bonne soirée.

Trou n°2 : sur un terrain de golf, tu es plutôt pipelette ou dans ta bulle ?

Ça va vraiment dépendre de mes partenaires de jeu. Quand j’ai une bonne partie, j’aime bien être pipelette. En revanche lorsque la partie est moins sympa, je reste dans ma bulle.

Les deux configurations ne me dérangent pas de toute manière, je m’en accommode facilement. J’arrive à rester concentrée même lorsque je papote, je sais m’arrêter au moment où j’arrive près de ma balle.

Trou n°3 : quel est ton parcours préféré et pourquoi ?

C’est très compliqué à choisir ! J’adore les links mais également les parcours plus boisés comme Morfontaine, avec des pins, des bruyères… Je n’ai jamais joué Augusta mais ce serait typiquement un parcours que j’adorerais. Je ne peux pas donner qu’un nom.

Trous n°4 : quelles sont les personnes avec qui tu passes le plus de temps ?

Etant célibataire, je vais dire mon père (rires). Il est à la retraite depuis peu, donc parfois il vient avec moi pour mes entraînements à Paris. Mais il ne me suit pas sur tous les tournois. Une ou deux fois dans l’année maximum.

Avec qui voudrais-tu passer plus de temps ?

Avec mes amis non-golfeurs qui ont une vie plus classique. Eux sont plus disponibles le week-end, et moi pas vraiment, donc c’est toujours plus compliqué de les voir.

Mes meilleurs amis que j’ai gardés depuis la primaire et le collège ne sont pas du tout dans le monde du golf mais comprennent très bien mon rythme décalé.

Trou n°5 : l’émission télé ou la série que tu regardes mais dont tu n’es pas très fière ?

Top Chef ! Je n’en suis pas spécialement peu fière, mais c’est vrai que je la regarde de façon très assidue. Il y a eu 10 saisons et je n’ai pas dû louper un épisode ! C’est peut-être plus ça dont je ne suis pas trop fière (rires).

J’adore la cuisine, et ça ne me dérange pas de passer des heures derrière les fourneaux pour préparer un bon petit plat.

Trou n°6 : ta plus grande déception golfique ?

C’était ma première année pro sur le LET Access en 2016, à mi-saison j’avais fait beaucoup de changements techniques depuis le début de l’année et en août j’enchaînais quatre tournois au fin fond de la Suède et de la Finlande. Sur le premier tournoi je fais un score catastrophique, je n’avais plus aucune sensation, j’ai cru avoir tout perdu.

Et je me suis dit, il me reste trois semaines dans cet état, à ne pas lever un coup. J’étais au fond de mon lit à analyser des vidéos, essayer de comprendre ce qu’il se passait, j’étais en larmes.

Finalement deux semaines plus tard, tout est revenu dans l’ordre, et à partir de septembre je n’ai même plus loupé un cut. J’étais tombée au plus profond du trou avant de remonter.

Il faudrait plus de tournois mixtes pour qu’on puisse bénéficier du public des hommes.

Trou n°7 : qu’est-ce que la France devrait emprunter aux Etats-Unis pour avoir des joueurs de golf plus performants selon toi ?

Je pense que la France à tout ce qu’il faut et tous les talents nécessaires pour être aussi performante que les Américains.

La seule différence que j’ai pu observer c’était après mon premier trimestre à la fac aux Etats-Unis. J’étais rentrée pour un stage avec l’équipe de France pendant 4 jours et à la fin je me suis dit que je n’en pouvais plus du pessimisme et de la négativité des Français.

C’était en totale contradiction avec ce que je vivais aux US, où ils sont extrêmement positifs et optimistes. En seulement trois mois j’avais adopté leur mentalité, et ça m’a totalement perturbé quand je suis rentrée en France de voir que les filles n’avaient plus du tout cet esprit. Elles se centraient beaucoup sur ce qui n’allait pas, ressassait le mauvais, au lieu de continuer à aller de l’avant et de voir le bon côté des choses.

De la même manière, si un Français termine deuxième d’un tournoi, la presse va plus parler du négatif de la dernière partie, mettre en avant le fait qu’il ait craqué, au lieu de féliciter le sportif de ce très bon résultat. Notre culture devrait plus parler des bonnes choses !

Certes c'est peut-être un extrême aux Etats-Unis, mais je pense que si on pouvait accorder plus d’importance au positif, cela serait sûrement excellent pour l’aspect mental des champions et futurs champions…

Trou n°8 : comment va ta santé ? ton moral ?

Ça va beaucoup, beaucoup mieux. J’ai eu un souci physique, je n’appellerai pas ça un gros problème car je n’avais pas de plâtre, je n’étais pas en fauteuil roulant. Je préfère prendre des pincettes car je suis consciente que certaines personnes ont des soucis de santé bien plus graves que moi.

Mais le fait est que je ne pouvais plus jouer car j’avais des douleurs intercostales très importantes. J’ai essayé de combattre ces douleurs en jouant malgré tout, mais c’était la cata.

Je m’arrêtais et je reprenais, mais jamais assez longtemps donc ça ne guérissait pas vraiment et ça recommençait de plus belle. C’était moralement très compliqué.

