Absent de la finale de la Race en novembre dernier, Julien Guerrier entend effacer cette « anomalie » en 2026. Son excellent début de saison prouve que le Rochelais est animé d’un esprit revanchard.
Julien Guerrier n’a clairement pas tergiversé en ce début de saison sur le DP World Tour. 6e au Nedbank Golf Challenge le 7 décembre à Sun City (Afrique du Sud), le Rochelais a enchaîné le week-end passé en prenant la 3e place du Dubaï Invitational. Deux tournois à champ réduit, certes, mais affichant un niveau de jeu hyper relevé.
« C’est sûr que ça a l’air plus simple quand on regarde les choses comme ça, souligne dans un éclat de rires le principal intéressé. Il y a moins d’adversaires, mais ils sont très souvent de meilleures qualités. Sur le papier, ça a l’air plus facile mais je ne vais pas utiliser ce terme de facilité car on sait tous qu’un tournoi de golf, c’est tout sauf simple. »
Deux tops 6 en trois départs qui lui permettent de s’installer à la 12e place de la Race to Dubaï avec déjà 296 points dans l’escarcelle. Une belle entame qui semble confirmer ici le travail accompli à l’intersaison. Revenu en France pour deux semaines durant les fêtes de fin d’année, Julien Guerrier a réattaqué dès le 4 janvier, chez lui à Dubaï.
« Je me sens bien, souffle-t-il. Je travaille beaucoup. J’ai une bonne équipe autour de mois sur laquelle je compte énormément. C’est surtout grâce à ça que je performe. Pendant les fêtes en France, j’ai dû taper la balle une fois, histoire de me dérouiller. Mais c’était plus une sortie comme ça, pour faire bouger le corps. Je suis aussi parti une semaine au ski avec les enfants. Avant de reprendre intensément l’entraînement dans les premiers jours de janvier à Dubaï. »
Le golfeur français a ses entrées à l’Emirates Golf Club, hôte justement cette semaine du Hero Dubaï Desert Classic, mais on peut également le croiser au Jumeirah Golf Estates, spot attitré de la finale de la Race en novembre, au Els Club et au Dubaï Creek Resort où il s’est justement offert ce dimanche 18 janvier un podium en compagnie notamment de Rory McIlroy et Shane Lowry.
« Le Creek, c’est un parcours que j’aime bien, déclare-t-il. Tous ces parcours sont très proches de chez moi. Le Creek, c’est un peu plus loin. Environ 25 minutes en voiture mais les trois autres, c’est à une quinzaine de minutes à peine. En tournoi, c’est quand même appréciable de retrouver son lit le soir. Et puis ça me permet de suivre les devoirs des enfants quand ma femme doit travailler. Je la relaie avec grand plaisir. »
Dubaoïte depuis la fin de l’année 2024, les tracas du déménagement et d’une nouvelle vie à plus de 5 200 kilomètres de la France ne sont désormais plus qu’un lointain souvenir.
« On est bien installés maintenant, confirme-t-il. Enfin presque parce qu’on est en train de rénover notre maison. On a un mois de retard sur les travaux prévus, si bien qu’on a dû louer une maison un mois de plus en attendant. Mais on a aujourd’hui nos repères, nos quartiers. »
Plutôt bien parti dans cette saison 2025-26 du Tour européen, Julien Guerrier a procédé à quelques ajustements au sein de son staff technique. Exit le Norvégien Jon Karlsen, son coach putting que de nombreux golfeurs tricolores connaissent bien à l’image de Matthieu Pavon et Antoine Rozner par exemple. Il n’a pas été remplacé.
