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Cyril Bouniol s’attaque à l’Empire du Milieu

En validant le 1er mars à Guangzhou son droit de jeu pour le PGA Tour China, le Français, installé du côté de Fort Worth (Texas), se lance un nouveau défi : retrouver en fin d’année, via ce circuit satellite américain, le Web.com Tour. 

A 31 ans, le Tarbais s'offre un nouveau défi... Alexis Orloff / ffgolf

Dans le sillage des « pionniers » Paul Barjon et Vaita Guillaume, sur le Mackenzie Tour Canada, et Louis Cohen-Boyer, sur le PGA Tour Latinoamerica, un Français va à son tour évoluer sur un circuit satellite du tout puissant PGA Tour. Cyril Bouniol a en effet validé le 1er mars sa carte sur le PGA Tour China en finissant troisième (avec un score total de -4) de la deuxième étape de qualification disputée à Guangzhou. 

Se désinscrire des Cartes au Canada

Le Tarbais, qui n’avait plus de catégorie de jeu en Europe ni sur le Web.com Tour, va donc tenter via le PGA Tour China de rejoindre en 2020 la deuxième division américaine, l’antichambre du plus grand Tour au monde. Un challenge un peu fou mais pleinement mesuré, et assumé !  
« Ou je miroitais une saison de plus sur des mini-tours avec des qualifications le lundi sur le Web.com Tour mais avec le lot d’incertitude qui va avec, ou je tentais cette aventure chinoise, explique calmement l’ancien membre de l’European Tour. J’aurais pu aussi partir sur le Mackenzie Tour mais je vois ça comme une situation de confort. Tout le monde veut y aller car on parle anglais, les voyages sont plus faciles à effectuer… Mais très souvent, les opportunités, ce n’est pas dans la facilité qu’on les trouve… Je vais d’ailleurs me désinscrire des Cartes pour le Canada… » 

Le couteau sous la gorge 

C’est lors d’une discussion en décembre dernier avec son coach Cameron McCormick, celui de Jordan Spieth et de Céline Boutier notamment, que Cyril Bouniol prend la décision de donner un coup de booster à sa vie de golfeur professionnel. Il venait de réaliser sa meilleure moyenne de score de toute sa carrière (68,42), avait signé plusieurs cartes très basses (64 ou 63), passé deux cuts sur le Web.com Tour et avait dans le même temps l’impression d’avoir bouclé sa pire année à la fois sportive et financière.
« C’était juste avant que je parte en France y passer les fêtes de Noël, poursuit-il. Cameron m’a dit : « si tu avais joué en Chine, au Canada ou en Amérique latine, on serait en train de préparer la saison sur le Web.com Tour. Il faut vraiment qu’on essaie de songer à monter sur un Tour où le bon jeu sur une saison est récompensé. » Moi, j’en avais un peu marre de faire des qualifications le lundi sans en tirer profit. J’ai ainsi joué -29 sur cinq qualifs du Web.com Tour et je ne me suis pas qualifié. Avec la Chine, je vais avoir quatorze ou quinze tournois pour m’exprimer et je n’aurais pas cette sensation d’avoir ce couteau sous la gorge à chaque départ. » 

Nourriture, langue, pollution... 

Si le calendrier complet n’est pas encore officiel, Cyril Bouniol sait que les premiers tournois se joueront la dernière semaine de mars et les deux premières semaines d’avril. Il devrait s’envoler vers la Chine aux alentours du 23 mars, sachant qu’un déplacement depuis Fort Worth (Texas), où il réside, jusqu’en Chine dure entre 24 et 28 heures !
« J’avais eu un avant-goût de la Chine en 2014, quand j’étais sur le Challenge Tour, se remémore le Français. J’étais tombé malade ! Mais je n’ai pas peur de sortir des sentiers battus. C’est vrai que la Chine, c’est un challenge. Il y a la nourriture, la barrière de la langue, car très peu de gens, même dans les hôtels, parlent anglais… Et puis il y a la pollution. Ce sera le plus dur je crois. Parfois, sur le parcours, on a les yeux qui brûlent, la gorge en feu, on ne voit pas le soleil, on est dans un brouillard permanent… Mais cela ne me fait pas peur. Je n’ai plus 20 ans. Il y aura plusieurs semaines off entre les tournois. Cela me permettra aussi de rentrer aux Etats-Unis et de participer à des Monday Qualifier sur le Web.com Tour. Fin avril, il y a un Web.com à San Antonio, à trois-quatre heures de route de la maison… » 

Une saison en Chine, pas plus... 

Pour rejoindre le Web.com Tour en 2020 via le PGA Tour China, plusieurs cas de figure s’offrent à lui. En terminant premier de l’Ordre du mérite, il aura un droit de jeu complet. S’il finit entre la deuxième et la cinquième places, il obtiendra une catégorie conditionnelle avec quelques départs assurés sur le Web.com Tour, sachant que le top 10 est qualifié directement pour la finale des Cartes en fin d’année.
« Si je fais mon boulot correctement, je pense avoir réellement mes chances de monter sur le Web.com Tour en 2020, conclut-il. La Chine, je la vois comme une belle opportunité. J’ai repris sérieusement les choses en main au niveau du physique. Mon expérience en Europe et la façon de gérer les voyages vont m’aider. Mais mon objectif est clair : faire une saison là-bas et atteindre le Web.com Tour ! »


Par Lionel VELLA
8 mars 2019