En décembre 2018, j’ai posé un « ultimatum » aux médecins en leur demandant s’il était possible de me soigner durablement ou si je devais arrêter définitivement le golf.

On a alors changé d’approche, j’ai fait beaucoup de renforcement du dos, j’ai adapté ma technique au niveau golfique, et mes douleurs ont enfin disparu et aujourd’hui j’arrive à jouer sereinement sans souffrir. C’est un véritable soulagement, ça faisait très longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir sur un parcours de golf.

Trou n°9 : quels sont tes objectifs sportifs pour cette saison ?

Comme je n’ai pas pu aller aux cartes en fin d’année, j’ai pris ma membership sur le LET, mais je ne vais pas entrer dans les plus gros tournois avec ma catégorie actuelle.

Donc je vais jouer sur des tournois du LET Access, mais avant tout je veux reprendre confiance, retrouver de bonnes sensations. Si je joue bien, je bénéficierai d’invitations et cela me permettra de progresser sans brûler d’étapes.

Trou n°10 : ta formule de jeu préférée en partie amicale ? et avec qui ?

J’adore le match play. La plupart des tournois que j’ai gagné sont en match play donc on va dire que c’est une formule qui me convient bien.

En équipe j’adore le scramble, ça permet de faire des résultats un peu fous, c’est toujours sympa. Et je choisirais Céline Boutier en partenaire.

Trou n°11 : ton meilleur souvenir de golf en tant que spectatrice ?

La Ryder Cup 2018 évidemment ! J’y était le mardi, jeudi et samedi. C’était génial.

Mais si la question m’avait été posée 6 mois plus tôt, j’aurais dit la Solheim Cup au Colorado en 2013. C’était juste avant le reprise de la fac, donc je n’étais pas très loin, j’en avais évidemment profité.

Alors c’est à bien plus petite échelle que la Ryder Cup, et comme nous étions aux US, il y avait très peu de supporters européens. On était une grande famille, tous ensemble, l’ambiance était vraiment géniale. Et les Américains jouaient le jeu avec leurs perruques, leurs peintures leurs chants. C’est un super souvenir.

Trou n°12 : qu’est-ce que tu aimerais voir changer dans le golf féminin de haut niveau ?

J’aimerais que le golf se développe bien plus en Europe. Aux Etats-Unis, ils ont vraiment cette culture golf, même pour le golf féminin. Il y a un calendrier vraiment bien garni, des dotations superbes, des tournois partout sur le territoire. C’est un gros buisness.

J’ai l’impression qu’en Europe on n’arrive pas à réenclencher les choses, que cela fonctionnait bien mieux il y a 10 ans qu’aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est culturel.

Ce qui est sûr c’est que les tournois où ils ont mélangé hommes et femmes nous ont donné plus de visibilité, il y avait beaucoup plus de monde, les spectateurs ont montré un véritable intérêt, et se sont rendus compte que ce n’était pas si mal ce que l’on faisait aussi ! En plus, ils peuvent plus s’identifier à notre jeu qu’à celui des hommes qui tapent beaucoup plus fort que nous. Je pense que c’est intéressant pour eux.

Malheureusement le golf féminin est tellement peu mis en valeur dans les médias, sur les chaînes de sport et même de golf, que c’est encore plus compliqué pour nous de percer auprès du grand public.

Alors peut-être qu’il faudrait plus de tournois mixtes pour qu’on puisse bénéficier du public des hommes. En plus je trouve ça beaucoup plus logique pour les organisateurs de profiter au maximum de toute l’organisation et des infrastructures mises en place pour un tournoi.

Trou n°13 : à quand remonte ta dernière grosse soirée ? quelle était l’occasion ?

Alors je ne suis pas une grosse fêtarde, je préfère un bon dîner, j’adore bien manger !

Mais là je ne me souviens même plus d’une grosse soirée, tellement j’en fais peu (rires). Ce devait sûrement être à la fac aux Etats-Unis, là il y avait des grosses soirées étudiantes, un peu cliché, avec les footballeurs américains. J’en ai fait quelques-unes.

L'Amen Corner

Trou n°14 : ta chanson préférée ? Je n’en ai pas une en particulier, mais j’aime bien Coldplay. Ça passe toujours bien.

Trou n°15 : ton sportif préféré ? Je vais en donner deux, Tiger Woods évidemment, mais je suis aussi une grande, grande fan de Rafa (Rafael Nadal).

Trou n°16 : ton plat préféré ? Si j’ai vraiment faim, un énorme plat de pâtes, je ne m’appelle pas Bonetti par hasard… Et pour une plus petite faim, j’adore les ceviches de poisson.

Trou n°17 : ta destination de vacances préférée ? J’aimerais découvrir la Patagonie, je n’y suis jamais allée mais ça me fait rêver.

Trou n°18 : ton coup de golf préféré ? Le putting, mon putter c’est mon club favori.

À toi de jouer maintenant, de quel joueur ou joueuse souhaites-tu tester les limites pour L’Interview Hors-Limites du mois de mai ?

Céline Boutier, Julien Brun et Paul Barjon.


Par Prune JUNGUENET
9 mai 2019