« J’ai un copain d’enfance qui est osthéo et un masseur, de nationalité philippine, que je teste en ce moment. Nicolas Serdonnet et Joël Tiglao m’aident beaucoup afin de me sentir un peu moins rouillé. Chris Liley, mon caddie, est toujours fidèle au poste. »
« En termes technique, j’ai arrêté en septembre dernier avec Jérôme Theunis, poursuit-il. Je suis toujours avec Raphaël Jacquelin. Meriem Salmi (prépa mentale) est là aussi et j’ai sur place, à Dubaï, Allister Parlane. Tous les joueurs du Tour qui vivent à Dubaï collaborent avec lui. On peut citer Adrian Meronk, Laurie Canter, Richard Mansell… »
Présent la semaine passée en amont du Dubaï Invitational, Raphaël Jacquelin a regagné ses pénates et ne sera donc pas à ses côtés pour le premier Rolex Series de la saison, sur le redoutable Majlis Course de l’Emirates Golf Club. Un rendez-vous à 9 millions de dollars qu’il entend négocier du mieux possible, pour surfer justement sur cette belle vague et ainsi « oublier » l’exercice précédent, où il n’avait par exemple pas pu disputer les deux tournois des playoffs à Abu Dhabi puis à Dubaï.
« Quand on est à la maison et qu’on ne peut pas jouer les tournois qui sont chez vous, c’est assez frustrant, regrette-t-il. Je les ai joués les deux dernières années (2023 et 2024). On essaie d’y accéder à chaque fois, mais pour le faire, il faut réaliser une très bonne saison. Chose que je n’ai pas fait finalement. Je ne me suis pas mis assez devant, j’ai essayé de procéder à des changements, notamment avec Jérôme et Raph. Cela n’a pas abouti. J’ai passé peut-être un peu trop de temps sur mon swing alors que ma force demeure le putting. On s’aperçoit que lorsque l’on travaille ses forces, c’est là où on fait la différence. En caricaturant, en tant que français, on travaille surtout nos faiblesses et je pense que c’est une erreur. »
Le Masters et The Open en jeu fin février
L’objectif avoué est bien sûr de regoûter à la victoire, quinze mois après son triomphe en Andalousie. Le temps passe vite. Aussi vite que l’horloge biologique qui l’obligera à souffler ses 41 bougies le 1er juillet prochain.
« Etre dans le top 50, le top 30, le top 10 de la Race, énumère-t-il. Chaque fois, c’est step by step. J’ai déjà engrangé des points précieux. Les dix spots pour le PGA Tour 2027 ? J’y pense sans plus que ça. Je me fixe surtout un objectif de niveau de jeu. Pour le PGA Tour, il faut plus de 2 000 points… La route est longue. Il faut avoir un sacré niveau de jeu toute l’année. Si c’est le cas, les résultats suivront. »
Après ce premier Rolex Series, on retrouvera Julien Guerrier au Royaume du Bahreïn (29 janvier-1er février) puis au Qatar (5-8 février) avant un premier break de deux semaines. Il n’effectuera ainsi pas le voyage au Kenya avant de participer aux deux étapes en Afrique du Sud dont celle du SA Open (26 février-1er mars) où une place pour le Masters et trois pour The Open seront mis en jeu.
« Pour être honnête, j’y vais mais je ne suis pas trop dans mon élément là-bas, avoue-t-il en guise de conclusion. J’y vais pour changer les choses. Je n’ai pas les meilleurs atouts pour décrocher ce « sésame ». Après, on n’est pas à l’abri d’une surprise. Pendant très longtemps, je n’aimais pas St-Omer. Je crois que j’ai manqué une bonne dizaine de fois le cut mais j’ai fini par le gagner ce tournoi. Je pars en Afrique du Sud aussi parce que cela aurait sinon été un trop gros break dans mon calendrier. Il n’y a qu’à Sun City où je me sens bien. Il n’y a pas de grain comme ça peut être le cas ailleurs en Afrique du Sud. J’ai les greens dans l’œil, j’avais fini n°1 au putting à Sun City en décembre dernier. Mais ailleurs, il y a plus de grains. J’ai raté le cut à l’Alfred Dunhill Championship pour cette raison. J’y ai perdu plus de dix points sur les greens et les sorties de bunker. C’est trop. Beaucoup trop ! »